la réalité derrière les statistiques
«Depuis cinq ans, le nombre de demandeurs d'asile arrivant dans l'ensemble des pays industrialisés a diminué de moitié.»
Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR)

Un réfugié soudanais au Tchad.
Cet homme a fui le Darfour, où son village a été attaqué.
© AI
D'après le HCR, il y a actuellement, dans le monde, moins de réfugiés que jamais depuis près d'un quart de siècle. Depuis 2000, leur nombre a diminué régulièrement pour se situer, au début de l'année 2005, juste au-dessus de neuf millions. Entre janvier 2001 et décembre 2004, cinq millions de réfugiés – un nombre jusque-là sans précédent – sont retournés dans leur pays d'origine.
La réalité est cependant moins rose et plus complexe que ne le laissent entendre les chiffres. Au cours de cette même période, de nombreuses personnes sont en effet rentrées, par exemple en Afghanistan, en Irak ou au Burundi, contraintes et forcées, dans des conditions de sécurité et de dignité laissant à désirer.
La communauté internationale et divers gouvernements mettant continuellement l'accent sur les statistiques, les droits des réfugiés sont souvent négligés. Un nombre toujours croissant de demandeurs d'asile ne peuvent solliciter une protection, soit en raison d'obstacles physiques, soit du fait de la complexité des procédures juridiques. Des politiques de plus en plus restrictives exacerbent le racisme et la xénophobie dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme», certaines personnalités politiques et certains médias associant tous les réfugiés à la criminalité et au terrorisme.
Même si le nombre de réfugiés est en baisse, on compte environ 25 millions de personnes déplacées, c'est-à-dire des personnes qui ont été contraintes de fuir leur foyer en raison d'un conflit ou d'une catastrophe naturelle mais qui n'ont pas traversé une frontière internationale. Les conflits entre États sont aujourd'hui plus rares que les conflits armés internes, et les flux de réfugiés sont donc moins importants. En revanche, un nombre croissant de personnes sont déplacées à l'intérieur de leur pays et leurs besoins de protection et d'assistance – auxquels il faut pourtant répondre – sont systématiquement niés dans des États comme la République démocratique du Congo ou le Soudan.
Il est temps que les gouvernements et les responsables du monde entier cessent de céder à la peur généralisée qui entoure les demandeurs d'asile et les réfugiés et qu'ils honorent leurs obligations à l'égard de ceux qui ont besoin d'une protection internationale. Que le nombre de réfugiés augmente ou continue à diminuer, les droits humains doivent être le fondement de toutes les lois et pratiques concernant les réfugiés, les demandeurs d'asile et les personnes déplacées.