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07.07.2010
Haytham al-Maleh
Syrie : Un avocat sanctionné pour avoir exercé sa liberté d’expression et défendu les droits humains
![]() Haytham al-Maleh (c) Amnesty International Agé de 78 ans, il est l'un des plus éminents défenseurs des droits humains de Syrie. Lors de son arrestation, il défendait Muhannad al Hassani, un autre avocat spécialiste des droits humains, également détenu et poursuivi pour des charges liées à son activité en faveur des droits des prisonniers politiques. Comparaissant devant un juge militaire à Damas le 3 novembre 2009, il a été inculpé de « diffusion en Syrie de fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte au moral de la nation », d'« atteinte au sentiment national », et de « diffamation » envers une instance gouvernementale. Les charges retenues contre lui sont liées aux critiques qu'il a formulées publiquement au sujet des violations des droits humains et de la corruption au sein de l'appareil d'État en Syrie, notamment au cours d'une interview à une chaîne satellitaire. Il y indiquait que bien que les autorités syriennes « disposent de vastes ressources sous la forme de l'armée, des services de renseignement et de la police, ainsi que d'armes et de tous les moyens d'oppression, elles se cachent derrière des lois qui n'ont aucun fondement logique, juridique ou même juste », et y déclarait que les forces de sécurité syriennes pouvaient « commettre des crimes en toute impunité ». Le 22 février 2010, lors d'une audience publique, il a comparu devant un juge militaire de Damas sous le coup de nouvelles accusations d’«offense au président» et de «diffamation envers une instance gouvernementale». Ces accusations reposaient sur les renseignements fournis par un prisonnier qui n’était pas détenu pour une infraction politique. Haytham al Maleh a déclaré que ces informations étaient des «mensonges et des provocations» de la part de ce détenu. D’après les personnes qui ont assisté au procès, Haytham al Maleh était si affaibli qu’il pouvait à peine parler. Il s’était évanoui au cours de la semaine précédant le procès parce qu’il n’avait pas reçu son traitement. Le lendemain de l’audience, les nouvelles charges ont été abandonnées en raison d’une amnistie présidentielle pour les prisonniers condamnés pour des délits mineurs. Celles retenues contre lui lors de son inculpation le 3 novembre 2009 sont en revanche maintenues. Des diplomates et deux avocats italiens représentant la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, une organisation internationale non gouvernementale qui cherche à améliorer la protection des droits humains, étaient venus en tant qu'observateurs. Ils n'ont pas été autorisés à assister à l'audience. La femme de Haytham al Maleh, qui était présente au tribunal, n’a pas eu le droit de lui serrer la main ou de lui parler. Lorsqu’il est parti, des agents de la sécurité l'ont entrainé de force alors qu’il prenait sa femme dans ses bras. Les conditions de détention à la prison d’Adhra sont mauvaises. Haytham al Maleh dort sur un matelas à même le sol dans une cellule surpeuplée. Il souffre de diabète et d’hyperthyroïdie et n’a pris aucun médicament depuis le 11 février alors qu'il doit suivre un traitement régulier pour ces deux maladies. Son état de santé se dégrade. Les personnes souffrant de diabète ou d'hyperthyroïdie qui ne suivent pas de traitement risquent une importante perte de poids, le coma, voire une défaillance cardiaque ou rénale. Contrairement à d’autres détenus de la prison d’Adhra, Haytham al Maleh est généralement accompagné par un gardien lorsqu’il voit le médecin de la prison. Amnesty International exhorte les autorités syriennes à libérer immédiatement et sans condition Haytham al Maleh, car il s’agit d’un prisonnier d’opinion qui n’a fait qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression.
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