Stop the deal : retour sur 8 jours d’action

Stop the deal : retour sur 8 jours d’action

[21/03/2016]

Un bruit qui court depuis plusieurs semaines

Avec notre travail de veille régulière dans les principales capitales européennes, nous sommes en alerte sur une proposition circulant entre les Etats: transformer la Turquie en « pays sûr » pour les réfugiés afin de pouvoir les y renvoyer depuis la Grèce.

Nous commençons à informer les ministères, les ministres, les chefs d’Etat ainsi que les parlementaires des dangers de cette option pour les réfugiés et de l’impossibilité juridique de mettre en place cet accord.

Lire aussi : Grèce, des milliers de réfugiés à la merci des dirigeants européens 

7 mars 2016 : « un cap franchi »

Ce jour-là restera dans nos mémoires comme la date où l’Union européenne est allée trop loin.

François Hollande salue quant à lui « un acte très important [de la Turquie] de réadmettre les réfugiés et les migrants qui ont quitté de façon irrégulière la Turquie vers la Grèce ».

Début de notre levée de bouclier

Immédiatement, nous dénonçons les termes de cet accord et ses conséquences pour les réfugiés, leur sécurité et leur protection.

Notre travail de longue haleine sur les conditions de vie des réfugiés en Turquie et sur l’accès à l’asile en Grèce nous donne de bons arguments pour contredire cette proposition terrible de l’UE.

Des contacts sont pris alors avec les autorités françaises pour influer sur leur position.

Une mobilisation française et européenne : #StopTheDeal

La France prête à signer un accord terrible pour les réfugiés. http://bit.ly/1XqgpcL

Posté par Amnesty International France sur lundi 14 mars 2016

Le vendredi 11 mars, nous lançons un appel à François Hollande : stop the deal. Cet accord UE Turquie est honteux. La France ne doit pas le signer.

Un appel semblable est lancé partout en Europe à l’attention des chefs d’Etat et de Gouvernement.

Relayé dans Le Monde, cet appel recueille en une journée plus de 20.000 de vos soutiens. 

Sur les réseaux sociaux, les interpellations et les appels à action en plusieurs langues sont lancés partout en Europe.

Pendant ce temps, des analyses plus techniques sont adressées aux autorités françaises par nos équipes d’experts sur le sujet. Des contacts ont lieu.

Ça bouge un peu ?

Samedi 12 mars : lors d’une conférence de presse à l’Elysée, François Hollande indique au sujet de l’accord UE-Turquie qu’il « ne doit y avoir aucune concession en matière de droit de l'homme ».

Mardi 15 mars : la barre des 30.000 soutiens à notre appel est franchie 

Mercredi 16 mars : la Commission européenne livre à 12h00 son analyse juridique de l’accord. Elle explique de quelle manière ce projet doit être mis en œuvre.

Le fond de l’accord n’a en réalité pas changé. Ces procédures cache-misère ne permettront pas de faire écran à la mauvaise conscience de l’Europe si un nombre élevé de réfugiés commencent à être renvoyés dès maintenant. (...) Proposer des places de réinstallation en fonction du nombre de personnes prêtes à risquer leur vie est une faute. L’UE doit organiser une réinstallation des réfugiés à grande échelle depuis la Turquie, et non pas attendre que cette dernière respecte les normes de protection internationales ni affirmer avec cynisme que c’est déjà le cas. 

Jeudi 17 mars : le cap des 35.000 soutiens en France est franchi, nous publions un appel à François Hollande dans Le Monde que lui remettons accompagné de vos signatures.

En quelques jours, ce sont plus de 150.000 personnes qui ont réagi, comme vous, dans toute l’Europe à notre appel.

Lire aussi : pourquoi la France ne doit pas signer l'accord entre l'UE et la Turquie (Tribune sur le Huffington Post)

François Hollande indique en marge de la réunion du Conseil européen que la conclusion de cet accord « […] doit se faire dans le respect du droit, du droit d’asile, du droit en général ».

Etape 6 : Jour de honte pour l’UE

Vendredi 18 mars : les dirigeants européens annoncent avoir conclu l’accord négocié avec la Turquie. 

Ils mettent en avant la garantie d’un examen individuel des situations de chaque personne, réfugiée ou migrante, avant son renvoi en Turquie.

Ce vernis de légalité que les dirigeants se sont empressés de rajouter après avoir été sévèrement critiqués ne masque pas la réalité de l’Accord et la gravité de ce choix pour les réfugiés.

Nous dénonçons ce double langage des dirigeants européens : tout renvoi effectué depuis la Grèce sera illégal en plus d’être immoral.