Le 31 janvier, le nouveau film du réalisateur Edward Zwick - BLOOD DIAMOND (Le Diamant de sang) - sera à l’affiche avec dans les rôles principaux Leonardo Di Caprio, Jennifer Connelly et Djimon Hounsou.

©2006 Warner Bros. Pictures
Le film montre de quelle façon le trafic de diamants bruts a financé la guerre civile en Sierra Leone dans les années 1990.
Ces diamants qui financent les conflits sont appelés "
diamants de sang" ou encore "
diamants de la guerre".
Amnesty International s’engage depuis l’an 2000 contre le commerce de ces diamants et a dénoncé à plusieurs reprises l’exploitation illégale de diamants bruts lors du conflit en Sierra Leone.
C’est pourquoi, Amnesty International soutient ce film qui fait écho à ses préoccupations.
SOMMAIRE
L’histoire : présentation du film
Les diamants du sang de la Sierra Leone
La Sierra Leone en bref
Témoignage

En savoir plus
L’HISTOIRE du film
BLOOD DIAMOND se déroule durant la guerre civile qui a ensanglanté le Sierra Leone dans les années 1990.

©2006 Warner Bros. Pictures
Danny Archer (
Leonardo DiCaprio) est un ex-mercenaire Rhodésien devenu trafiquant.
Il se retrouve en prison, après avoir tenté de passer frauduleusement à la frontière les diamants avec lesquels il a été payé en échange des armes qu’il a fourni à une rébellion armée.

©2006 Warner Bros. Pictures
Il va y rencontrer un pêcheur, Solomon Vandy (
Djimon Hounsou).
Son fils a été enrôlé de force comme enfant soldat, par le RUF (Front révolutionnaire uni), un groupe d’opposition armé.
Ils décident de partir ensemble à la recherche de la famille de Solomon ainsi que d’un précieux diamant rose.
Solomon l’avait caché lorsqu’il avait été contraint de travailler pour le compte du RUF dans une exploitation illégale de diamants.

©2006 Warner Bros. Pictures
Avec l’aide de la journaliste américaine Maddy Bowen (
Jennifer Connelly), dont l’idéalisme est tempéré au cours du film par son rapprochement avec Danny Archer, les deux hommes s’embarquent pour un périple en territoire rebelle.

