
© agence Nuit de Chine / Pierre Grise Distribution
Le 9 mai 2007, le film documentaire du réalisateur
Marcel Schüpbach –
LA LISTE DE CARLA – sera à l’affiche,
L'actrice principale est l’actuelle procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY),
Carla Del Ponte en personne !
En 1999, Carla Del Ponte a été nommée procureure générale du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) dont les sièges sont respectivement à Arusha en Tanzanie et à La Haye aux Pays-Bas.

Carla del Ponte procureure du TPIY
(C) TPIY
En 2003, elle est nommée pour son deuxième et dernier mandat à la tête du TPIY à l’exclusion du TPIR. Son mandat prendra fin en septembre 2007.
En tant que procureure du TPIY,
Carla del Ponte a pour fonction d’instruire et de poursuivre l’accusation contre les auteurs présumés des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide commis lors du conflit en ex-Yougoslavie, à partir de 1991.
Amnesty International soutient ce film parce qu’il fait écho à ses préoccupations.
L’organisation estime que le TPIY joue un rôle majeur dans la lutte contre l’impunité pour les crimes commis lors de l’éclatement de la Yougoslavie.
Amnesty International a dénoncé à plusieurs reprises les problèmes récurrents en matière d’arrestation et de remise de suspects au Tribunal ainsi que le manque de volonté politique des autorités de l’ex-Yougoslavie de coopérer pleinement avec le Tribunal.
La diffusion de «
La Liste de Carla » intervient à quelques mois de la fin du mandat de Carla del Ponte.
SOMMAIRE
Ce que raconte le film
Avant première à l'Unesco (nouveau 23 mai 2007)
Le TPIY en bref
Témoignages
Recommandations d’Amnesty
AGIR avec Amnesty sur cette thématique :
pétition adressée au Ministre des Affaires étrangères demandant à la France d'agir en vue de l'arrestation de Ratko Mladic et de Radovan Karadzic, présumés responsables, entre autres, du génocide de Srebrenica.
CETTE ACTION EST MAINTENANT TERMINEE
Merci de l'avoir soutenue.
Grâce à votre mobilisation la pétition a recueilli plus de 1000 signatures en ligne.
Nous vous tiendrons informés prochainement de notre action et du dépôt de la pétition à son destinataire.
En savoir plus
Ce que raconte le film
Pour la première fois, une caméra pénètre dans les coulisses du TPIY et suit au jour le jour le travail du Procureur et des membres de son équipe.
De La Haye à New York, en passant par Belgrade, Zagreb, Luxembourg ou Washington.
Dans une ambiance de chasse à l'homme et de partie de poker Carla Del Ponte se bat pour obtenir l'arrestation des derniers criminels de guerre encore en fuite.
Ils s'appellent Ratko Mladic, Radovan Karadzic ou Ante Gotovina.
Pendant ce temps en Bosnie, dix ans après les événements de Srebrenica, des femmes attendent que justice soit faite.
Elles sont rescapées du massacre et s'interrogent.
Peut-on croire encore à la justice internationale ?
Ou bien celle-ci ne dépend-elle que de la politique ?
Voir dossier de presse du film :
http://pierregrise.com/distribution/IMG/pdf/DP-3.pdf
Soirée projection-débat à l’occasion de l’avant-première du film La Liste de Carla,
à l’UNESCO, le 26 avril 2007

Geneviève Sevrin à gauche et Carla del Ponte à droite en débat à l'Unesco. mai 2007.
Laurent Hini pour AISF
La projection du film s’est déroulée à la Maison de l’UNESCO devant une salle comble après que Pierre Sané, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour les Sciences sociales et humaines, Carla Del Ponte, Procureure du Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY), Geneviève Sevrin, Présidente d’Amnesty International France et Marcel Schüpbach, réalisateur du film, aient pris tour à tour la parole. Le débat qui s’est tenu à la suite du film était modéré par Sylvie Matton, journaliste, écrivain, auteur de « Srebrenica, un génocide annoncé ». Les questions furent nombreuses. Carla Del Ponte mais aussi Florence Hartmann, ancienne Porte parole du Procureur, Jean-Daniel Ruche, conseiller politique du Procureur et Vladimir Volodine, Chef de la Section droits humains et développement à l’UNESCO se sont prêtés aux jeux des questions.

