Soudan : Amnesty International demande le retrait de la loi pénalisant le port de pantalon par les femmes
13 femmes et jeunes filles ont été arrêtées début juillet à Khartoum parce qu’elles portaient des pantalons dans un lieu public.
10 d’entre elles ont déjà été condamnées à recevoir 10 coups de fouet et à verser une amende.
Parmi les personnes arrêtées, la journaliste Lubna al Ahmed Hussein, employée par les Nations unies et bénéficiant donc d’une immunité, a préféré démissionner et faire face aux autorités soudanaises, demandant un procès public.
Elle risquait 40 coups de fouet et une amende d’un montant illimité si elle était reconnue coupable d’infraction à l’article 152 du code pénal soudanais.
Le juge lui ayant donné le choix entre une amende de 500 livres soudanaises (200 US$) ou un mois de prison, Lubna Hussein a préféré médiatiser son combat depuis sa cellule.
Alors qu’elle avait demandé à sa famille et ses amis de ne pas payer l’amende, celle-ci a été réglée par l’Union des journalistes et Lubna Hussein a été libérée dès le lendemain de son incarcération.
A peine sortie de prison, la jeune femme veut poursuivre son combat et entend faire appel de sa condamnation.
Selon elle, il y aurait encore plus de 700 femmes encore en prison qui n’ont personne pour payer leur amende.
La position adoptée par Lubna Hussein a permis de braquer les projecteurs sur la violation systématique des droits des femmes et des jeunes filles en vertu de la loi.
Amnesty International la considère comme une défenseure des droits humains.
Amnesty International appelle les autorités soudanaises à abolir la flagellation et abroger les lois discriminatoires.
« L’article s52 du Code pénal soudanais est rédigé de telle façon qu’il est impossible de déterminer ce qui est décent ou indécent, a déclaré Tawanda Honora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International.
Cela a pour effet que régulièrement des femmes sont arrêtées, détenues, jugées, condamnées et fouettées simplement parce que des policiers n’étaient pas d’accord avec la façon dont elles étaient habillées.
La loi est également discriminatoire, dans le sens où elle est utilisée de manière disproportionnées contre les femmes ».
« Nul ne devrait être fouetté, a déclaré Tawanda Hondora.
Il s'agit d'un traitement cruel, inhumain et dégradant qui bafoue le droit international et les normes communes de dignité humaine. »
AGISSEZ : Signez notre pétition adressée au Ministre soudanais de la Justice
EN SAVOIR PLUS
Soudan. Amnesty International appelle le gouvernement à abroger la loi pénalisant le port de pantalon par les femmes - 4 septembre 2009
Alors que doit reprendre à Khartoum le procès de Lubna Hussein, journaliste soudanaise jugée pour avoir porté un pantalon, Amnesty International a appelé le gouvernement soudanais à annuler les charges retenues contre cette femme et à abroger la loi utilisée pour justifier la condamnation de femmes à être fouettées pour avoir porté des vêtements considérés comme « indécents ». LIRE la suite
LIRE la tribune rédigée par Lubna Hussein, parue dans Jeune Afrique : "Soudan : Plaidoyer pour un vrai changement"