Rappels de notions indispensables pour travailler sur la prévention des violences faites aux femmes :
Un comportement sexiste est une attitude fondée sur des préjugés sexistes, eux-mêmes s’appuyant sur des stéréotypes sexistes.
Origine et définition
L’adjectif « sexiste » et le nom « sexisme » ont été traduits de l’anglo-américain et ont fait leur apparition en France vers1965. Ces termes ont été créés par les féministes américaines pour montrer que le sexe constitue pour les femmes – exactement comme la couleur pour les Noirs américains - un facteur de discrimination, de subordination et de dévalorisation.
C’est donc un mot qui vient du mouvement politique féministe et qui ensuite a été élaboré théoriquement en relation avec une analyse rigoureuse des différentes modalités de la domination subie par les femmes dans la société.
Le dictionnaire Larousse en 1966 retient le premier sens uniquement : « nom donné par les défenseurs des droits de la femme à un système social dans lequel celle-ci est en position inférieure ». On trouve dans l’Encyclopedia Universalis une définition qui vise plutôt le second sens : « l’ensemble des institutions (socio-politiques, économiques, juridiques, symboliques) et des comportements individuels et collectifs qui semblent perpétuer et légitimer le pouvoir des hommes sur les femmes ».
On peut s’interroger sur le terme « semblent », on pourrait dire plus exactement « qui perpétuent et légitiment le pouvoir des hommes sur les femmes ». Le sexisme est donc un problème de rapports sociaux de sexe qui affirment et légitiment la supériorité et le pouvoir des hommes sur les femmes, des garçons sur les filles.
Cette supériorité s’affirme à travers ce qu’on appelle des « stéréotypes ».
Stéréotypes, un terme de la psychologie sociale.
À l’origine, c’est un terme technique d’imprimerie : le stéréotype est une planche dont les caractères sont fixes et qui était conservée pour faire de nouveaux tirages. C’est à cause de cette idée de fixité que le terme a été emprunté par la psychologie sociale. Le stéréotype désigne « une définition rigide appliquée de façon systématique à tous les membres d’un même groupe social pour décrire leurs caractéristiques ».
Cette définition découle d’une perception et d’un jugement rigide et simplifié de ce groupe. Les stéréotypes en général reflètent les rapports sociaux, valorisant les groupes dominants, dévalorisant les groupes dominés.
Il en est ainsi des stéréotypes masculin et féminin : l’homme est dit actif, créatif, la femme passive, réceptive ; l’homme va de l’avant, la femme est conservatrice ; l’homme est libre et hardi, la femme est prude et timorée ; l’homme embrasse l’abstraction, la théorie et les grandes idées, la femme s’attache au concret, au trivial et à la pratique : l’homme réfléchit, il est rationnel, la femme est intuitive et sentimentale ; l’homme a le sens de l’humour, la femme pas, etc. On voit que dans ces couples de qualités opposées, les femmes sont toujours dotées des propriétés les moins valorisantes.
Ces stéréotypes sont dits sexistes, parce qu’ils déprécient les femmes et les excluent (de l’activité, du progrès, de la créativité, de la rationalité, de la théorie, etc.) sur la base de leur sexe. Ils servent donc à perpétuer et légitimer le pouvoir des hommes.
La prise de conscience, un premier pas indispensable
Prendre conscience qu’ils existent est le premier pas indispensable pour détruire les préjugés sexistes (tout facteur ou comportement qui, même involontairement, favorise injustement un sexe par rapport à l'autre) maintenant l’acceptation d’une inégalité d’accès au droit par exemple.
On peut donc ensuite travailler avec les jeunes sur le droit à l’éducation, aux loisirs, à la santé, etc. Les exemples d’inégalités dues au sexe sont malheureusement nombreux !