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Pourquoi abolir?
26.11.2007
L'injection létale : la médecine dévoyée source de souffrance

« Ça ne marche pas... Ça ne marche pas… »
Joseph Clark, au moment de son exécution par injection létale dans l'Ohio, États-Unis, mai 2006



un article de notre mensuel international LE FIL d'AI , novembre 2007.



Des professionnels de la santé participent à la première exécution par injection létale au Guatémala (février 1998).
Des professionnels de la santé participent à la première exécution par injection létale au Guatémala (février 1998).
À l'heure où la Cour suprême des États-Unis a accepté d'examiner un recours en inconstitutionnalité contre les injections létales, Amnesty International exhorte les médecins et les personnels infirmiers à refuser de prendre part à ces exécutions : leur participation foulerait aux pieds leur serment éthique.

Opposée à la peine de mort quelle que soit la méthode d'exécution, Amnesty International estime que l'injection létale soulève des problèmes particuliers : elle fait appel à une utilisation abusive des compétences médicales et peut causer une douleur physique et une souffrance mentale. Plus de 900 prisonniers ont été mis à mort aux États-Unis depuis son introduction en 1982. Adoptée par 37 des 38 États qui procèdent à des exécutions, elle est pratiquement devenue l'unique méthode d'exécution dans le pays. De plus en plus utilisée en Chine, elle a également été adoptée par d'autres gouvernements, dont Guatémala et la Thaïlande.

En mai 2006, Joseph Clark a enduré un supplice particulièrement long pendant sa mise à mort dans l'État de l'Ohio. Les techniciens chargés de son exécution ont bataillé pendant vingt-deux minutes pour poser le cathéter. Sa veine a ensuite éclaté et son bras s'est mis à enfler. Soulevant la tête de la table d'exécution, Joseph Clark a répété à cinq reprises : « Ça ne marche pas. » Les rideaux ont alors été tirés autour de la table sur laquelle il était sanglé, puis les techniciens ont mis trente minutes à trouver une autre veine. Une autopsie a plus tard révélé 19 marques de ponction occasionnées par les tentatives d'insertion de la perfusion intraveineuse.

Cet échec met en lumière le dilemme auquel sont confrontés les professionnels de la santé. L'injection létale requiert les compétences médicales de praticiens qui ont pris l'engagement de répondre à l'intérêt supérieur des patients, et qui trahiraient leur code éthique en la pratiquant. Amnesty International demande instamment aux organismes professionnels de protéger les membres des professions médicales qui refusent de prendre part à des exécutions, d'adopter une position interdisant leur participation et de promouvoir le respect de cette norme dans le monde entier.




un article de notre mensuel international LE FIL d'AI , novembre 2007.

LIRE AUSSI ; "Execution by lethal injection: A quarter century of state poisoning"
index AI : ACT 50/007/2007(en anglais)