©2006 Warner Bros. Pictures
Pour Vandy et Archer, ce voyage est bien plus que la simple quête d’un diamant rare: il pourrait sauver la famille de Vandy et offrir à Archer la seconde chance qu’il n’aurait jamais imaginé avoir.
EN SAVOIR PLUS SUR LE FILM :
le communiqué d'Amnesty
http://blooddiamondaction.org/
(site conjoint de Global Witness et Amnesty International USA)
Pour voir l'affiche en grand : cliquez ici
LES DIAMANTS DU SANG ET LA SIERRA LEONE
L’histoire de Vandy et Archer est une fiction.
Pourtant, les rebelles du RUF ont réellement financé leur guerre grâce à la contrebande de diamants bruts.
Elle a même joué un rôle crucial.
Grâce à son contrôle des zones diamantifères situées principalement à l’est du pays, le RUF a entretenu un trafic important et a utilisé les capitaux ainsi générés pour se procurer des armes et une assistance militaire, qui ont contribué à des violations massives des droits humains.
Il a été estimé que la vente des diamants rapportait au RUF plusieurs millions de dollars par an, la plus grande partie de ce commerce passant par le Liberia de l'ancien président Charles Taylor, ce qui aidait aussi à financer sa guerre.
Tout au long du conflit, qui a débuté en 1991 et a pris fin en décembre 2001, le RUF a enlevé, torturé ou tué plusieurs milliers de civils. Mais il n’est pas le seul à avoir commis des atteintes aux droits humains.
Les forces gouvernementales et leurs partisans, comme les milices armées en ont commis également.
Aujourd’hui encore, des diamants financent des conflits en Afrique.
En octobre 2006, un rapport d'un groupe d'experts des Nations unies sur la Côte d'Ivoire a conclu que des diamants du conflit en provenance de ce pays infiltraient le commerce légal des diamantsnotamment via le Ghana, pourtant membre du processus de Kimberley.
Des diamants du conflit ont été introduits en fraude au Ghana à partir des zones contrôlées par les rebelles, dans le nord de la Côte d'Ivoire, pour une valeur allant jusqu'à 23 millions de dollars des Etats-Unis.
Ces diamants ont été certifiés "hors conflit", à cause des faiblesses du système de contrôle interne ghanéen.
Dans une lettre conjointe transmise au président du processus de Kimberley et datée du 3 novembre 2006, Amnesty International, Global Witness et d'autres ONG ont demandé que le Ghana suspende volontairement toutes ses exportations de diamants jusqu'à la mise en place de contrôles adéquats reconnus par le Processus de Kimberley.
Amnesty International a participé activement à son élaboration.
Le Processus de Kimberley a été créé afin de mettre un terme au trafic des diamants de la guerre.
LA SIERRA LEONE EN BREF
En mars 1991, suite à une période d’instabilité politique et une tentative d’introduction du multipartisme, des unités armées venues du Liberia, composées de troupes de Charles Taylor et du RUF (Front révolutionnaire uni) de Foday Sankoh, envahissent la Sierra Leone.
Le conflit qui va durer dix ans est particulièrement sauvage et meurtrier dans les districts, proches du Liberia et de la Guinée, qui possèdent les zones diamantifères et minières, objet de toutes les convoitises.
Tout au long du confit, les coups d’Etat militaires se succèdent tandis que les Nations unies (la MINUSIL) en viennent à remplacer la force d’interposition ouest africaine qui se montre incapable de faire face à la situation et va décréter un embargo sur les diamants en provenance de Sierra Leone.
En 2002, la Sierra Leone connaît sa première année de pays pacifié.
La même année un Tribunal Spécial contre les crimes de guerre est créé tandis que l’embargo sur les diamants "illégaux" est reconduit.
La MINUSIL se retire de la Sierra Leone en 2005 laissant la place à un bureau de consolidation de la paix.
En mars 2006, l’ex-président libérien Charles Taylor, en fuite de son exil nigérian, est arrêté à la frontière du Cameroun et transféré en Sierra Leone pour être jugé.
Les conséquences de cette guerre sont terribles.
Elle a fait des milliers de morts, un demi million de réfugiés au Liberia et en Guinée et plus de 2 millions de déplacés à l’intérieur du pays.
Si elle a perduré c’est grâce au commerce illicite de diamant brut que les forces rebelles entretenaient avec le Liberia et la Guinée.
Aujourd’hui le pays est exsangue.
La population civile a été victime de viols, de mutilations, de tortures et de nombreuses autres atteintes aux droits humains.
Ses infrastructures sont détruites et son agriculture est dévastée.
