VIETNAM Avocats et défenseurs des droits humains, emprisonnés pour avoir défendu des dissidents

Logo du Bloc 8406.
Lê Thi Công Nhân, avocate de 30 ans, célibataire,
exerçait au bureau d’avocats de Thien An à Hanoï.
Nguyên Van Dai, 40 ans, marié, était avocat dans ce même bureau.
Arrêtés en mars 2007, ils ont été
jugés et condamnés après appel à trois ans de prison pour l’une et quatre ans pour l’autre.
Motif : avoir mené «
une propagande contre l’État ». Cela leur a valu d’être
radiés du barreau des avocats.
Ce que les autorités leur reprochent ?
D’avoir fourni des conseils juridiques à des dissidents et d’en avoir représenté certains en justice.
Ils ont ainsi défendu des chrétiens victimes de persécutions étatiques.
Ils ont également publié des documents sur les violations des droits humains dans leur pays.
En particulier, celles qui ont affecté des paysans dont les autorités avaient confisqué les terres. Ces deux avocats ont lancé des appels à la radio pour le respect
des droits humains.
Leurs procès se sont déroulés au mépris des normes internationales.
Les juges, négligeant le principe d’équité, les ont condamnés au titre d’un article du Code pénal sur la sécurité nationale, dont la formulation fourre-tout, est couramment utilisée contre les dissidents.
Un de leurs avocats a d’ailleurs été arrêté en 2009 au titre de ce même texte.
Nguyên Van Dai a fondé le Comité dissident pour les droits humains au Vietnam.
Il est parmi les premiers signataires du manifeste pour la liberté et la démocratie au Vietnam, lancé le 8 avril 2006, et connu sous le nom de Bloc 8406.
Cette pétition en ligne, signée par plus de 2000 internautes, appelle à un changement politique pacifique et au respect des droits humains.
En réponse à ce mouvement, les autorités ont entamé une répression de ce qu’elles perçoivent comme une opposition : nombre de ces militants ont été inquiétés, jetés en prison.
Lê Thi Công Nhân, membre du Comité pour les droits humains au Vietnam, a soutenu le Bloc 8406.
Elle a été le porte-parole du PPVN (Parti du progrès du Vietnam) qui, comme d’autres, appelle à la démocratie, à la liberté d’expression, d’association et au respect des droits humains.
Ses articles sur des sites web critiquaient la législation nationale qui permet les détentions arbitraires, empêche la constitution de syndicats indépendants, et l’exercice du droit de grève.
Avant leur arrestation, Lê Thi Công Nhân et Nguyên Van Dai ont fait l’objet de surveillance, de harcèlement.
On a restreint leur liberté d’aller et de venir. Leur téléphone et leur connexion internet ont été coupés.
La police les a embarqués à plusieurs reprises pour interrogatoire.
Lê Thi Công Nhân est emprisonnée à Yen Dinh à 150 km au sud d’Hanoï.
Son collègue, Nguyên Van Dai est détenu à Nam Dinh, également au sud d’Hanoï.
AGISSEZ, signez notre pétition en ligne
NOUVELLES INFORMATIONS
L'avocat de Lê Thi Công Nhân et Nguyên Van Dai, l'éminent avocat Le Cong Dinh, quarante et un ans, vient d'écoper d'une peine de cinq ans d'emprisonnement. LIRE :
Le procès des dissidents vietnamiens est une parodie de justice - 20 janvier 2010
Amnesty International demande la libération immédiate et inconditionnelle de quatre prisonniers d'opinion vietnamiens condamnés ce 20 janvier 2010 pour avoir milité pacifiquement en faveur de la démocratie. Lors d'un procès qui a duré une journée, un tribunal d'Ho Chi Minh-Ville a déclaré les quatre dissidents coupables d'« activités visant à renverser le gouvernement du peuple » et les a condamnés à des peines d'emprisonnement allant de cinq à seize ans. LIRE la suite