Turquie : les syriens toujours bloqués à la frontière

Réfugiés syriens Turquie 19/9/2015 © Reuters/Osman Orsal
Réfugiés syriens sur une autoroute près d'Edirne, Turquie 19/9/2015 © Reuters/Osman Orsal

[08/02/2016]

LES CIVILS VICTIMES DE L'OFFENSIVE CONJOINTE SYRIENNE ET RUSSE

L'offensive conjointe des forces syriennes et russes fait de nombreuses victimes parmi la population civile.
Tout au long du conflit des attaques illégales généralisées ont été recensées  contre des zones civiles et des centres médicaux, imputables aux forces du gouvernement syrien et, de plus en plus, aux forces russes , qui apportent leur soutien au gouvernement syrien depuis septembre 2015. Il y a également des éléments  attestant de l'utilisation illégale de bombes non guidées dans des zones à forte densité de population et d'armes à sous-munitions, par nature non discriminantes.

DES MILLIERS DE PERSONNES SONT BLOQUÉES À LA FRONTIÈRE

La Turquie, le Liban et la Jordanie ferment fréquemment leurs frontières, tout comme l'Irak, ce qui entrave le passage des réfugiés et les oblige à emprunter des itinéraires dangereux et clandestins, et à faire appel à des passeurs.
Suite à cette nouvelle offensive près de la ville d’Alep, entre 40 000 et 70 000 personnes sont déplacées. Le 5 février, plus de 20 000 attendaient déjà à Bab al Salam, du côté syrien du poste-frontière d'Öncüpýnar, dans la province de Kilis, à la frontière entre la Turquie et la Syrie, actuellement fermée.
Depuis le début du conflit en Syrie, la Turquie a laissé entrer un très grand nombre de personnes – plus de 2,5 millions - fuyant les horreurs de la guerre et la catastrophe humanitaire. Aujourd’hui, elle ne doit pas fermer ses portes à ceux qui ont besoin de se mettre en sécurité.

© ALI ALSHEIKH KHEDR/Amnesty International© ALI ALSHEIKH KHEDR/Amnesty International

LA SÉCURITÉ DES RÉFUGIÉS : UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE

Mais la protection des réfugiés ne relève pas seulement de la responsabilité des pays limitrophes.
Malgré les promesses d'aide  faites par la communauté internationale le 4 février, la réponse globale à la crise en Syrie s'avère insuffisante et les organismes ont dû restreindre l'aide fournie à ceux qui en ont besoin.
En outre, les promesses de réinstallation, par lesquelles un État propose une résidence et de l'aide aux réfugiés qui fuient leurs pays d'origine, ainsi que les itinéraires sûrs et légaux pour se mettre en sécurité, demeurent trop rares.

Sur le même sujet : Campagne pour l'accueil des réfugiés de Syrie 

La vie de ces réfugiés est en jeu et chacun doit jouer sa part.