TEMOIGNAGE
(extrait du rapport de la plate-forme internationale "Contrôlez les armes"
du 9 janvier 2006 :
Sierra Leone - L'appel pour un contrôle strict des armes. Voix de Sierra Leone,
Index AI : AFR 51/001/2006)
Jabati Mambu, avait 16 ans et vivait dans le quartier est de Freetown lorsque l'AFRC et le RUF ont attaqué la ville le 6 janvier 1999.
Lorsqu'ils ont entendu les coups de feu, Jabati et son frère se sont enfuis vers l'intérieur de la ville et sont restés chez des amis.
A la mi-janvier, alors que les rebelles prenaient la partie est de la ville, Jabati fit la connaissance de quelques rebelles qui se trouvaient à Kissy, un quartier à l'est du centre ville. .
"Certains de ces rebelles devinrent mes amis,’"dit-il.
Cependant, le 24 janvier, le gouvernement diffusa un message radio avertissant les gens qu'ils devaient rester chez eux, car les forces de l'ECOMOG arrivaient pour repousser les rebelles.
"En entendant ça les rebelles sont devenus fous, ils savaient qu'ils allaient être capturés.
À 7 heures du soir, les rebelles sont venus chez moi et ils ont dit "Tout le monde dehors".
Ils ont versé de l'essence sur la maison, mais n'ont pas mis le feu — c'était juste pour nous forcer à sortir.
Tout le monde s'est dispersé, mais trois d'entre nous ont été enlevés.
Ils nous ont mis dans une file et j'étais devant.
Ils nous ont fait asseoir par terre.
‘Nous avions entendu parler des amputations dans l'est du pays mais je ne savais pas qu'ils les faisaient ici.
J'avais confiance, ces garçons étaient mes amis.
Puis, un des chefs a demandé à l'un des petits garçons, de 10 ou 12 ans, d'apporter la hache, et il m'a dit de poser ma main sur le sol.
Je lui ai demandé pourquoi je devrais faire ça.
Le chef a dit : "Si tu ne le fais pas, je t'explose la tête."
‘J'ai placé ma main gauche par terre.
Lorsque le type a levé sa hache, j'ai enlevé ma main.’
Jabati a une cicatrice sur le poignet, là où la hache l'a frappé.
‘Puis il dit, "Oh tu veux te mesurer à nous ?"
Ensuite, l'autre garçon est venu me retenir et ils m'ont coupé la main droite.
Je suis resté inconscient jusqu'à 4 heures du matin.
Un soldat de l'ECOMOG est arrivé et il m'a emmené à l'hôpital.’
Jabati a passé deux mois à l'hôpital où il a reçu des soins, et il a appris à écrire avec la main gauche. Il a passé ses examens scolaires cette année-là, à l'hôpital.
‘Lorsque les gens venaient d'être blessés, ils étaient très en colère.
Ils restaient assis et pleuraient toute la journée.
Personne ne peut dire qu'il est heureux de cela.
C'est horrible et c'est une situation difficile.
Mais je l'accepte, car dans la vie, tout est possible.
Certains de mes collègues sont morts faute de soins, mais certains d'entre nous sont restés forts.’
Selon des agences humanitaires, seulement une victime des mutilations sur quatre a survécu à ses blessures.
AGIR
Vous cherchez le diamant parfait ?
Les diamants de la guerre sont des pierres dont la vente permet de financer des conflits armés.
En Afrique, plusieurs conflits ont été financés à partir des années 1990, grâce à ce commerce illégal : en Angola, en République démocratique du Congo, au Libéria, en Sierra Leone, ils ont coûté la vie à des millions de personnes et ont été accompagnés de nombreuses violations des droits humains. Malgré la fin de certains conflits, le problème lié aux diamants de la guerre n’a pas disparu (Côte d’Ivoire, Ghana…).
Les violations des droits humains associées aux diamants de la guerre perdurent.
LIRE NOTRE PAGE SPECIALE
mai 2007 : cette action est maintenant terminée : merci de l'avoir soutenue !
Vous pouvez aussi soutenir notre action sur : République démocratique du Congo. Les enfants soldats laissés à l'abandon
EN SAVOIR PLUS
Notre page spéciale sur le Processus de Kimberley
A propos des enfants soldats : notre page spéciale
A propos des armes : les pages de la campagne «Contrôlez les armes»

Non au commerce des armes et des matières premières avec des pays qui violent les droits humains
Alternative pour Amnesty International
Voir aussi nos
affiches "
Non au commerce des armes et des matières premières avec des pays qui violent les droits humains"
Le site e-media.ch propose une fiche pédagogique sur le film Blood Diamond pour animer des débats en classe.
Les pistes pédagogiques proposées s'appuient notamment sur des documents d'Amnesty International.
Pour accéder à la fiche voir la rubrique cinéma sur le lien suivant http://www.e-media.ch/dyn/1066.htm?page=1108%2Ehtm