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Otages des bandes armées et des forces de l’ordre en Jamaïque
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juin 2008
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01.06.2008
Otages des bandes armées et des forces de l’ordre en Jamaïque
Otages des bandes armées et des forces de l’ordre en Jamaïque
Ce sont les plus pauvres qui font les frais de la négligence des autorités face à la corruption et à la violence. Ils « paient de leur vie cette insécurité publique. Ils sont otages des affrontements sans fin entre les bandes de malfaiteurs, des policiers qui tuent en toute impunité et des autorités qui ne font rien pour protéger leurs droits fondamentaux », accuse Fernanda Doz Costa, responsable des recherches sur la Jamaïque à Amnesty International. En effet, les opérations de police s’accompagnent d’un recours excessif à la force et la Jamaïque a l’un des taux de violence et d’homicides attribués à la police les plus élevés des Amériques avec environ 1 500 meurtres et 272 homicides en 2007. La plupart des victimes de crimes violents vivent dans des zones défavorisées, où elles sont également à la merci de gangs qui profitent des manquements de l’État pour contrôler de nombreux aspects de leur quotidien et sanctionner ceux qui transgressent leurs règles. La violence y est particulièrement aiguë lorsque des gangs rivaux s’affrontent pour le contrôle d’un territoire. « La nuit, nous devions tous dormir par terre (…), raconte une habitante. Nous nous mettions sous les matelas car les tirs peuvent parfois traverser la maison et tuer. » Les bandes armées ont été formées dans les années 60 par les deux principaux partis – le Parti national populaire (PNP) et le Parti travailliste jamaïcain (JLP). Les gouvernements et dirigeants politiques jamaïcains ont activement contribué à créer et maintenir un environnement où la violence des gangs pouvait se développer. De plus, en dépit des brutalités qu’ils subissent au quotidien, les résidents des quartiers pauvres hésitent à signaler les violations, par peur des représailles des chefs de bandes, par manque de confiance dans la justice et par défiance envers les policiers. « Let them kill each other » – Public Security in Jamaica’s inner cities Réf. : AMR 38/001/2008 Vous pouvez vous abonner à notre mensuel :
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