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23.05.2008
Ezra

SORTIE NATIONALE LE 04 JUIN 2008



EZRA
Un film de Newton I. ADUAKA
2007 - Drame Psychologique – Fiction - 1h42 – 35mm – France/Autriche/Nigéria



Newton I. Aduaka est une victime de la guerre du Biafra. Avec Ezra, le cinéaste nigérian met en scène la vie déchirée d’un enfant soldat dans un pays qui pourrait être la Sierra Leone. Enlevé à 10 ans par des rebelles, endoctriné, entraîné à mourir pour la « révolution », Ezra se bat pendant des années. Lors d’expéditions sanglantes contre des villages, les jeunes combattants, drogués à la chaîne par leur commandant, galvanisés aux cris de « No hand. No vote » (couper les mains pour saboter les élections), commettent des massacres, Ezra ira jusqu’à tuer ses propres parents. C’est de ces meurtres, refoulés dans sa mémoire par le traumatisme et la drogue, que le garçon devra essayer de se souvenir devant la Commission vérité et réconciliation, constituée sous l’égide de l’Onu.
Éprouvant, bardé de prix, le film de Newton I. Aduaka (dont Amnesty International est partenaire) dépeint habilement le contexte du conflit : deux factions luttent pour prendre le pouvoir détenu par une élite depuis trente-deux ans ; dans ce pays diamantifère, c’est avant tout les pierres précieuses que les différentes parties convoitent. Dans les coulisses, quelques Occidentaux se servent, livrant armes et drogues aux uns et aux autres, lorgnant eux aussi sur les mines.
A. P.









PALMARÈS
- Grand Prix (Étalon d’or de Yennenga) – FESPACO 2007
- Prix Spécial des Nations Unies pour la promotion d’une Culture, de la Tolérance et de la Paix
- Prix Spécial Plan pour les Droits de l’Enfant
- Prix spécial de l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales)
- Grand Prix (Licorne d’or), Prix du Public, Festival International du Film d’Amiens
- Coup de coeur du public, Prix du jury lycéens et apprentis au cinéma, Région Franche-
Comté, festival Lumières d’Afrique de Besançon
- Prix Humanitas, sélection semaine de la critique, festival international de Cannes
2007
- Sélection officielle festival de Sundance

 

Synopsis

Ezra, ex enfant-soldat essaie de retrouver ses repères pour revenir à une vie normale, après la guerre civile qui a ravagé son pays.


Son quotidien est partagé entre un centre de rééducation et un tribunal de réconciliation nationale constitué sous l’égide de l’ONU. Durant le procès en réhabilitation auquel Ezra est traduit, il doit affronter sa soeur Onitcha qui l’accuse du meurtre de leurs parents. Mais Ezra qui a traversé cette violente guerre civile, sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, ne se souvient de rien.


Reconnaîtra-t-il l’horreur devant ces assises, permettant ainsi à sa soeur et à sa communauté villageoise de pardonner ? Pendant ces longs mois de procès et de souvenirs douloureux, Ezra supporte mal le fait de devoir répondre seul aux accusations de ce tribunal. Il peine à assumer ses méfaits, seule voie qui le réconcilierait avec sa conscience.

 



Le phénomène des enfants-soldats
Enrôlées de force et illégalement  par des groupes ou des forces armées pour les besoins d’une guerre,  les enfants soldats servent comme des combattants, des espions, des  porteurs et pour bien d’autres tâches. Les filles sont pour la plupart  exploitées à des fins sexuelles. On estime à près de 300.000 le nombre d’enfants soldats dans 30 pays, dont 120.000 en Afrique. Ces enfants sont maintenus sous l’emprise de l’alcool et de drogues par leurs ravisseurs afin de pouvoir perpétrer actes de destruction et tueries Subissant de véritables lavages de cerveaux, ces enfants pensent défendre des causes dont en définitive ils ne saisissent pas les enjeux et la complexité. Leur capacité de discernement est altérée car les armes leur sont présentées comme les garants de leur sécurité.


Les paramilitaires leurs répètent avec intimidation qu’ils n’ont plus de famille autre que les groupes armés auxquels ils appartiennent désormais et mettent tout en oeuvre pour les rendre insensibles à la mort et au mal fait à autrui.
Pour éveiller chez eux un instinct extrême de barbarie, les enfants soldats sont parfois forcés à commettre des horreurs contre leurs voisins ou même leurs familles.


Au vu de la loi internationale, les enfants mineurs engagés de force dans ces conflits ne sont pas pénalement responsables et ne peuvent donc être poursuivis pour les crimes qu’ils ont commis. La préoccupation de la communauté internationale est plutôt de les repérer et de les prendre en charge à temps, pour entamer à leur égard un processus de reconstruction.
Ces enfants sont inévitablement sujets à des troubles psychologiques à la fin des conflits.


L’UNICEF (Coalition against the use of child soldiers - www.child-soldiers.org/home) consacre d’importants moyens pour empêcher le recrutement de mineurs lors de futurs conflits. En collaboration avec des ONG, l’UNICEF mène un programme international pour éradiquer ce fléau en imposant aux groupes armés la libération des enfants soldats avant même leur démobilisation et leur désarmement. Cette démarche de Désarmement,
Démobilisation, Réinsertion (DDR) répond à la Résolution 1612 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elle permet d’entamer très vite un processus de réhabilitation psychologique, de scolarisation et de réinsertion sociale.
Depuis 2001, ce programme a permis d’arracher environ 90.000 enfants aux groupes armés dans le monde.