accueil Accueil / S'informer / Communiqués de presse / Qu’est devenu Ibni Oumar Mahamat Saleh ? Le Tchad et la France doivent rendre des comptes
Share | Agrandir le texte Réduire le texte plan de site envoyer à un ami imprimer
Communiqués de presse
Qu’est devenu Ibni Oumar Mahamat Saleh ? Le Tchad et la France doivent rendre des comptes 03.02.2010

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
AMNESTY INTERNATIONAL FRANCE
ACAT-FRANCE
SF 10 M02



Qu’est devenu Ibni Oumar Mahamat Saleh ? Le Tchad et la France doivent rendre des comptes

Paris, le 3 février 2010 - Il y a deux ans, le 3 février 2008, l’opposant politique Ibni Oumar Mahamat Saleh était arrêté à son domicile par la garde présidentielle tchadienne au cours de la répression qui a suivi l’attaque de N’Djamena par des groupes armés d’opposition. Il n’a jamais été revu depuis.

A ce jour, les autorités tchadiennes n’ont apporté aucune réponse sur ce qui lui est arrivé, aucune enquête approfondie n’a été engagée et aucun agent de l’Etat responsable de cette disparition n’a été poursuivi.

Le 27 février 2008, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, en déplacement à N’Djamena, déclarait « la France veut la vérité et je ne céderai pas sur ce point » et s’était ainsi engagé à faire connaître la vérité sur la disparition de M. Saleh. Cependant, depuis, aucune avancée n’a été obtenue des autorités tchadiennes sur ce dossier tandis que l’appareil diplomatique et militaire français continue à soutenir le régime d’Idriss Déby Itno.

Le cas d’Ibni Oumar Mahamat Saleh est emblématique des disparitions forcées au Tchad. Président du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution, il est un opposant politique connu sur la scène internationale qui a toujours œuvré dans le cadre d’une opposition civile non armée.

Dans son rapport rendu public le 3 septembre 2008, la Commission d'enquête mise en place par les autorites tchadiennes pour faire la lumière sur les événements de février 2008 mettait en cause la responsabilité des plus hautes autorités de l’Etat. Elle demandait « de poursuivre impérativement les recherches et de donner une suite judiciaire en vue de faire définitivement la lumière sur le sort d’Ibni Oumar Mahamat Saleh ». Le même rapport faisait état de plus de 400 soldats membres des groupes armés d’opposition disparus après avoir été faits prisonniers par l’armée tchadienne.

L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France) et Amnesty International France (AIF) exhortent :
les autorités tchadiennes à :

- respecter intégralement les recommandations formulées par la Commission et notamment identifier et poursuivre les responsables de la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh ;

- ratifier et mettre en œuvre la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.
les autorités françaises à :

- livrer à la famille de M. Saleh et rendre public tous les renseignements en leur possession concernant la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh ;

- exercer davantage de pression sur les autorités tchadiennes pour qu’elles révèlent immédiatement le sort des victimes de disparition forcée et que les responsables soient traduits en justice.

Contexte politique du Tchad

Suite à la modification constitutionnelle de 2005 permettant au président Idriss Déby Itno de pouvoir briguer la présidence à vie, le Tchad est entré dans un cycle de violences et de conflits opposants des groupes armés au régime en place.

Fin janvier-début février 2008, des groupes armés d’opposition ont lancé une énième attaque et une offensive contre N’Djamena, ayant pour objectif principal de renverser le pouvoir en place. Les forces gouvernementales ont alors riposté en bombardant les quartiers de N'Djamena d'où elles soupçonnaient les groupes armés d’opposition de mener leur attaque. Des centaines de civils ont été tués ou blessés et plus de 50 000 personnes ont été contraintes de fuir la capitale pour aller se réfugier au Cameroun voisin. Très vite, le gouvernement tchadien a repris le contrôle de N'Djamena et les groupes armés d’opposition ont été obligés de se retirer au Soudan.

Plusieurs opposants politiques ont été arrêtés à cette occasion, dont Ibni Oumar Mahamat Saleh. Alors que deux autres opposants politiques arrêtés le même jour ont été ultérieurement libérés, Ibni Oumar Mahamat Saleh n’a jamais été revu. Pour la Commission d’enquête, il ne fait aucun doute que les autorités tchadiennes ont voulu profiter de l’attaque des groupes armés afin de procéder à des arrestations d’opposants politiques jugés hostiles au gouvernement.

 

LIRE AUSSI  la page d'action relative à son cas

Contacts presse
ACAT-France
Cécile Michiardi 01 40 40 74 10 - cecile.michiardi@acatfrance.fr

Amnesty International France
Aurélie Chatelard/Laure Delattre – 01 53 38 65 77/65 41 – 06 76 94 37 05 – ldelattre@amnesty.fr