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RDC - sommaire
22.11.2006
Les enfants-soldats

Au Sommaire du dossier "Elections en République démocratique du Congo" :


1 - Un pays à reconstruire
2 - Les enjeux d’un scrutin
3 - Les enfants-soldats laissés pour compte
4 - Le demi-échec des "faiseurs de paix"

Les enfants-soldats laissés à l’abandon

Le programme officiel de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), mis en œuvre après juin 2003, n’apporte pas aux quelque 30 000 enfants-soldats la protection et le soutien dont ils auraient besoin.

Amnesty International dénonce, dans un récent rapport, l’utilisation systématique d’enfants-soldats par les troupes régulières et les groupes armés en RDC. Aux termes du droit international, le recrutement de personnes de moins de dix-huit ans est interdit et l’enrôlement des enfants de moins de quinze ans pour qu’ils participent activement aux hostilités est reconnu comme un crime de guerre. Certains enfants avec lesquels les délégués d’Amnesty International se sont entretenus n’avaient que six ans au moment de leur recrutement. Ils ont parfois passé jusqu’à dix ans au sein des forces armées. Envoyés au combat, les enfants sont également exploités comme porteurs d’eau, de nourriture, de munitions ou comme cuisiniers, domestiques...

Les filles, et certains garçons, sont utilisés comme esclaves sexuels par les commandants ou les combattants adultes. Dans le cadre du processus de paix et de la transition politique, commencés en juin 2003, le gouvernement de la RDC, a bénéficié d’une aide de 160 millions d’euros de la communauté internationale pour la démobilisation et la réinsertion d’environ 150 000 combattants, dont 30 000 enfants selon les estimations. La Commission nationale de désarmement, démobilisation et réintégration (Conader) – organisme gouvernemental qui coordonne le programme de DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) –, a déclaré, fin juin 2006, qu’elle avait démobilisé 19 054 enfants. Mais, plus de deux ans après son lancement, 11 000 d’entre eux au moins sont encore dans les rangs de groupes armés ou ne donnent pas signe de vie. « Non seulement le gouvernement n’a pas libéré les milliers d’enfants qui sont encore incorporés dans les forces ou groupes armés, mais de nouveaux enfants continuent à être recrutés, et c’est même le cas de certains jeunes récemment démobilisés, qui avaient pu retrou-ver leur famille », a indiqué Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty.


La mise en œuvre du programme de DDR a été entravée par les réticences des autorités politiques et militaires, d’importants problèmes techniques et de gestion et par la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC où des enfants continuent d’être recrutés.
Parmi ces enfants-soldats, on compte un grand nombre de filles. On ignore ce que la plupart sont devenues. Le gouvernement congolais n’a pris aucune initiative pour rechercher et récupérer ces enfants disparus, ni pour leur venir en aide. Les combattants adultes ne s’estiment pas obligés de libérer les jeunes filles et fillettes, qu’ils considèrent comme leur propriété sexuelle et qu’ils présentent comme leurs «épouses» ou leurs concubines. Une attitude discriminatoire prolongée par certains représentants de la Conader et même par des membres d’ONG, qui les qualifient de « personnes à charge » des combattants adultes.



Insécurité économique et sociale
à ce jour, le gouvernement ne s’est pas montré très empressé d’approuver et de mettre en œuvre des projets de réinsertion des enfants dans la vie civile. L’insécurité économique et sociale des enfants congolais est une des principales raisons pour laquelle le recrutement d’enfants-soldats en RDC a atteint une telle ampleur. Au cours de leurs missions, les délégués d’Amnesty ont rencontré de nombreux enfants démobilisés qui ne recevaient aucune forme d’assistance et dont certains vivaient dans la rue. Beaucoup se sont plaints d’avoir été harcelés par des agents du gouvernement ou des membres de groupes armés après leur retour dans leur famille.

Des activités de réinsertion scolaire et professionnelle au niveau local sont entièrement menées par des ONG locales et internationales de protection des enfants qui ne peuvent compenser les responsabilités de l’État congolais. Aux termes de sa Constitution et en ratifiant les traités internationaux relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels, la RDC s’est pourtant engagée à fournir une éducation gratuite et obligatoire à tous les enfants jusqu’à l’âge de quatorze ans. Cet engagement est largement resté lettre morte. Par ailleurs, certains groupes armés restent prêts à reprendre les hostilités en cas d’échec du processus de paix, considèrant qu’ils s’affaibliraient eux-mêmes en se séparant de leurs enfants-soldats.

Outre le renforcement du DDR, Amnesty International a demandé au futur gouvernement de la RDC et à la communauté internationale de considérer comme prioritaire le droit fondamental à une éducation élémentaire gratuite et obligatoire afin que les enfants congolais cessent d’être un réservoir de troupes.

A LIRE
RDC – Enfants en guerre, susciter un espoir d’avenir,
octobre 2006, index AI : AFR 62/017/2006.

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Sommaire de décembre de La Chronique

extrait du n° de DECEMBRE 2006

Edito


En Couverture
République démocratique du Congo : l'enjeu des élections
Enquête : un pays à reconstruire

Reportage : les enjeux d'un scrutin

Rapport : les enfants-soldats à l'abandon

Entretien : Le demi-échec des "faiseurs de paix"


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