JO, un marché de dupes
En 2001, année d’attribution des JO, la Chine avait promis des améliorations en matière de droits humains. En 2002, Jacques Roggue, président du Comité international olympique (CIO), affirmait : « Je m’engage à dénoncer toute atteinte aux droits de l’Homme en Chine dont je serais informé dans les années précédant la tenue des jeux Olympiques de Pékin. » À six mois de l’échéance, nous sommes bien loin du compte… Le CIO, en la personne de Hein Verbruggen, s’est emporté contre les militants des droits humains, les accusant de « politiser » les jeux, suite aux campagnes menées par les ONG sur la situation en Chine et à leurs interpellations pour rappeler au CIO ses engagements.
Les autorités chinoises, quant à elles, viennent d’arrêter, le 27 décembre dernier, Hu Jia, l’un des défenseurs des droits humains les plus en vue en Chine. Cette arrestation illustre clairement le choix de Pékin : en incarcérant ce militant de 34 ans, relais d’un réseau de dissidence et d’« avocats aux pieds nus » dans tout le pays, les autorités ont envoyé un message fort à tous ceux qui seraient tentés, en Chine, de manifester, de revendiquer et de dénoncer les violations des droits humains.
Loin de respecter leurs engagements, les autorités chinoises ont durci le ton et sont en train d’instaurer un climat de peur pour s’assurer que les jeux Olympiques ne deviennent pas une plateforme utilisée par les dissidents. Les promesses faites pour obtenir les jeux n’ont donc été qu’un rideau de fumée et n’ont engagé que ceux qui les ont faites ; un marché de dupes en quelque sorte. Le CIO, quant à lui, souffre d’amnésie et préfère aujourd’hui la fréquentation des salons dorés à la dénonciation des violations des droits humains en Chine ; c’est un choix de confort, bien loin des valeurs de l’olympisme qu’il est censé défendre.
Notre engagement est total et nous nous y tiendrons, notamment par solidarité avec les défenseurs chinois dont 57, réagissant à l’aggravation de la situation, ont écrit le 7 janvier une pétition demandant « aux pays libres et aux organisations internationales des droits de l’Homme de faire pression sur le gouvernement chinois pour que la loi soit respectée et les promesses tenues ».
Ne les décevons pas, continuons la mobilisation.
Geneviève Sevrin
Présidente
21 janvier 2007
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