Programme d’Amnesty International en dix points pour la présidence française
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Défi particulier pour la présidence française
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1. Politique interne de l’Union en matière de droits humains
Le groupe de travail sur les droits humains, le «COHOM», n’est compétent que pour les relations extérieures de l’Union et la présidence française doit faire des suggestions innovantes afin que le Conseil de l’Union se dote, pour la situation interne, d’une structure permanente sur ce modèle. La question du respect des droits humains ne se pose pas qu’en dehors des pays de l’Union. Celle-ci doit se doter des moyens de traiter des questions internes, notamment par le soutien à une Agence européenne des droits fondamentaux ambitieuse et une bonne complémentarité avec le Conseil de l’Europe.
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Avancer des suggestions innovantes pour une structure permanente du Conseil en complément du Groupe de travail du Conseil sur les droits humains (COHOM) chargé uniquement des affaires extérieures de l’UE.
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2. Lutte anti-terrorisme et droits humains
La présidence doit faire preuve de courage et de leadership politique en œuvrant à la reconnaissance par l’Union de sa responsabilité collective dans la participation de certains de ses Etats membres, dans le cadre de la lutte anti-terrorisme, au programme de « restitutions » illégales et de détentions secrètes de la CIA. L’Union et ses Etats membres doivent apporter leur collaboration à toutes les enquêtes visant à faire la lumière sur ces violations des droits humains et y apporter réparation.
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Faire preuve de leadership politique au sein du Conseil en rédigeant une déclaration reconnaissant la responsabilité collective l’UE eu égard aux violations des droits humains perpétrées dans le contexte du programme de «restitutions» illégales des États-Unis.
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3. Racisme et discrimination
La présidence doit promouvoir une stratégie cadre de l’Union sur l’intégration des Roms. Plus généralement, l’Union doit honorer son engagement à instaurer l’égalité pour tous dans tous les domaines de la vie et relancer les efforts vers l’élaboration d’un instrument de lutte contre toutes les formes de la discrimination.
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- Saisir l’occasion des prochaines discussions sur la nouvelle directive pour relancer la dynamique visant un instrument juridique de l’Union couvrant toutes les formes de discrimination.
- Lancer, avec la participation des États membres et des communautés Roms, l’élaboration d’une Stratégie cadre européenne pour l’intégration des Roms.
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4. Droit d’asile
La présidence doit favoriser un accord politique visant à abandonner le concept de « pays d’origine sûr » et à garantir à chaque demandeur d’asile le droit à un recours effectif avec effet suspensif contre toute décision prise en première instance. Elle doit aussi promouvoir des engagements concrets de l’Union pour le traitement des crises urgentes de réfugiés, notamment pour la réinstallation de réfugiés et par exemple de Palestiniens bloqués à la frontière entre l’Irak et la Syrie et d’autres réfugiés vulnérables d’Irakiens. L’Union doit mettre ses dispositions en matière d’asile en conformité avec le droit et les instruments internationaux relatifs aux réfugiés et aux droits humains.
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- Conduire tous les États membres à accepter, dans les instruments de la seconde phase, que le concept de « pays d’origine sûr » soit abandonné et qu’apparaisse clairement l’obligation de garantir à chaque demandeur d’asile le droit à un recours juridique avec effet suspensif contre toute décision en première instance.
- Faire prendre des engagements concrets au niveau de l’UE en faveur de la réinstallation des réfugiés palestiniens bloqués à la frontière entre l’Irak et la Syrie, ainsi que des autres réfugiés vulnérables irakiens.
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5. Migrations
Dans les projets visant à renforcer le contrôle des flux migratoires vers l’Union, ainsi que dans son projet de Pacte sur l’immigration et l’asile, la présidence doit veiller à la garantie d’un haut niveau de protection des personnes. L’Union doit faire en sorte que le respect des droits des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants ne pâtisse pas, dans la pratique, des efforts actuels de coopération avec des pays tiers sur les migrations et l’asile. |
- Inscrire dans le Pacte européen sur l’immigration et l’asile un engagement politique clair que les politiques de l’UE sur l’asile et les migrations garantiront un niveau de protection élevé.
