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Agir
02.01.2008
Pour un moratoire sur la peine de mort au Nigéria
Le Nigéria vient de voter contre la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU relative à un moratoire global sur les exécutions, adoptée le 18 décembre 2007.

À New York, les représentants du Nigéria ont affirmé qu’aucune exécution n’avait eu lieu «ces dernières années» et ont déclaré qu’ «un moratoire sur la peine de mort ne devrait être imposé par aucun groupe d’États».

Or, des informations récentes indiquent que des exécutions ont eu lieu dans les prisons de Enugu, Jos et Kaduna, ces deux dernières années.

Amnesty International a répertorié sept cas d’exécutions par pendaison depuis 2006.

Tous les ordres d’exécution ont été signés par le gouverneur actuel de l’État de Kano, Malam Ibrahim Shekarau.

Il est donc urgent qu’un moratoire soit adopté par le Nigéria pour empêcher d’autres exécutions dans le pays qui détient environ 700 prisonniers dans le couloir de la mort.


Dessin réalisé par Arthur Judah Angel, ancien détenu, montrant l'installation pour les pendaisons
Dessin réalisé par Arthur Judah Angel, ancien détenu des couloirs de la mort de la prison Enugu, Nigéria ; montrant l'installation pour les pendaisons
Un moratoire serait conforme aux recommandations faites cette année au Nigéria par la Commission présidentielle sur la réforme de l’administration de la justice  (1) , ainsi qu’à celles formulées en 2004 par le Groupe national d’étude (2) sur la peine de mort .

Cela se conformerait aussi aux résolutions tant de l’Union africaine (3) que des Nations unies (4) , qui avaient également appelé à un moratoire.






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En savoir plus EN SAVOIR PLUS

 

"Le Nigéria trompe la communauté internationale en matière d'exécutions"  communiqué de presse du 17 décembre 2007  sur notre site international

 

 


Un détenu du couloir de la mort passe son temps à tisser sans fin un cordage de nylon
Dessin réalisé par l'ancien détenu Arthur Judah Angel, et montrant la vie quotidienne dans le couloir de la mort, prison Enugu, Nigéria. Un détenu du couloir de la mort passe son temps à tisser sans fin un cordage de nylon. Peter Ode sera exécuté par un peloton d'exécution le 2 août 1994.

NOTES complémentaires :

(1) En février 2007 la commission présidentielle de réforme de l’administration de la justice a tenu une réunion dont l’objectif était de revoir le statut de plusieurs catégories de détenus dans les prisons nigérianes, y compris des détenus qui ont passé plus de dix ans dans les couloirs de la mort. Elle a fait les recommandations suivantes :

- Les peines des détenus qui ont passé entre dix et 15 ans dans les couloirs de la mort devraient être commuées en peine d’emprisonnement à vie.

- Les détenus qui ont passé plus de 15 ans dans les couloirs de la mort devraient être libérés

- les détenus jugés par un tribunal sans avoir le droit de faire appel et qui ont passé plus de dix ans dans les couloirs de la mort devraient être libérés.




2)  Rapport rédigé par le Groupe national d’étude sur la peine de mort (Le Groupe d’étude). Il en ressort les points suivants :

- Le Groupe d’étude recommande au gouvernement fédéral d’adopter un moratoire sur toutes les exécutions jusqu’à ce que le système pénal nigérian garantisse une justice équitable. Selon ce rapport, « un système qui s’arroge le droit d’ôter la vie doit d’abord rendre justice » .

- Le Groupe d’étude recommande également que les condamnations à mort de ceux qui attendent dans les couloirs de la mort soient commuées en peine d’emprisonnement à vie lorsque les appels ont été étudiés ;

- Le rapport souligne que les discussions relatives à l’abolition de la peine de mort sont encore largement dominées par des considérations relatives à la criminalité, à la sûreté et à la sécurité, mais également par des arguments d’ordre religieux.

- Le Groupe d’étude recommande une réforme du système judiciaire nigérian, système dont les lacunes en matière d’efficacité semblent avoir été largement mentionnées dans le rapport.

- Le Groupe d’étude met en évidence les effets discriminants de la peine de mort sur les populations les plus vulnérables, à savoir les femmes et les enfants.

 


(3) Résolution adoptée par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples lors de sa 26ème Session ordinaire en novembre 1999, à Kigali, Rwanda


(4) Résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies lors de sa 62ème Session du 18 décembre