Amnesty International France soutient le film
Katanga Business | Katanga, Mining Business
Réalisateur : Thierry Michel
Pays du réalisateur : Belgique
Production : Films d'ici (Les), Films de la Passerelle (Les), Flemish Radio- and Television Network (VRT), RTBF, TSR
Distribution : Pierre Grise Distribution
Durée : 120'
Type : documentaire
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Après Mobutu, roi du Zaïre et Congo River, Thierry Michel poursuit son exploration africaine et nous entraine au Katanga, en République Démocratique du Congo ; dans ce nouvel eldorado des temps modernes, se dessinent, à coups de milliards de dollars, les nouveaux rapports économiques mondiaux
Parmi ces personnages, des dizaines de milliers de "creuseurs" cherchent de quoi survivre en occupant illégalement les concessions des multinationales minières alors que les travailleurs légaux luttent pour des salaires et des conditions de travail à peine décents.
Un gouverneur de province richissime et adulé par les foules, un patron belge véritable "Roi du Katanga", un PDG canadien, sorte de sorcier blanc essayant de sauver un empire industriel public tombé en désuétude, un Chinois qui vient signer le contrat minier du siècle avec l'Etat congolais : les personnages du nouveau film de Thierry Michel dessinent les nouvelles alliances stratégiques de l'Afrique.
Les destins de ces personnages s'entrecroisent dans une tragi-comédie sur fond de guerre économique et sociale qui prend ici une dimension symbolique et prophétique, faisant de Katanga Business une édifiante parabole, grinçante et réaliste, de la mondialisation de ses espoirs et de ses revers les plus sombres.
Equipe technique :
Réalisation : Thierry Michel
Scénario : Gaston Mushid
Directeur photo : Michel Téchy
Caméra : Thierry Michel, Michel Téchy
Ingénieur du son : Jean-Luc Fichefet, Gaston Mushid
Montage : Marie Quinton
Assistants monteurs : Anne-Claire Dindinaud, Idriss Gabel
Mixeur : Henri Michiels
Musique : Marc Hérouet
Producteurs délégués : Christine Pireaux - Serge Lalou
Une co-production : Les Films de la Passerelle - Les Films d'Ici - RTBF - Centre du Cinéma et de l'audiovisuel de la Communauté française et des Télédistributeurs wallons - ARTE - Wallimage - Eurimages - DGCD - PIL - ING Taxshelter - EVS Taxshelter - RTBF - TSR - Sundance Institute - Commission européenne - VRT
Durée : 2h00
Support : 35 mm - HD
Lire notre article paru dans La Chronique de mai
La mondialisation version katangaise
Après Mobutu roi du Zaïre et Congo River, le réalisateur belge Thierry Michel poursuit son exploration de l’Afrique centrale. Son documentaire intitulé Katanga business – soutenu par Amnesty – met en scène les enjeux socio-économiques de cette région minière de la République démocratique du Congo.
Les toutes premières images du film survolent des collines tapissées de forêts, lardées de cicatrices rouges, couleur de la terre du Katanga, si riche en minerais (fer, cobalt, cuivre, germanium, zinc, uranium, étain…). Cette grande province du sud-est de la République démocratique du Congo (RDC) est le poumon économique du pays. Le cinéaste choisit cette région comme laboratoire des incidences de la mondialisation, positives et négatives. Mais loin d’un cours didactique d’économie sociale, il nous entraîne dans un palpitant thriller politico-économique, avec une galerie de personnages haut en couleur. Tous impliqués dans la redistribution des cartes engendrée par la tentative de ressusciter l’industrie minière sur fond de difficile démocratisation. Voici donc Moïse Katumbi, homme d’affaires richissime reconverti dans la politique, propriétaire d’un club de foot, élu gouverneur du Katanga qui tente d’initier un nouveau modèle de gouvernance. La caméra débusque l’ambiguïté de l’homme indéniablement charismatique. Plutôt populiste, il apparaît à la fois soucieux que les mineurs portent des chaussures adaptées à leur travail et « forcé » de faire de vaines promesses aux « creuseurs » en grève menacés d’expulsion par les nouveaux investisseurs. Il y a aussi Paul Fortin, avocat canadien spécialisé dans les questions minières, nommé en 2005 administrateur général de la Gécamine. Pendant les années Mobutu, cette entreprise publique était devenue la vache à lait du régime. Elle est aujourd’hui au bord de la faillite. Fortin, engagé sur des fonds de la Banque mondiale, nommé par le Président Joseph Kabila, tente de la sauver en négociant des partenariats avec les entreprises privées. Moment étonnant du film que cette grève des travailleurs mobilisés pour empêcher le limogeage du Canadien dont la sensibilité sociale gêne… Monsieur Min, ingénieur chinois est l’un de ces négociateurs qui parcourt l’Afrique pour le compte de son gouvernement. Quand il parle face à la caméra de son amitié avec la RDC, on comprend vite qu’il s’agit de gros sous. Effectivement, il est venu négocier un contrat de 9 milliards de dollars pour remettre en état les infrastructures de l’économie congolaise, routes, voies de chemin de fer, hôpitaux, moyennant l’accès aux ressources minières.
Dans cette mosaïque d’acteurs, le cinéaste place à bon escient des images d’archives du Congo colonial qui permettent de resituer cette épopée industrielle dans une perspective historique. Car le Katanga dispose aussi d’une forte culture syndicale. Des séquences d’une grande violence montrent ainsi l’affrontement entre les « creuseurs » et les casseurs de grève en armes. Seul Thierry Michel, qui depuis dix-sept ans fréquente le Congo, pouvait convaincre les autorités, les patrons, les investisseurs à le laisser filmer. « J’ai été le témoin privilégié de ce pays en plein tumulte qui se trouve aujourd’hui au bout d’un cycle, explique Thierry Michel. Ce pays a été le théâtre de révoltes, de pillages, de guerres, de violences sociales, un pays qui s’est effondré et prend aujourd’hui un nouveau chemin. Nul ne sait où il aboutira ». Effectivement, le film se clôt sur la chute brutale des cours de minerais et la période d’incertitude liée à la crise économique.
Aurélie Carton
Pour en savoir plus voir également nos pages RDC et DESC