
Natalia Estemirova lors d'une réunion avec des membres du secrétariat international d'Amnesty International à Londres le 31 juillet 2008
© AI
Amnesty International condamne fermement le meurtre de Natalia Estemirova, défenseure des droits humains qui travaillait dans la région du nord Caucase et amie de longue date de l'organisation.
Appel à rassemblement vendredi 17 juillet 18h00
Place St Michel à Paris
Des organisations de défense de droits humains appellent au rassemblement public en hommage à Natalia Estemirova ce vendredi 17 juillet à 18h à la Place de la Fontaine à Saint Michel.
Merci de vous mobiliser avec nous.
Notre mobilisation montrera notre solidarité avec sa famille, ses proches et ses amis qui continuent à militer au péril de leur vie.
Amnesty International France, RSF, FIDH, Médecins du Monde, ACAT, CCFD, Comité Tchétchénie.... |
VOIR LA VIDEO "Natalia Estemirova, présentant son travail en faveur des droits humains à Grozny (Tchéctchénie, 2008)".
(en russe, sous-titres en anglais)
© Amnesty International
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 15 JUILLET 2009
Russie. Une militante des droits humains assassinée
Amnesty International condamne fermement le meurtre de Natalia Estemirova, militante et défenseure reconnue des droits humains dans le Nord Caucase et amie de longue date de l’organisation.
« Le meurtre de Natalia Estemirova est une conséquence de l’impunité que les autorités russes et tchétchènes ont laissé perdurer, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International.
« On ne peut ignorer plus longtemps les violations des droits humains en Russie, particulièrement dans le Nord Caucase. Et tous ceux qui défendent les droits humains ont besoin de protection.
« La terrible tragédie de la mort de Natalia Estemirova est un crime qui doit être dénoncé par les autorités et tous les efforts doivent être faits pour traduire en justice les responsables de ce meurtre. C’est une nouvelle tentative pour essayer de museler la société civile en Russie et cela souligne l’instabilité de la région.
« Natalia Estemirova était une femme extrêmement courageuse, capable de mobiliser de nombreuses volontés, qui défendait inlassablement les droits humains. C’était une personne vraiment exceptionnelle et l’amie de beaucoup d’entre nous, a déclaré Irene Khan.
« Nous sommes sous le choc et très attristés par la nouvelle de sa mort et nous souhaitons exprimer nos plus sincères condoléances à la famille de Natalia Estemirova, à ses amis et collègues. »
Natalia Estemirova, l’une des principales membres de l’organisation russe non gouvernementale de défense des droits humains Memorial à Grozny, en Tchétchénie, a été enlevée le matin du 15 juillet vers 8h30 heure locale. Elle a été poussée dans une voiture blanche (VAZ-2107) qui est partie dans une direction inconnue. Selon des témoins, Natalia Estemirova a réussi à crier qu’on était en train de l’enlever.
Plus tard dans la journée, l’agence de presse russe Itar-TASS a annoncé que son corps avait été retrouvée dans la république voisine d’Ingouchie et qu’il portait des traces de blessures par balles.
Natalia Estemirova menait un travail crucial de recueil de témoignages et de preuves de violations des droits humains, actes de torture et autres mauvais traitements, homicides illégaux et disparitions forcées dans la région, depuis le début de la seconde guerre de Tchétchénie en 2000. Elle se consacrait aussi à l’aide aux personnes déplacées et à d’autres groupes socialement défavorisés. Personne n’a revendiqué la responsabilité de son enlèvement et de sa mort mais ses collègues pensent qu’elle a été tuée pour son action en faveur des droits humains.
Son action a été reconnue au niveau national et international et elle a reçu de nombreuses récompenses, notamment la médaille Robert Schuman du Parlement européen en 2005, le Right Livelihood Award (encore appelé prix Nobel alternatif de la Paix) du Parlement suédois en 2004 et elle a été la première à recevoir le Prix Anna Politkovskaïa en 2007.
Le meurtre de Natalia Estemirova jette une nouvelle fois la lumière sur les circonstances précaires dans lesquelles travaillent les défenseurs des droits humains en Russie. Avant elle, deux autres personnes avaient été assassinées en début d’année, Stanislav Markelov, avocat défenseur des droits humains et Anastasia Baburova, journaliste, tous deux amis proches de la journaliste Anna Politkovskaïa, elle–même assassinée en 2006.
Amnesty International lance un appel pour que soit mis un terme à l’impunité régnant en Russie pour les meurtres de défenseurs des droits humains, journalistes ou avocats.
Complément d’information
En avril 2009, les autorités russes ont annoncé la fin de l’opération anti-terroriste en Tchétchénie. Toutefois, plusieurs homicides ont fait les gros titres de l’actualité dans le Nord Caucase au cours de ces derniers mois en même temps qu’augmentaient les signes palpables de tensions dans la région.
Dans un rapport rendu public début juillet, Rule without law : Human rights violations in the North Caucasus, Amnesty International demande que soient établies les responsabilités pour les atteintes aux droits humains qui ont été perpétrées, seule façon d’apporter une stabilité réelle et de d’assurer un retour à la paix civile en Tchétchénie et dans le Nord Caucase.
EN SAVOIR PLUS

Stanislav Markelov
© Private
Lettre des parents d'Anastassia Babourova, journaliste russe assassinée
17 juillet 2009
L'avocat et défenseur des droits humains Stanislav Markelov et la journaliste Anastassia Babourova ont été tués par un homme non identifié il y a six mois – le 19 janvier 2009 – dans le centre de Moscou.
6 mois après l'assassinat de Stanislas Markelov et d'Anastacia Babourova, et au lendemain de l'assassinat de Natalia Estemirova, une lettre des parents d'Anastacia prend un résonnance particulière et souligne la situation tragique des défenseurs en Russie et l'impunité dont bénéficie ceux qui les font taire. LIRE LA SUITE
Russie. Pas de normalisation dans le Caucase du Nord sans obligation de rendre des comptes - 1er juillet 2009
La situation en Tchétchénie et dans le Caucase du Nord ne saurait se normaliser sans que toutes les responsabilités soient établies dans les atteintes aux droits humains perpétrées au cours des dix dernières années, voire plus, a affirmé Amnesty International dans un rapport publié ce mercredi 1er juillet 2009. Ce document, intitulé Rule without law: Human rights violations in the North Caucasu (Index AI: EUR 46/012/2009) , expose les violations des droits humains commises de longue date en Tchétchénie, en Ingouchie, au Daghestan et en Kabardino-Balkarie, dans un climat d'impunité totale. Il s'appuie sur des témoignages qui racontent les homicides commis sans discrimination, le recours excessif à la force, les tortures et les morts en détention, les détentions arbitraires et secrètes, les enlèvements, les menaces visant les défenseurs des droits humains et les journalistes indépendants, le harcèlement des proches de combattants présumés et les expulsions forcées de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays. LIRE LA SUITE
Voir aussi notre page spéciale sur Anna Politovskaïa
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Voir notre page spéciale sur les disparitions forcées en Tchéchénie