La crise humanitaire et des droits humains dans l’Est de la RDC s’est terriblement aggravée depuis le début du mois d’octobre 2008, lorsque le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), sous le commandement du général rebelle Laurent Nkunda, a lancé une violente offensive contre les forces gouvernementales.
Au moins 250 000 civils, dont une grande majorité de femmes et d’enfants, ont dû fuir, portant le nombre total de personnes déplacées dans le Nord-Kivu, par ce conflit et les précédents, à plus d’un million, voire à 1,6 million selon certaines estimations.
La plupart de ces personnes se trouvent dans une situation désespérée, manquant de nourriture, d’eau, de médicaments ou d’abris.
L’aide humanitaire vient tout juste de reprendre mais beaucoup de personnes déplacées restent hors de portée et certaines opérations sont suspendues en raison de la fragilité de la situation en termes de sécurité. Des informations ont également fait état de plusieurs exécutions sommaires.
Pour Amnesty International la priorité absolue est la protection des populations civiles, l’accès à l’aide humanitaire et l’ouverture de couloirs humanitaires dans toute la province.
Des employés du HCR distribuent du savon et des bidons à des habitants du camp de Kibati, Nord-Kivu
Pour cela elle appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à envoyer des renforts, des experts et des équipements spécialisés à la force de maintien de la paix dans le Nord Kivu.
Ces renforts sont absolument indispensables pour que la MONUC puisse, conformément à sa mission, prévenir les attaques des groupes armés contre la population civile, protéger les opérations humanitaires et faire appliquer l’embargo sur les armes en vigueur en RDC.
Amnesty International a dressé un courrier en ce sens au Conseil de sécurité des Nations unies alors que le mardi 16 décembre 2008 la question de l'embargo figure à son ordre du jour ainsi que l'extension du mandat de la MONUC. La lettre publié sur notre site invite le Conseil de sécurité à agir pour faire appliquer l'embargo et le renforcer. Pour en savoir plus lire notre page Armes.
Elle demande également aux membres du Conseil de sécurité de faire pression sur les gouvernements de la RDC et du Rwanda pour ne pas apporter leur appui à des groupes armés, particulièrement au CNDP et aux FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda).
Evénement - 26 novembre 2008
Le mercredi 26 novembre dernier, face à l’urgence de la situation, et alors qu’avait lieu le même jour au Conseil de sécurité des Nations unies le débat sur le renouvellement du mandat de la MONUC, Amnesty International aux côtés de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), la FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme), Human Rights Watch et Oxfam France – Agir ici ont appelé Nicolas Sarkozy à mobiliser urgemment la France et l’Europe pour protéger les civils victimes du conflit en République démocratique du Congo. Une mise en scène visuelle a été déployée sur l’esplanade du Trocadéro sur le thème : « Le temps est compté pour les populations de la République démocratique du Congo. M. Sarkozy, vous devez agir maintenant ! »
Des horloges géantes ainsi qu’un cercueil recouvert du drapeau de la RDC ont été disposés, symbolisant les 5,4 millions de personnes qui ont déjà perdu la vie depuis 1998 en raison du conflit en RDC.
Nous, organisations non gouvernementales représentant l’opinion de la société civile dans le monde entier, demandons au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre des mesures urgentes visant à renforcer la conception et la mise en œuvre de l’embargo sur les armes institué par les Nations unies envers la RDC, afin de mieux protéger les droits humains dans l’est de la RDC et dans la région avoisinante.
Des atteintes quotidiennes aux droits des civils, qui prennent fréquemment la forme d’homicides, de viols ou d’autres graves violations des droits humains, sont toujours commises en RDC en raison de la prolifération et du détournement d’armes et de munitions utilisées par l’armée régulière, par la police et par des groupes armés. Quand elles entrent en RDC, venues du Soudan, de Chine et d’autres provenances, il n’existe plus aucune procédure permettant à la MONUC de veiller à ce que ce matériel soit protégé, distribué, entreposé et utilisé conformément aux règles, par des unités désignées de l’armée de la RDC. LIRE LA SUITE
République démocratique du Congo. Tout retard fait de nouvelles victimes
10 décembre 2008
En novembre et au début du mois de décembre, des délégués d’Amnesty International se sont rendus en mission dans l’est de la République démocratique du Congo, dans la province du Nord-Kivu, et dans des sites de réfugiés dans le sud-ouest de l’Ouganda, le long de la frontière avec la RDC.
Leur but était d’enquêter sur les atteintes aux droits humains commises dans le cadre du conflit actuel et d'évoquer ce problème avec les responsables de toutes les parties impliquées. Les délégués de l’organisation ont rassemblé des informations de première main sur les crimes de guerre et graves violations des droits humains perpétrés dans la zone de conflit du Nord-Kivu ; ils ont recueilli les témoignages de personnes ayant assisté aux atrocités commises chaque jour dans cette partie du pays où la situation humanitaire est catastrophique.
Conseil des droits de l'homme.Les civils de l’est de la RDC ne peuvent pas se contenter de demi-mesures
Communiqué du 1er décembre 2008 Plutôt que de belles paroles, la population de l’est de la République démocratique du Congo a besoin d’actions qui mettent fin aux vagues répétées de violations flagrantes des droits humaines, a déclaré Amnesty International ce lundi 1er décembre 2008.LIRE LA SUITE
Flash 20 novembre 2008 : RDC. Il faut un déploiement des troupes des Nations unies
dès que possible
Réagissant à l’annonce faite par le Conseil de sécurité des Nations unies ce jeudi 20 novembre 2008 d’autoriser le déploiement de 3 000 soldats supplémentaires pour renforcer les troupes déjà présentes en République démocratique du Congo, Amnesty International a déclaré :
«Il s’agit d’un premier pas positif, mais la mise en œuvre de cette décision est le seul point qui importe vraiment. La population de RDC attend depuis longtemps cette petite lueur d’espoir – elle a besoin de toute urgence de voir ces soldats sur le terrain, pour les protéger des attaques.
«La résolution a peut-être été adoptée ce 20 novembre mais sur place, la situation reste inchangée. Nous continuons à recevoir des informations faisant état d’homicides, de viols et d’enlèvements d’enfants – et nous continuerons à recevoir de telles informations tant qu’une protection efficace des civils n’aura pas été mise en place.
«Adopter des résolutions ne suffit pas. Les États partout dans le monde doivent s’engager immédiatement à fournir des troupes et du matériel – et à contribuer de façon concrète à la protection de la population de RDC.»
République démocratique du Congo : Il faut donner une direction éclairée afin de faire face à la crise immédiatement – Communiqué de presse du 6 novembre 2008
République démocratique du Congo / Nord Kivu : une guerre sans fin pour les femmes et les enfants – rapport
AI index : AFR 62/005/2008 du 29 septembre 2008