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Guerre contre le terrorisme
26.07.2007
Les conditions de détention

 


Prisonniers à Guantanamo
Des prisonniers à Guantanamo.
Dans un premier temps, les détenus étaient incarcérés dans le camp X-Ray, une installation temporaire constituée de petites cellules grillagées.
À partir d’avril 2002, de nouvelles installations ont été progressivement mises en place. La dernière ouverte, Camp 6, renferme quelque 165 prisonniers.


Considérés comme dangereux, et comme source de renseignement potentiel, les détenus ont été soumis à des séances d'interrogatoire répétées, susceptibles de durer plusieurs heures, en l'absence de tout avocat, et faisant appel aux techniques utilisées en Afghanistan (isolement prolongé, position douloureuse, privation de sommeil, bruit assourdissant, stress provoqué par la peur des chiens, humiliations sexuelles, menaces sur la famille…).
Ces pratiques, longtemps autorisées grâce à une définition très étroite de la torture, bénéficient désormais de l’impunité garantie par la loi d’octobre 2006.

D’autre part, les conditions de la détention au quotidien, loin de s’améliorer avec le temps, se sont durcies. Près de 80 % des détenus se trouvent à l’isolement, dans les camps 5 et 6 ou au camp Echo.
Le modèle est, par certains aspects, plus dur que celui des prisons de haute sécurité sur le sol américain (supermax), avec confinement au moins 22 heures sur 24, cellules sans fenêtre, absence totale de nouvelles du reste du monde, exercice quotidien dans un espace confiné, surveillance constante par des gardiens indifféremment hommes ou femmes).


La perspective d'un maintien en détention dans de telles conditions pour une durée indéterminée et sans jugement, tout comme le fait que ces détenus n'ont aucun moyen de contester la légalité de leur détention pourraient avoir sur eux un certain impact psychologique, éventualité qui constitue une préoccupation majeure.
Une délégation du CICR , seule organisation autorisée à visiter les détenus, a déclaré avoir observé une «détérioration préoccupante» de la santé mentale d'un grand nombre d'entre eux, ajoutant que leur état psychologique était devenu un «problème majeur».


En juin 2006, trois décès ont été constatés : peut-être s’agit-il de suicides. Car les tentatives de suicide sont nombreuses et attestées par des ex-détenus libérés. Quant au témoignage de Jumah al Dossari, toujours détenu, il montre à quel degré de désespoir conduisent les conditions de détention à Guantanamo.


Pour manifester leur désespoir, les détenus ont eu recours aux grèves de la faim, à de nombreuses reprises depuis l’ouverture du camp. Les autorités militaires ont essayé de minimiser l’ampleur du phénomène en adoptant une définition officielle de la «grève de la faim» : refus par le prisonnier de 9 repas consécutifs. Si le prisonnier s’alimente, ou est alimenté avant d’avoir passé ce seuil, il ne sera pas considéré en grève la faim.

En juillet 2005, le mouvement est devenu massif : près de 200 détenus de la base navale de Guantánamo se sont mis en grève de la faim.
Les autorités ont obtenu l’interruption du mouvement en promettant un certain nombre d’améliorations, mais il est apparu très vite que les mauvais traitements n’allaient pas cesser et que la question du vide juridique dans lequel les détenus se trouvent toujours ne serait pas résolue non plus. La grève de la faim a donc repris. Sami el-Hajj a ainsi exprimé l’état d’esprit dans lequel se trouvent alors les détenus : « ce n’est pas quelque chose que je souhaite faire, mais je dois le faire ».


Certains grévistes ont dû être hospitalisés des suites de la grève et / ou des méthodes d’alimentation forcée auxquelles ils ont été soumis. Ainsi, l’avocat de Fawzi al Odah a-t-il pu consulter le dossier médical de son client et prendre l’avis de médecins, qui lui ont fait savoir que Fawzi al Odah était en danger de mort imminente ou risquait, du moins, des lésions organiques irréversibles. Le détenu a décrit les méthodes utilisées : «L'infirmière m'a enfilé un tube dans le nez si rapidement que j'ai commencé à m'étouffer, à saigner du nez et à cracher du sang. Ils n'ont pas utilisé d'anesthésiant.» Des officiels militaires admettent que pour ce faire, il leur est arrivé d’attacher le prisonnier par les chevilles, les poignets, et autour du corps.


Amnesty demande qu’une enquête indépendante et exhaustive soit menée contre les responsables des mauvais traitements, quelle que soit leur place dans la hiérarchie.
AI ne considère pas que l’enquête de l’armée américaine qui conclut début 2007 à l’absence de mauvais traitements réponde à ses exigences.









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 ANIMATION en ligne : (fichier quicktime VR)
"Reconstitution d'une cellule de Guantanamo camp6 " 
 réalisée par Amnesty International Australie









ETATS-UNIS. La dignité humaine bafouée : torture et obligation de rendre des comptes dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme»
Index AI : AMR 51/145/2004 -  octobre 2004


ÉTATS-UNIS.
Les pénibles épreuves du séjour dans les camps de détention américains. Témoignage de Jumah al-Dossari, détenu à Guantánamo
INindex  AI AMR 51/107/2005 16/12/2005

Ce témoignage a été rédigé par Jumah al-Dossari en juillet 2005 au centre de détention des Etats-Unis sur la base navale de Guantánamo Bay à Cuba. Il est le récit personnel de son expérience en détention aux mains des Pakistanais et des Américains, et les opinions exprimées sont les siennes.
Le 16 juillet 2007, il a été libéré de Guantanamo avec quinze autres détenus saoudiens. Peut-être reste-t-il 360 détenus à l’été 2007, pour lesquels le récit des souffrances endurées par al-Dossari reste d’actualité.

ÉTATS-UNIS. Guantanamo : des vies brisées. Les conséquences de la détention illimitée pour les détenus et leurs familles.
Index AI : AMR 51/007/2006 - 6 février 2006


États-Unis. Un nouveau rapport d'Amnesty International condamne les conditions de détention à Guantánamo
Déclaration publique du 5 avril 2007 - Index AI : AMR 51/060/2007

Rapport public du 05 avril 2007 UNITED STATES OF AMERICA Cruel and Inhuman: Conditions of isolation for detainees at Guantánamo Bay
AI Index: AMR 51/051/2007 (en anglais)

Voir aussi notre page "Nouveau décès à Guantánamo, apparemment à la suite d'un suicide"