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février 2008
01.02.2008
Expulsions forcées au Cambodge

 

Deux morts, de nombreux blessés et des milliers de sans-abri : c’est le bilan de deux expulsions forcées menées récemment.

 

Ces opérations obligent un nombre croissant de Cambodgiens à quitter leurs maisons et leurs terres sans consultation préalable, sans les garanties d’une procédure légale, sans protection juridique et sans l’assurance d’un relogement approprié.


Le 15 novembre 2007, deux personnes ont été abattues par les forces de sécurité au cours d’une expulsion forcée dans la province de Preah Vihear, dans le Nord du pays. Les victimes faisaient partie d’un groupe de 317 familles chassées de chez elles par plus de 200 hommes en armes, policiers, agents de la police militaire et soldats. Leurs maisons ont été incendiées et quinze personnes ont également été arrêtées.

 

Les familles s’étaient installées sur des terrains vacants. À l’issue d’une épreuve de force, un accord avait pourtant été signé le 9 novembre avec les autorités locales, les autorisant à y résider temporairement. La plupart des familles ont à présent quitté la province. Une quarantaine d’entre elles, ayant presque tout perdu et ne disposant d’aucun moyen pour partir, ont été laissées au bord de la route.

 

Le 2 novembre 2007, 300 membres des forces de sécurité ont expulsé de force les habitants et détruit la totalité du village de Chong Chruoy, dans la banlieue de Phnom-Penh. Selon les autorités, le village était situé sur des terres appartenant à l’État. Des camions ont emmené les 132 familles vers un nouveau site et en deux jours tous les villageois avaient été réinstallés de force à Trapeang Anchanh, dans le district de Dangkor, une région où manquent les infrastructures de base. Les familles, dont la plupart vivaient à Chong Chruoy depuis le milieu des années 90, n’ont reçu aucune aide d’urgence des autorités.


Amnesty International précise que le Cambodge, en tant qu’État partie à différents pactes et traités internationaux relatifs aux droits humains, a l’obligation de mettre fin aux expulsions forcées et de protéger la population de ce type d’atteintes.


Cambodge. Il faut mettre un terme aux expulsions forcées
Réf. : ASA 23/008/2007

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