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21.12.2009
Mosaad Abu Fagr

EGYPTE - Écrivain, blogueur, emprisonné pour avoir défendu les communautés du sinaï contre les expulsions forcées

Musaad Suliman Hassan Hussein
, connu sous le nom de Mosaad Abu Fagr, est en détention administrative sur ordre du ministre de l’Intérieur depuis février 2008.
Le Tribunal administratif a suspendu cette décision à plusieurs reprises et émis des ordres immédiats de libération, la dernière fois en octobre 2009.
Cependant, il reste maintenu en détention et les autorités égyptiennes n’ont montré aucun signe concernant une éventuelle libération.


Amnesty International considère que Mosaad Abu Fagr est un prisonnier d’opinion, détenu pour avoir exprimé ses opinions pacifiquement, et demande sa libération immédiate et sans condition.
Fondateur du mouvement « Wedna Naaish » (Nous voulons vivre), il a été arrêté le 26 décembre 2007 suite à une vague de manifestations en juillet et décembre 2007 dans le Sinaï après l’annonce par les autorités de la démolition programmée des milliers d’habitations près de la frontière avec la bande de Gaza.


Mosaad Abu Fagr
Mosaad Abu Fagr.
Elles prétendaient que ces maisons cachaient l’entrée des tunnels servant à la contrebande d’armes et à la circulation illicite des personnes.
Les manifestations, menées par Mosaad et d’autres militants dans le Sinaï, demandaient également des permis de construire, des titres pour les terres qu’ils cultivent et la remise en liberté de Bédouins détenus sans inculpation ni jugement après les attentats à la bombe de Taba, Charm-el-Cheik et Dahab entre 2004 et 2006.
Les autorités ont également arrêté et détenu son frère Ahmed, en janvier 2008, apparemment pour harceler davantage Mosaad.

Ahmed est maintenu en détention administrative dans la prison de Borg al-Arab.
Après son arrestation, Mosaad Abu Fagr a dans un premier temps été détenu dans la prison de Borg al-Arab jusqu’en décembre 2008 avant d’être transféré a la prison d’Abu Zaabal près du Caire, connue pour ses conditions de détention extrêmement dures.
Il a été finalement renvoyé à la prison de Borg al-Arab en juillet 2009 après son précédent ordre de libération, en juin 2009.
Le  ministère de l’Intérieur l’a classé comme « criminel » et il a fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre son incarcération avec des prisonniers du droit commun.


Comme conséquence des conditions insalubres dans la prison de Borg al-Arab, Mosaad a développé un abcès à un pied, nécessitant une intervention chirurgicale.
Les autorités ne lui fournissant aucun soin ni médicament, c’est un autre détenu, médecin, qui l’a opéré sans anesthésie et son avocat et sa famille lui ont procuré les antibiotiques et pommades pour éviter l’infection.


L’État d’urgence s’applique toujours en Égypte, de manière presque ininterrompue depuis 1967, ce qui permet au ministre de l’Intérieur d’arrêter et de maintenir indéfiniment sans charges ni procès les « suspects qui présentent un danger pour la sécurité et l’ordre public ».

Les avocats, ONG et défenseurs des droits humains égyptiens estiment que quelques 10 000 personnes sont en détention administrative aujourd’hui.
Le ministère de l’Intérieur déclarait quant à lui en janvier 2008 qu’il n’y en avait pas plus de 1500.

 



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