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juin 2008
01.06.2008
Amnesty International peut protéger ses sources

 
C’est une bonne nouvelle pour les ONG qui produisent des rapports issus de leurs propres recherches sur le terrain.

En début d’année, un tribunal américain a reconnu à Amnesty International le droit de protéger ses sources, un droit – malgré de récents reculs aux États-Unis comme en France – jusque-là seulement reconnu aux journalistes. Au motif que ces organisations étaient également productrices d’informations, comme des organes de presse.

 Exemple avec un récent rapport de l’organisation, « Nigeria : les droits des prisonniers systématiquement bafoués ». Pour l’écrire, les chercheurs d’AI ont interrogé des directeurs de prison, du personnel médical, des gardiens et environ… 250 prisonniers ! Dans la plupart des prisons, les délégués d’Amnesty se sont entretenus, en privé, avec les détenus qui, à des degrés divers, ont dénoncé des conditions de détention inhumaines. Partout dans le monde, là où les équipes d’enquêteurs d’AI sont autorisées à travailler, la même technique de recueil de témoignages est utilisée, au plus près des femmes victimes de violences ou des enfants-soldats, par exemple. Des témoignages recoupés maintes fois, rigoureusement vérifiés, à l’origine de la crédibilité des rapports d’Amnesty.

À chaque fois, le nom des témoins est modifié, à chaque fois, les enquêteurs garantissent la confidentialité quant à leurs propos. Sans ces garanties, comment des témoins, des défenseurs des droits humains, des autorités locales prendraient-elles le risque de parler et de rendre public ce que les États cherchent souvent à dissimuler ? Ce sont ces garanties que des autorités carcérales américaines ont voulu faire sauter devant la justice, en exigeant la levée de l’anonymat d’avocats cités dans un rapport d’Amnesty de 2004, affirmant que leurs conversations avec des suspects dans les attentats du 11 septembre 2001 avaient été filmées en prison. À New York, le tribunal a donc estimé qu’Amnesty International, comme d’autres organisations de défense des droits humains, ne pouvait être contrainte de révéler ses sources, en arguant des privilèges des journalistes. M. G.

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