17 octobre 2009 Journée mondiale du refus de la misère
«La pauvreté est le plus grand scandale des droits humains de notre époque.»
Irène Khan, secrétaire générale d’Amnesty International
La pauvreté n’est pas une fatalité.
Les êtres humains ne sont pas seuls responsables s’ils doivent vivre dans la pauvreté.
La pauvreté est la conséquence et à la fois la cause de nombreuses violations des droits humains.
Le cercle vicieux de la pauvreté frappe des êtres humains dont les droits fondamentaux ne sont pas respectés, comme le droit à l’alimentation et à l’eau potable, le droit à l’éducation, aux soins médicaux de base, à un logement décent, mais aussi le droit de pouvoir gagner sa vie (droit à un travail).
Souvent, ils sont même privés de leurs droits politiques et civils afin qu’ils ne puissent pas se défendre contre les injustices.
Près de la moitié de la population mondiale est touchée par la pauvreté.
Le fossé entre riches et pauvres, entre Nord et Sud, mais également au sein même de chaque pays, se creuse chaque jour un peu plus.
Et même dans les pays industrialisés, le nombre de personnes concernées par la pauvreté ne cesse d’augmenter.
Amnesty International est convaincue que, pour combattre la pauvreté, il faut faire en sorte que les personnes concernées aient le pouvoir de revendiquer leurs droits fondamentaux.
Il est indispensable de prendre en compte les droits humains dans la mesure où la croissance économique se traduit généralement par une augmentation des inégalités.
Ceux qui restent en arrière n’en bénéficient pas pour des questions de genre, de race, d’âge, de langue, d’origine ethnique ou de caste, par exemple.
Par conséquent, la croissance économique à elle seule ne permet pas d’éliminer la pauvreté.
Pour Amnesty International, le fait de renforcer le pouvoir des personnes dans la revendication de leurs droits, par une participation active et une obligation de réelle transparence de la part des Etats, ainsi que le fait d’inscrire les efforts d’éradication de la pauvreté dans le cadre juridique relatif aux droits humains permettront d’aboutir à des stratégies et à des résultats plus efficaces, plus durables et plus équitables en matière de lutte contre la pauvreté.
Amnesty International veut dénoncer et condamner les violations des droits humains liés à la pauvreté et chercher à obtenir les changements de politiques et de pratiques nécessaires pour que les responsables aient à rendre des comptes pour ces violations, qui favorisent et aggravent la pauvreté.
Amnesty International exige que les droits humains soient placés au cœur des efforts de lutte contre la pauvreté, et que les personnes les plus démunis puissent accéder à la justice, s’exprimer et agir pour elles-mêmes et pour les autres, afin de défendre leurs droits.
Exigeons la dignité !
Amnesty International lance cette campagne, car, soixante ans après la proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par les dirigeants mondiaux, dans l’objectif de rendre tous les êtres humains «libres et égaux en dignité et en droits», des milliards de personnes sont toujours privées des droits et des libertés inscrits dans cette déclaration.
Elle a pour objectif de mettre un terme aux violations des droits humains qui font sombrer les gens dans la pauvreté et les y maintiennent.
Les personnes vivant dans la pauvreté sont victimes de discrimination à différents niveaux, non seulement à cause de leur situation économique, mais aussi en raison de leur genre, de leur race, de leur origine ethnique, de leur âge ou de leur sexualité.
Elles sont privées de leurs droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux.
Les personnes qui vivent dans la pauvreté doivent être entendues, être intégrées plutôt qu’exclues, se sentir en sécurité et avoir droit à la santé, à un logement et à l’éducation.
Si nous voulons vraiment améliorer le monde d’aujourd’hui, nous devons faire en sorte que chacun, nanti ou laissé-pour-compte, puisse jouir de la liberté et de la justice.
Quelles actions mène Amnesty International ?
Dans le cadre de cette campagne, Amnesty International France porte actuellement deux grandes actions, sur deux thèmes distincts : la justice internationale et la responsabilité des entreprises du secteur extractif. Ces actions donnent une illustration des enjeux de cette campagne.
Amnesty International France va bientôt publier un bulletin électronique sur cette campagne, vous pouvez vous y inscrire dès maintenant afin d’être tenus au courant de nos activités dans ce domaine. http://www.amnesty.fr/newsletters
ATD Quart-Monde sera présent Place du Trocadéro à Paris, comme tous les ans, avec une Chorale d’enfants à partir de 16h…
Et partout en France à travers des activités centrées sur les enfants car le 20ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant est leur thème choisi pour cette journée.
Bibliothèques de rue, pique-nique citoyens, débats, atelier de slam etc., toutes ces actions vont être déclinées localement.
Pour avoir plus d’informations sur la journée : comdesc@amnesty.fr ou jheslouin@amnesty.fr
Les Comités Solidaires pour les droits :
Un projet qui rassemble Amnesty International France, ATD Quard-Monde et le Secours Catholique Caritas France.
Les collaborations de ces dernières années ont montré que les trois mouvements, doté chacun d’une identité forte, sont complémentaires tant dans leurs réflexions que dans leurs modes d’actions. Ils se retrouvent sur une vision du monde basée sur le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948.
Ils sont particulièrement attachés à faire reconnaître les combats des plus démunis, à les rejoindre et ainsi créer les conditions pour que ces personnes puissent participer à la réappropriation de leurs droits fondamentaux.
Les trois mouvements décident de créer une dynamique commune en :
Encourageant des regroupements de leurs militants au niveau local, sur la base du volontariat, et en leur fournissant des outils communs pour défendre les droits des personnes.
Là où il-elle vit, chacun-e peut connaître des familles privées d’eau, d’électricité, ou d’un logement digne, des enfants qui ne sont pas accueillis à l’école ou des articles de presse qui bafouent la dignité des personnes ou d’un quartier…souvent ce sont des familles ou des personnes très pauvres qui signalent ces situations intolérables vécues par elles-mêmes ou d’autres.
Face à ces situations, des citoyens-nes se mobilisent dans des comités locaux afin de soutenir les personnes en déni de droit, pour que leurs droits soient rétablis.
ATD Quart-Monde, Amnesty International France et le Secours Catholique Caritas France ont décidé d’encourager ces mobilisations en créant le réseau des COMITES « SOLIDAIRES POUR LES DROITS ».

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