Chine. Amnesty International est fortement préoccupée par la crise au Tibet
19.03.2008
Communiqué de presse de Amnesty International France
19 mars 2008 - réf : SF 08 M 19
Chine. Amnesty International est fortement préoccupée par la crise au Tibet
Paris, le 19 mars 2008 - A l’approche des Jeux Olympiques de Pékin, Amnesty International est fortement préoccupée par la situation persistante des violations des droits humains en Chine et notamment par les événements survenus ces derniers jours au Tibet.
«Nous recevons chaque jour des informations et des témoignages selon lesquels des policiers et des soldats chinois auraient eu recours à une force excessive, et dans certains cas à la force meurtrière, contre les manifestants tibétains à Lhassa et ailleurs, explique Geneviève Garrigos, Présidente d’Amnesty International France. Les autorités chinoises violent le droit des manifestants à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Un très grand nombre de militaires ont été déployés dans la région et nous craignons de nouvelles violations des droits humains».
Amnesty International reconnaît que le gouvernement chinois a le droit et le devoir de défendre les personnes et les biens contre les actes de violence, et elle déplore les attaques à fondement raciste qui ont eu lieu. Le droit international requiert cependant des autorités qu’elles réagissent à ces violences en ayant recours à des méthodes qui respectent les droits humains les plus élémentaires, et qu’elles se conforment aux principes de nécessité et de proportionnalité lorsqu’elles ont recours à la force.
Amnesty International demande aux autorités chinoises de :
- respecter le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion en s’abstenant d’arrêter des manifestants pacifiques ;
- ne pas recourir à une force excessive pour rétablir l’ordre ;
- rendre pleinement compte de toutes les personnes arrêtées et veiller à ce qu’elles ne soient pas torturées ni soumises à d'autres formes de mauvais traitements, à ce qu'elles puissent entrer en contact avec un avocat et recevoir des soins médicaux, à ce qu’elles soient présentées rapidement à un magistrat indépendant, et à ce qu’elles puissent remettre en question leur détention ;
- permettre aux Nations unies de mener une enquête indépendante sur les événements de ces derniers jours, en autorisant les enquêteurs à se rendre sur les lieux des affrontements et à rencontrer des témoins oculaires et des personnes arrêtées ; un accès similaire devrait aussi être accordé aux observateurs indépendants, y compris les journalistes et les organisations non gouvernementales de défense des droits humains.
Rappel :
Amnesty International n’appelle pas au boycott des Jeux Olympiques de Pékin.
L’organisation mène une campagne d’envergure dans le cadre des JO 2008 de Pékin pour dénoncer les violations des droits humains en Chine et exiger la mise en place des réformes promises par les autorités elles-mêmes en 2001 lors de l’attribution des JO à Pékin.
Les Jeux représentent un tournant décisif permettant de mesurer la détermination du gouvernement chinois à améliorer la situation des droits humains dans le pays. Amnesty International souhaite utiliser cette occasion de façon constructive, en mobilisant le grand public et le monde sportif en faveur de changements positifs.
Le respect, la protection et la réalisation des droits humains en Chine doivent figurer parmi les effets durables des Jeux Olympiques. Dans le cas contraire, les Jeux de 2008 laisseront un mauvais souvenir, et la Chine conservera l’image d’un pays répressif à l’égard de sa population. Ce pays doit donc faire un choix, dont il partagera la responsabilité avec le mouvement olympique.
Pour plus d’informations :
Service presse Amnesty International France : Tél : 01 53 38 65 41/ 65 77 - Portable : 06 76 94 37 05 / www.amnesty.fr