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Liste
19.03.2009
Welcome



Amnesty International France soutient le film de Philippe Lioret Welcome, sorti en salle le 11 mars dernier.

Avec Vincent Lindon, Patrick Ligardes et Audrey Dana.

Durée : 1h50
Mars distribution-2008

Adapté du livre "Vents contraires" d'Olivier Adam, le film nous conte l'histoire de Simon, maître nageur à la piscine de Calais,  qui, pour impressionner et reconquérir sa femme, prend le risque d'aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage.

 http://www.marsfilms.com/pro/film/show/welcome

Voir la bande annonce sur Youtube et Dailymotion

 

 

 

Le film est l'histoire de Simon Kalma, ancien champion de natation, et de Bilal, jeune Kurde d’Irak de 17 ans, "Bazda" ou "le coureur", qui rêve de retrouver sa fiancée à Londres.
AIF a soutenu ce film lors de la sortie pour les raisons suivantes. Comme le dit Monsieur Eric Besson, « Welcome est un film émouvant ». Selon le distributeur, « Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d'aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage ». Comme le précise le réalisateur, « ce film se revendique comme étant une fiction cinématographique et pas du tout un documentaire » ; il ajoute « nous avons, Emmanuel Courcol, mon coscénariste et moi-même, mis un point d'honneur à ce qu'il soit très scrupuleusement documenté et à ce qu'il évoque toujours des faits ayant ou ayant eu lieu ».


Ce film de fiction permet de représenter et de faire comprendre ce que décrit le rapport de la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) de septembre 2008 La loi des ‘jungles’ :


- la vie des exilés dans la région de Calais, Kurdes irakiens et Afghans mais aussi Africains, présents dans la 'jungle' après des mois de voyage éprouvants, humiliés et interdits de supermarché, assidus de la distribution des repas, cherchant à conserver leur dignité en cherchant par exemple l’accès à des douches, obligés de faire la queue devant la cabine téléphonique, se querellant parfois aussi ; la police n'est pas bien loin mais pas trop présente dans le film (mention de l'utilisation de gaz lacrymogène) ;


- le rêve du passage en Angleterre, depuis la recherche de la bonne information pour franchir le Channel, le rôle des passeurs, l'attente sur un parking, la noria des camions au port, les manœuvres et les dangers des tentatives d’aborder un de ces camions, les mesures pour détecter les passagers non autorisés (le contrôle du CO2 et les chiens) ;


- le système de contrôle et de répression, les interpellations des étrangers interceptés dans les camions, la prise d'empreintes digitales, le passage en rétention et devant le juge avec les interprètes, la libération de certains et le retour à pied ;


- la réaction des résidents de Calais, les bénévoles fidèles, les indifférents et le dénonciateur (« c'est interdit dans notre immeuble, ils ont la gale ») ; la crainte des conséquences possibles de l'aide et de l'hébergement d'étrangers en situation irrégulière (« sais-tu ce que tu risques »), les consignes du responsable de la police « nous avons des consignes strictes » et « cela fait des mois qu'on nous demande de coincer des bénévoles ».


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En réponse à une question d’une députée, Monsieur Besson a dit que le film « est truffé d’invraisemblances, notamment la police française traque les passeurs et les filières clandestines ; elle ne traque pas les particuliers et ne s’en prend pas aux migrants ».


AIF a été reçu par Monsieur Besson le 4 mars et lui a rappelé ses préoccupations exprimées dans un document et dans deux courriers concernant notamment la situation des exilés du littoral de la Mer du Nord et de la Manche et la teneur de son discours très fort « tarir l’immigration clandestine » prononcé à Calais le 27 janvier.

AIF a été reçu par Monsieur Besson le 4 mars et lui a rappelé ses préoccupations exprimées dans un document et dans deux courriers concernant notamment la situation des exilés du littoral de la Mer du Nord et de la Manche et la teneur de son discours très fort « tarir l’immigration clandestine » prononcé à Calais le 27 janvier.

AIF a insisté sur l’importance des mots utilisés, le mot « clandestin » donnant ainsi une image péjorative de ces personnes. AIF reconnaît le droit aux Etats de contrôler leurs frontières mais leur demande de respecter les textes et leurs engagements ; la lutte contre les réseaux est compréhensible mais les droits et la dignité des migrants doivent être respectés.
AIF a rappelé son inquiétude vis-à-vis des allégations de harcèlement dans la ‘jungle’ et des propos tenus par le ministre à la préfecture de Paris « je ne laisserai personne critiquer ou remettre en doute le bien fondé de vos missions ; je me trouverai toujours avec vous pour défendre votre action ».
Le ministre a répondu : « les policiers républicains font bien leur travail … il faut de la fermeté et de l’humanité, et aussi le respect des règles de droit ; s’il y a des erreurs ou des bavures, je le dirai publiquement ».


 Voir également notre rubrique réfugiés et migrants