Carla del Ponte
Laurent Hini pour AISF
Lors du débat, Carla del Ponte, a nié tout arrangement avec la Serbie concernant la non transmission de documents produits devant le TPIY qui l’auraient mises en cause devant la Cour Internationale de Justice, pour violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, à la suite d’une requête déposée par la Bosnie. Elle a par ailleurs rappelé que seuls les juges du TPIY pouvaient lever la confidentialité des documents présentés devant le Tribunal. Interpellée sur l’agression de la Croatie et de la Bosnie par la Serbie, elle a indiqué que le TPIY n’est pas compétent pour juger le crime d’agression. Pour autant, celui-ci a qualifié le conflit en Ex-Yougoslavie d’international… Concernant l’avenir du TPIY, Carla del Ponte a affirmé qu’il serait difficile de clore toutes les affaires d’ici 2010 - échéance fixée par le Conseil de sécurité des Nations unies- et qu’il serait envisageable de maintenir un tribunal réduit jusqu’à ce que les six inculpés par le Tribunal, encore en fuite, soient arrêtés.

Stand de militants à l'Unesco
Laurent Hini pour AISF
Si la possibilité d’un procès posthume est exclue concernant l’ancien président de la République Fédérale de Yougoslavie, Slobodan Milosevic, la Procureure se félicite de la multiplication de chambres des crimes de guerre au sein des tribunaux nationaux pour juger les « exécutants ». Enfin, le manque de volonté et de coopération de certains Etats dans la recherche et l’arrestation des six fugitifs restants, dont Karadzic et Mladic, soulève la question de la responsabilité de la communauté internationale. Interrogation d’autant plus prégnante que la Serbie occupe la Présidence du Conseil de l’Europe depuis mai 2007. Cette situation est jugée « pour le moins gênante » par Carla del Ponte, dans la mesure où la Serbie a été reconnue coupable, en février dernier, de violation de la Convention sur le Génocide par la Cour Internationale de Justice –organe judiciaire principal des Nations unies – pour deux raisons. S'agissant du génocide commis à Srebrenica en juillet 1995, la Serbie a violé l'obligation de « prévenir le génocide ». Par ailleurs, elle a jugé que « la Serbie a violé les obligations qui lui incombent en vertu de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide en ne transférant pas Ratko Mladic, accusé de génocide et de complicité de génocide, au Tribunal pénal International pour l'ex-Yougoslavie pour y être jugé, et en ne coopérant donc pas pleinement avec ledit Tribunal »

Logo du TPIY
ONU
Le TPIY en bref
En juin 1991, la République fédérale socialiste de Yougoslavie (RFSY) implose. Il s’en suit un conflit armé, au cours duquel des violations graves et massives des droits humains sont commises : exécutions arbitraires, actes de torture, violences sexuelles, « disparitions », détention arbitraire et expulsions forcées. A la fin de l’année, le Conseil de sécurité des Nations unies constate avec inquiétude la poursuite des combats qui menacent la paix et la sécurité internationale.
En 1992, la RFSY achève de se déliter sous l’impulsion de Slobodan Milosevic qui lui substitue la République fédérale de Yougoslavie, formée sur le territoire de la Serbie et du Monténégro. Au même moment, le Conseil de sécurité condamne la pratique du nettoyage ethnique en ex-Yougoslavie.
Alors que le conflit s’intensifie, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 808 (1993) portant création du TPIY au titre du chapitre VII de la Charte des Nations unies.
Le Tribunal est chargé de traduire en justice les personnes présumées responsables de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, comme à Srebrenica. Le 10 juillet 1995, les forces bosno-serbes pénètrent dans cette enclave, « zone de sécurité » des Nations unies où ont trouvé refuge des milliers de Bosniaques. Lorsque la ville tombe aux mains des forces serbes de Bosnie, des milliers d’hommes et de garçons sont séparés du reste de la population et tués de manière délibérée. L’homicide à grande échelle, organisé et systématique de milliers de personnes à Srebrenica a été décrit comme la plus grande atrocité commise en Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et a été reconnu comme un acte de génocide par le TPIY et la Cour internationale de Justice.
L’année 1996 marque la fin de la guerre en ex-Yougoslavie et les premières condamnations du TPIY :
- La première condamnation est celle du Général serbe Tadic, suivie d’autres condamnations portant notamment sur le viol, condamné en tant que crime contre l’humanité et crime de guerre par le TPIY.
- En 1999 sont inculpés Milosevic,, le Président de la Yougoslavie, et Milotivonic, le Président de Serbie, pour crime contre l’humanité et crime de guerre (le procès de Milosevic,, ouvert en 2002, s’est terminé le 11 mars 2006 suite à son décès).
A ce jour, 2 inculpés sont encore en fuite : Ratko Mladic et Goran Hadzic. Deux autres ayant été récemment arrêtés - Radovan Karadzic (21 juillet 2008) et Stojan Zupljanin (11 juin 2008).
LES DEUX FUGITIFS RECHERCHES PAR LE TPIY

