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Les thèmes de la campagne
Contenu
26.01.2010
Les bidonvilles
![]() Inde - Un enfant va chercher de l'eau, en marchant sur un conduit d'aduction en eau qui traverse le bidonville où il habite. Bidonville de Dharavi,Mumbai, Inde. (c) Mark Henley/Panos Pictures Désignés par différents noms (bidonvilles, ghettos, «quartiers», bustees, chawls, favelas, barrios populares, quartiers informels, slums, etc.), ils constituent le domicile de plus d’un milliard de personnes, sur tous les continents. Ces lieux partagent des caractéristiques communes : conditions de logement déplorables, réseaux d’assainissement et d’eaux usées inadaptés, accès très limité, voire inexistant, à la distribution d’eau et d’électricité, surpeuplement et niveau élevé de violence, etc. Beaucoup sont considérés comme «illégaux» ou «non réglementés». Les droits d’occupation des habitants y sont toujours très précaires, si bien que ces derniers risquent en permanence d’être expulsés et n’ont, dans ce cas, aucun moyen de demander réparation. La population mondiale des bidonvilles augmente à un rythme alarmant. Selon certaines projections, en 2030, deux milliards de personnes vivront dans ce type d’habitat. En l’absence de logements abordables, les personnes qui migrent en ville depuis des zones rurales très mal desservies n’ont pas d’autre solution que de s’installer dans ces bidonvilles. Ces personnes ne possèdent évidemment que peu de ressources et peu de biens. Ils sont également exposés à un niveau élevé d’insécurité : menace permanente des violences policières et des bandes criminelles ; expulsion forcée dans des délais très courts après avis d’expulsion ou même sans préavis. Ils sont exclus des services de base, tels que l’eau potable, l’assainissement, la santé et l’éducation. Bien souvent, ils n’ont pas accès à la justice en raison d’une discrimination latente et du fait qu’ils soient considérés comme des délinquants. Dans les processus et les décisions ayant une incidence sur leur existence, les personnes vivant dans des bidonvilles ne peuvent généralement pas se faire entendre. Elles ne sont pas consultées, ni autorisées à participer aux prises de décisions concernant l’amélioration de leur habitat ou les solutions de relogement après des expulsions forcées. Ce problème n’est pas propre aux pays en voie de développement : on rencontre des cas similaires de dénuement et d’exclusion de groupes humains entiers dans les villes européennes et autour de celles-ci, comme dans des quartiers pauvres aux Etats-Unis, ou dans des réserves pour les populations autochtones du Canada et des aborigènes d’Australie. La situation des personnes qui vivent dans des bidonvilles ou des campements informels est certainement la meilleure illustration du fait que la pauvreté est à la fois une cause et une conséquence des violations des droits humains. Vivre dans un bidonville, c’est être privé de ses droits à l’éducation, à la santé, au logement, à l’information, à l’intégrité physique, à l’égalité devant la loi et à un procès équitable, ainsi que du droit de ne pas subir de violence et de celui d’obtenir réparation en cas de violations de ses droits. En résumé, c’est donc être privé de liberté et de justice. Dans le cadre de sa campagne (((Exigeons la dignité))), Amnesty International veut mettre l’accent sur les violations des droits économiques, sociaux, civils, politiques et culturels dont sont victimes les habitants des bidonvilles, ainsi que sur les interconnexions entre ces violations.
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