Ensemble contre la torture
Action 26 juin, journée internationale des Nations unies
pour le soutien aux victimes de la torture

Action 26 juin : AI USA (2008)
© Ian Macdonald
Depuis 1997, le 26 juin a été proclamé Journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture.
En instaurant cette journée, l’assemblée générale de l’ONU réaffirmait l’interdiction absolue dont la torture fait l’objet en droit international, ainsi que sa détermination à lutter contre cette pratique criminelle malheureusement répandue dans le monde.
On torture plus souvent et plus certainement pour asseoir une domination, pour réduire au silence des populations ou des groupes sociaux donnés que pour faire parler des terroristes.
On torture dans une multitude d’États partout dans le monde.
Indonésie : des danseurs arrêtés et torturés pour avoir hissé un drapeau indépendantiste

Johan Teterissa dans sa cellule au centre de détention de Waiheru detention centre in Ambon, Maluku
© Al Jazeera English
Ces deux dernières années, le gouvernement indonésien a arrêté au moins 152 personnes pour des activités centrées autour des drapeaux symbolisant l’indépendance régionale, dans le cadre d’une répression menée dans des zones abritant de longue date des mouvements séparatistes.
Pas moins de 93 personnes actuellement détenues en Papouasie et sur l’archipel des Moluques sont inculpées d’activités liées au fait de hisser des drapeaux.
Le 29 juin 2007, pendant la cérémonie pour la «
Journée Nationale de la Famille» organisée par le gouvernement, à Amboine, capitale des Moluques, Johan Teterissa et 22 autres manifestants ont investi les lieux et effectué une danse traditionnelle devant le Président.
A la fin, ils ont déployé le drapeau Benang Raja, symbole de l’indépendance moluquoise.
Après leur spectacle, 22 d’entre eux, des enseignants et des fermiers, ont été expulsés du champ où se tenait la manifestation, par environ 20 policiers et gardes présidentiels.
Ils ont été battus à coup de crosses de fusil, puis embarqués dans un camion où ils ont été battus à nouveau.
Durant les 11 jours suivants, le groupe a été torturé par la police ; la police anti-terroriste Densus-88 s’est montrée particulièrement brutale.
Les prisonniers ont été battus, forcés de ramper sur de l’asphalte brûlant, fouettés avec des câbles électriques, et des boules de billard ont été introduites dans leurs bouches.
La police leur a asséné des coups de crosse sur la tête jusqu’à ce que leurs oreilles saignent, elle a tiré des coups de fusil tout près de leurs oreilles pour nuire à leur audition, entraînant chez certains une surdité partielle.
Alors qu’ils saignaient, ils ont été, à plusieurs reprises, jetés à la mer (la base de Tantui se trouve en bord de mer).
La police les menaçait en permanence d’autres tortures, parfois avec le fusil contre la tempe pour les forcer à avouer.
Le 9 juillet 2007, les interrogatoires formels de la police et les dépositions des activistes ont débuté.
Quand leurs procès ont commencé, la police a demandé à certains prisonniers de signer des déclarations indiquant qu’ils n’avaient pas besoin d’avocats.
D’autres ont reçu des avocats d’office, désignés par la police, qui leur ont conseillé de plaider coupable et de renoncer à leur droit d’appel.
21 personnes du groupe ont été condamnées à des peines allant de 7 à 20 ans d’emprisonnement pour «subversion» en vertu des articles 106 et 110 du Code Criminel Indonésien (KUHAP).
Le 4 avril 2008, Johan Teterrisa a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité pour avoir été le leader de l’incident de «levée du drapeau».
Trois mois après, cette peine a été réduite en appel, à 15 ans.
octobre 2009 : cette action est maintenant terminée
MERCI de l'avoir soutenue !
EN SAVOIR PLUS :
Communiqué de presse de janvier 2009
"Indonésie. Les militants papous emprisonnés pour avoir brandi un drapeau doivent être libérés
Document public "Indonesia : Jailed for Waving a Flag"
index AI : ASA 21/008/2009 – mars 2009 (PDF en anglais uniquement )
VOIR notre infographie sur la torture :