- Veiller à ce que tout futur accord cadre entre l’UE et la Libye soit fondé sur un total respect du droit international concernant les réfugiés et les droits humains et prévoie des mécanismes d’évaluation permanente des instruments de contrôle des migrations à cet égard.
- Faire en sorte que les droits humains soient au cœur de la Conférence ministérielle euro-africaine sur les migrations et le développement prévue pour le mois d’octobre, et que les procédures de migration légale soient débattues de manière transparente et non discriminatoire.
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6. Acteurs économiques et droits humains
La présidence doit veiller à ce que la future Déclaration de principes et normes environnementaux et sociaux de la Banque européenne d’investissement (BEI), intègre la dimension des droits humains. L’Union doit veiller à ce que la BEI assure la promotion d’une culture du respect des droits humains dans le cadre de ses prêts et investissements et à ce que les achats publics importants en son sein intègrent des critères sociaux, environnementaux et des droits humains.
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Veiller à ce que la déclaration de la BEI, en cours de révisions, sur les principes environnementaux et sociaux intègre le principe de précaution (« do no harm ») afin de veiller à ne pas porter atteintes aux droits humains ni d’être complice de telles violations.
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7. Les voisins de l’Union
La politique européenne de voisinage doit être cohérente avec les engagements de l’Union en matière de droits humains. En particulier, dans le cadre du processus d’élargissement, la présidence doit encourager des réformes dans le domaine des droits humains afin notamment que les criminels de guerre soient traduits en justice.
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- Mener à terme la première série de dialogues avec tous les pays d’Asie centrale au cours de la présidence, et maintenir la pression sur l’Ouzbékistan au sujet des enquêtes sur les événements d’Andijan.
- Faire des droits humains un point spécifique de l’ordre du jour du sommet UE-Russie.
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8. L’Union en tant qu’acteur mondial
La présidence doit soutenir l’adoption d’une position commune du Conseil visant à rendre légalement contraignant le Code de conduite de l’Union sur les exportations d’armes. L’Union doit par ailleurs faire preuve de leadership dans la stimulation de partenariats interrégionaux au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour que la nouvelle procédure d’Examen périodique universel soit efficace et crédible.
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Veiller à obtenir rapidement, dès le début de la présidence, l’adoption d’une position commune visant à rendre légalement contraignant le Code de conduite sur les exportations d’armes, et remédier aux lacunes du Code de conduite en vigueur.
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9. Droits humains dans la politique étrangère de l’Union : instruments et politiques régionales
Lors du Forum européen des droits de l’homme en décembre 2008, la présidence doit organiser un atelier chargé de rédiger un guide pratique sur la mise en œuvre des lignes directrices de l’Union sur la torture. D’une manière générale, l’Union doit s’attacher à la mise en œuvre effective de ses mécanismes existants pour la protection des droits humains dans les pays tiers et faire des droits humains une priorité centrale dans tous les domaines de ses relations extérieures.
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- Inciter les autres États membres à prévoir des ressources suffisantes pour la mise en œuvre des engagements existants relatifs aux droits humains.
- Organiser un atelier, au Forum des droits de l’homme en décembre, pour établir avec les ONG. un projet de guide pratique pour les diplomates, concernant l’application des directives de l’UE sur la torture.
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10. Obligation de rendre des comptes
La présidence doit avoir le courage de jeter les bases d’un examen général de la politique des droits humains de l’Union, tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. Cela devrait permettre d’engager un débat constructif sur les mécanismes de responsabilité de l’Union en matière de droits humains, répondant ainsi – enfin – à la Communication de la Commission de 2003 sur l’article 7 du Traité d’Union européenne.
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- Promouvoir une déclaration du Conseil qui jetterait les bases d’un examen général de la politique des droits humains de l’UE, tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur.
- En guise de première avancée concrète de l’obligation collective de l’UE de rendre des comptes, promouvoir une réponse du Conseil à la Communication de 2003 de la Commission concernant l’article 7 du TUE.
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