Amnesty International France salue l’avancée concrète de la France, 10 ans après le vote de la résolution par les Nations unies
[25/10/2010]
A la veille du 10ème anniversaire de l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, Amnesty International France (AIF) salue le lancement d’un Plan d’Action National par la France qui sera rendu public demain, mardi 26 octobre.
« Le Plan d’Action de la France constitue une avancée significative », a déclaré Francis Perrin, vice-président d’Amnesty International France. « Nous resterons vigilants quant à sa mise en œuvre effective et assurerons un suivi, grâce aux outils prévus par le Plan d’Action, avec l’ensemble de la société civile ».
AIF se félicite particulièrement de l’engagement de la France à travers les quatre volets du Plan d’Action :
- Protection des femmes contre les violences : la mise en œuvre des protections spécifiques requises dans le cadre de l’assistance aux populations victimes des conflits armés, en particulier les femmes réfugiées et déplacées, et dans les situations post-conflits ;
- Participation des femmes à la gestion des situations de conflits et post-conflits : au niveau local dans les pays affectés et de la part de la France dans les opérations extérieures ;
- Sensibilisation au respect des droits des femmes dans les programmes de formation : intégrer les questions relatives au respect des droits des femmes et à la protection contre toutes les formes de violences dans les formations relatives au maintien de la paix et de la sécurité et à la réforme des systèmes de sécurité ;
- Développement de l’action politique et diplomatique : maintenir un engagement politique et diplomatique fort sur la mise en œuvre de l’agenda « femmes, paix et sécurité », en particulier au sein de l’Union européenne et du Conseil de sécurité.
AIF déplore cependant l’absence de budget dédié et appelle au déploiement des moyens financiers indispensables à la réalisation du Plan d’Action. AIF restera également vigilante au sujet de sa mise en œuvre effective, notamment par le biais des mécanismes de consultation de la société civile et du contrôle parlementaire inscrits dans le Plan.
Adoptée le 31 octobre 2000, la résolution 1325 s’appuie sur le constat que les femmes et les enfants sont les premières victimes des conflits armés et demande que les femmes et les fillettes soient protégées contre toutes les formes de violence, en particulier le viol et les autres sévices sexuels. La résolution engage tous les Etats parties à reconnaître le rôle essentiel des femmes dans les situations de conflit armé, à les intégrer dans les processus de paix et de reconstruction sur un pied d’égalité avec les hommes, mais aussi à poursuivre en justice les responsables présumés de violence à leur égard.
Alors que le rapport des Nations unies sur les violations des droits humains commises en République démocratique du Congo (RDC) entre mars 1993 et juin 2003 a été rendu public il y a quelques semaines, il y a urgence à rappeler l’existence de cette résolution historique et l’importance de la mettre en œuvre. A ce jour, seuls 19 Etats, dont neuf membres de l’Union européenne, ont adopté un Plan d’Action National.
Informations complémentaires
La résolution 1325, relative aux femmes, à la paix et à la sécurité, la première résolution de cette nature, a constitué une étape clé dans la prise en compte spécifique de la situation des femmes en période de conflits armés et de post-conflit. Elle a été complétée et renforcée par les résolutions 1820, 1888 et 1889 du Conseil de sécurité. L’ensemble de ces résolutions contient les engagements des Etats à lutter contre les violences faites aux femmes et notamment les violences sexuelles souvent utilisées comme arme de guerre dans les conflits armés.
Amnesty International est l’une des principales associations en France à plaider depuis des années pour la mise en œuvre de la résolution 1325. L’organisation a ainsi dénoncé à maintes reprises les viols en masse et d'autres violences sexuelles commis notamment en République démocratique du Congo (RDC). Amnesty International a appelé les autorités congolaises et les Nations unies à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que les victimes, les témoins et leur entourage puissent bénéficier immédiatement de soins médicaux et d'une aide psychologique et que les auteurs présumés soient traduits en justice.
Service presse Amnesty International France
Aurélie Chatelard / Laure Delattre 01 53 38 65 77 - 65 41 / 06 76 94 37 05
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