20 Juin : Journée mondiale des réfugiés Qui sont-ils ?
20.06.2007
20 Juin : Journée mondiale des réfugiés
Qui sont-ils ?
Communiqué de presse de Amnesty International France
20 juin 2007 - réf : SF 07 M 49
A l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés, le 20 juin 2007, Amnesty International propose de se pencher sur leur réalité.
Parce que « réfugié » est un mot aujourd’hui marqué par les idées fausses, les préjugés et les à priori, il est pour beaucoup synonyme de « fraudeur, menteur, profiteur, faux demandeur ... » autant de mots qui viennent à l’esprit, rythment les discours, reviennent dans les débats et justifient de nouvelles lois.
Le 20 juin, Amnesty International donne la parole à des réfugiés qui vont nous raconter leurs vies et leurs destins.
Parce qu’un jour, ils sont devenus victimes de violences et de persécutions, parce qu’ils étaient des opposants politiques, des membres d’une minorité religieuse ou nationale, des défenseurs des droits humains, des femmes refusant un mariage forcé ou la pratique de mutilations sexuelles … ils ont dû abandonner leur maison, leur famille, leurs amis, leur situation professionnelle …
Mme N - Russie (veuve, mère d’un enfant).
« Tous les réfugiés ont des trajectoires différentes, mais tous ont un point commun, une même demande : être compris. Ils ne demandent pas de pitié mais à être compris ».
M. N – République Démocratique du Congo.
« Il faut savoir que parmi les étrangers en France, il y en a qui viennent pour se cacher des massacres, des guerres, des problèmes politiques et autres. Je sais qu’un jour ou l’autre la vérité sera révélée. Je pourrai alors regagner mon pays la tête haut, et retrouver ma famille ».
M. J. - Côte d’Ivoire
« Si nous sommes en France c’est pas parce qu’on n’a pas envie de rester chez nous. Nous avons été obligés de quitter nos pays à cause de différentes persécutions. Nous demandons la protection de la France. La société française ne fait pas de différence entre un sans-papiers et un réfugié. On m’appelle parfois même « clandestin ».
Amnesty International invite ainsi à la rencontre et donne aux mots un visage humain.
A cette occasion, l’organisation entend rappeler que :
- la protection des réfugiés n’est pas une affaire de chiffres ni de résultats ;
- les réfugiés n’ont pas choisi de quitter leur pays, ils ont fuit des persécutions ;
- la France a l’obligation de protéger ces personnes, conformément à la convention de 1951 relative au statut de réfugié, qu’elle a signée et ratifiée.
Complément d’information :
Le déclenchement de la procédure d’asile est laissé à l’initiative des préfectures qui disposent d’un important pouvoir d’appréciation.
L’accès à la procédure n’étant pas strictement encadré, contrôlé et uniformisé sur l’ensemble du territoire, de nombreuses pratiques préfectorales de renvois arbitraires se développent en marge des normes claires et précises en matière de droit d’asile.
Par ailleurs, en France comme au niveau de l’Union européenne, le discours politique évoque trop souvent une fraude massive. Ce discours s’est peu à peu insinué à tous les stades des procédures, légitimant de fait des pratiques contestables, voire illégales. Ces éléments aboutissent à une baisse extrêmement préoccupante du nombre de demandes : moins 20 % en 2005, moins 40 % en 2006.
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