Sous le signe de la Chine et de la campagne « JO Pékin 2008 : Quelle médaille pour les droits humains ? », le week-end du Printemps des droits humains s’est tenu un peu partout en France les 28, 29 et 30 mars.

Les membres des antennes jeunes se sont relayés pendant le week end du printemps des droits humains autour du bus à Beaubourg.
© Sylvie Lelan
La sixième édition du Printemps des droits humains a commencé sous la « drache » vendredi 29 mars. La soixantaine de jeunes qui se relaient pendant les trois jours a dû rentrer la table des pétitions dans le bus anglais traditionnellement installé aux abords du Centre Beaubourg, à Paris. Pour mieux la ressortir. 500 signatures récoltées tout de même en ce vendredi.
« Le public est plutôt réceptif et signe volontiers », explique Joël, coordonnateur de l’événement. Le samedi sera plus clément pour notre équipe.
Une dizaine d’adeptes de Falun Gong se sont installés à côté du bus et font des démonstrations de leur gymnastique spirituelle. Une voiture de police s’arrête et vient vérifier les autorisations des installations. Pas de problème, Joël a les papiers idoines et les policiers repartent après avoir félicité nos jeunes et demandé s’ils n’avaient pas de drapeau tibétain à leur donner. À l’étage supérieur du bus une ancienne prisonnière, membre de Falun Gong, réfugiée politique en France, témoigne de la situation dans les prisons chinoises, des tortures, des prélèvements d’organes. La salle ne désemplit pas. À l’étage inférieur, un téléviseur prévu pour projeter une vidéo réalisée par Raphaël et des amis est tombé en rade. Court-circuit, la pluie, un branchement ? Mystère. En tout cas, toutes les cinq minutes on vient y chercher des pétitions vierges, car les passants signent en nombre. Il faut dire que l’actualité du Tibet a fortement sensibilisé le public.
« La Chine ne pouvait pas faire mieux, s’exclame Joël avec une pointe d’humour : je suis passé deux minutes sur Le Mouv et six à sept minutes sur Radio Campus. » « Nous avons également eu une dépêche AFP », renchérit Aurélie, du service de presse de la section française d’Amnesty International. « La question du boycott des jeux Olympiques revient tout le temps, aussi bien dans la presse que dans le public, ajoute notre coordonnateur, ce qui nous permet de donner la position d’Amnesty à ce sujet et de nous recentrer sur les violations des droits de l’Homme en Chine. Par contre, le public chinois, qui ressent notre présence comme une agression, est assez virulent à notre encontre, nous devons lui expliquer que leur gouvernement a tout de même signé quelques textes internationaux et a donc reconnu certains droits qu’il doit maintenant s’engager à respecter. » Sylvie Lelan, webmestre du site des groupes parisiens, appareil photo numérique en main, est prête à « shooter » tous azimuts pour mettre les images en ligne avant la fin du week-end des antennes Jeunes.
Dimanche, le temps n’est pas de la partie, le soleil ne brille que sur les dossards jaunes. Que se passe-t-il dans d’autres grandes villes de France ? À Lille, un concert ; à Clermont-Ferrand, une exposition au Crous et la projection-débat du film Prisonners in the Freedom City de Hu Jia et Zen Jinyan, militants chinois des droits de l’Homme aujourd’hui emprisonnés ; à Toulouse, une série de conférences avec Cai Chongguo, dissident chinois et rédacteur du China Labour Bulletin… La liste serait trop longue ici. Pour la première fois, les sections africaines francophones ont fait leur Printemps des droits humains. Le concept s’exporte.
Josette Debord