Radovan KARADZIC
© TPIY
ARRETE LE 21 JUILLET 2008
Radovan KARADZIC
Né en Serbie-et-Monténégro
Recherché depuis 1995

Ratko MLADIC
© TPIY
Ratko MLADIC
Né en Bosnie-Herzégovine
Recherché depuis 1995

Goran HADZIC
© TPIY
Goran HADZIC
Né en Croatie
Recherché depuis 2004

Stojan ZUPLJANIN
© TPIY
ARRETE LE 11 JUIN 2008
Stojan ZUPLJANIN
Né en Bosnie-Herzégovine
Recherché depuis 1999
LIRE AUSSI NOTRE PAGE SPECIALE sur le
Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY)
TEMOIGNAGES

Couverture La Chronique février 2005
AI-France
(extrait d'un article de notre mensuel
La Chronique, n° 219, Février 2005)
Hajra Catic, présidente de l’association «
Les femmes de Srebrenica», est connue pour sa détermination aussi bien face à Bill Clinton que Carla del Ponte.
En 1995, elle a perdu son mari ainsi que l’un de ses fils, un poète chargé de la liaison radio depuis l’enclave de Srebrenica jusqu’au dernier moment de la chute.
Cette association, de même que les autres associations regroupant des rescapé(e)s du massacre de Srebrenica, attendent toujours l’arrestation des personnes inculpées par le TPIY, en premier lieu Radovan Karadzic et Ratko Mladic, en cavale depuis 1995.
«
Les criminels ne peuvent pas être considérés comme des héros nationaux, il faudrait les arrêter pour dissuader les autres criminels qui se sentent forts », commente Hajra Catic. «
Je rencontre tous les jours les assassins de mes proches, je connais leur nom et on ne les arrête pas ».
Munira Subasic, présidente de l’«
Association des mères des enclaves de Srebrenica et Zepa», a fui Srebrenica le 14 juillet 1995, où elle a perdu de nombreux membres de sa famille.
Son association a pour objectif la défense des familles des personnes disparues suite aux massacres de Srebrenica et Zepa, notamment à travers la recherche de la vérité sur les disparus et l’identification et l’inhumation des dépouilles des victimes.
Quelques 18 000 corps, pour la plupart ceux de musulmans, ont été exhumés de plus de 300 fosses communes à travers la Bosnie.

Tombes de musulmans bosniaques massacrés par les forces serbes, Srebrenica, Bosnie.
©APGraphicsBank
Des milliers de femmes bosniaques, croates de Bosnie et serbes de Bosnie ont été victimes de sévices sexuels commis par des combattants de tous bords.
Alors que cela fait plus de dix ans qu’a pris fin le conflit armé de 1992-1995 en Bosnie-Herzégovine, seuls quelques responsables présumés de viols et autres violences sexuelles ont été jugés.
Ces femmes ont besoin qu’on leur rende justice pour retrouver leur dignité et reconstruire leur vie.
LIRE NOTRE PAGE SPECIALE et participer à l'action
RECOMMANDATIONS d’Amnesty
Amnesty International demande au Conseil de sécurité des Nations unies :
- d'approuver la prolongation du mandat du TPIY ;
- d’accroître ses efforts pour que les six personnes toujours en fuite soient arrêtées et remises au TPIY sans plus attendre ;
- de s'engager à fournir des ressources suffisantes au TPIY jusqu'à ce qu'il ait terminé son travail ;
- de demander à tous les États d'apporter aux pays de l'ex-Yougoslavie une contribution suffisante en personnel, matériel et ressources, pour leur permettre d'élaborer un plan global d'action à long terme pour mettre fin à l'impunité, en s'occupant de tous les crimes commis pendant le conflit.
EN SAVOIR PLUS
Sur le film : le site du distributeur : http://www.pierregrise.com/distribution/LA-LISTE-DE-CARLA
Sur le TPIY tribunal pénal international pour l'ex Yougoslavie, notre page spéciale