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Iran : violences contre les manifestants après les élections
22.07.2009
25 juillet Mobilisation internationale contre la répression en Iran

Contexte



Des sympathisants du candidat réformiste se rassemblent dans les rues de Téhéran pour protester contre les résultats de l?élection présidentielle, Iran, 13 juin 2009.
Des sympathisants du candidat réformiste se rassemblent dans les rues de Téhéran pour protester contre les résultats de l’élection présidentielle, Iran, 13 juin 2009.
 A l’approche de l’investiture de Mr Ahmadinejad prévue entre le 2 et le 6 août prochain, les ONG de défense de droits humains lancent le 25 juillet, une journée d’actions contre les violences survenues à l’annonce de la réélection d’Ahmadinejad le 12 juin 2009.

Depuis la répression des manifestants et des dissidents n’a cessé de croître dans tout le pays et l’on ignore toujours le nombre exact de personnes emprisonnée, tuées ou disparues et ce, dans un contexte d’impunité dont les autorités iraniennes portent la responsabilité.
Les arrestations massives de manifestants et de militants de l’opposition ont eu lieu à l’issue des élections présidentielles contestées : des manifestants ont été tués ou sommairement exécutés ; d’autres sont toujours détenus et d’autres encore portés disparus.
Ce sont des centaines de politiciens, de journalistes, d’universitaires, d’étudiants et de défenseurs des droits humains qui ont été placés en détention.
La plupart sont des partisans de Mr Hossein Mousavi ou de Mehdi Karroubi (les principaux opposants d’Ahmadinejad), ou des proches de l’ancien président Khatami qui a apporté son soutien à la campagne de Mr Hossein Mousavi.

Il faut rappeler que le gouvernement iranien fait appel à la milice des bassidji qui est une force paramilitaire composée d’hommes et de femmes placés sous le contrôle des pasdaran (Gardiens de la révolution islamique iranienne).
Ses membres viennent d’écoles, d’universités, d’institutions publiques et privées, d’usines et même de tribus. Les autorités font couramment appel à ces miliciens volontaires pour maintenir la loi et l’ordre public et réprimer les contestataires. Ils sont souvent accusés de faire preuve d’une extrême brutalité.

D’après de nombreux participants aux récentes manifestations, des personnes en civil et armées, qui seraient des bassidji, ont usé d’une force excessive et bafoué les droits humains – notamment en utilisant des armes à feu contre les manifestants dans les rues et en les frappant.
Une vidéo montrant un milicien volontaire qui tire depuis un immeuble où s’étaient postés des bassidji pendant les manifestations du 15 juin, durant lesquelles on a dénombré au moins huit morts, aurait dû déclencher l’ouverture immédiate d’une enquête par les autorités.
Elles auraient dû donner des instructions claires pour éviter de nouvelles victimes. Une autre vidéo montrant une jeune femme – qui s’appellerait Neda – en train de succomber semble-t-il à une blessure à la poitrine, a été largement diffusée pour dénoncer l’implication des bassidji.

Loin de réagir en diligentant une enquête digne de ce nom afin d’élucider les circonstances de ces morts, les autorités iraniennes ont une nouvelle fois averti que les manifestations seraient gérées «de manière révolutionnaire» par les pasdaran, les bassidji et les autres forces de police et de sécurité.

Amnesty International engage les autorités iraniennes à enquêter de manière approfondie sur toutes les informations faisant état de morts, y compris d’éventuelles exécutions extrajudiciaires, et à traduire les responsables présumés en justice.

Voir aussi notre page "Iran : violences contre les manifestants après les élections"

 



Agissez SIGNEZ NOTRE PETITION EN LIGNE
adressée  au Responsable du pouvoir judiciaire, l'Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi



Mobilisation inter-ONG

A l'appel de RSF, rassemblement prévu de 17 h à 19 h - samedidi 25 juillet - Paris, place du Trocadéro

En plus d’Amnesty International, d’autres associations soutiennent cette journée :

Shirin Ebadi – Défenseure iranienne Prix Nobel 2003 de la Paix
Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)
Human Rights Watch
International Campaign for Human Rights (campagne internationale pour les DH)
Iranian League for Defence of Human Rights (ligue iranienne pour la défense des DH)
Nobel Women Initiative
Pieace Jam
Physicians for Human Rights (Physiciens pour les DH)
Reporters sans frontiers (RSF)

 



Violations graves des droits humains


Selon notre organisation, il y aurait plus de 2000 personnes arrêtées.

Amnesty International a dressé une liste récapitulant les noms ou identités de 368 personnes ayant été arrêtées et si les autorités iraniennes annoncent le chiffre de 21 manifestants tués, la réalité est bien au-delà ; sans compter qu’à ce jour, on ignore le sort de plusieurs d’entre eux.

Depuis l’annonce le 13 juin de la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, les autorités iraniennes imposent de sévères restrictions à la liberté d’expression.
L’accès à Internet est bloqué ou systématiquement interrompu. Les journaux iraniens se voient interdire de publier toute information relative aux émeutes. Il est interdit aux journalistes étrangers de sortir dans la rue et plusieurs reporters étrangers ont été expulsés du pays.

Malgré ces restrictions, Amnesty International a pu identifier des violations graves des droits humains dont les manifestants et opposants iraniens ont été la cible permanente: arrestations et détentions arbitraires ; usage excessif de la force incluant les exécutions extrajudiciaires ; le harcèlement des défenseurs des droits humains et les entraves à la liberté d’expression et d’information.

Le 25 juillet se veut comme un jour de mobilisation mondiale pour maintenir la pression sur les autorités iraniennes afin de :

• garantir la sécurité des manifestants détenus contre tout risque de torture, de mauvais traitements et qu’ils puissent accéder à leurs familles et avocats ;

• diligenter une enquête impartiale et indépendante sur le recours à la force ayant entraîné la mort de certains manifestants ;

• libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers d’opinion: journalistes ; militant-e-s des droits humains, étudiant-e-s, universitaires et opposants politiques;

• garantir aux autres le droit à un procès équitable sans recours à la peine de mort ;

• publier l’identité des manifestant-e-s tué-e-s et de ceux et celles morts en détention ;

• cesser toute répression contre les manifestants et ne plus faire appel à la milice des bassidji pour réprimer les manifestations ;

• lever toute restriction illégale à la liberté d’expression, de réunion et d’association, de manifester pacifiquement ainsi qu’à la liberté d’information.