La Russie projette de renvoyer des réfugiés syriens en zone de guerre

Bombardement russe à Maaret al-Air uman, Syrie 12/01/2016 © Khalil Ashawi/REUTER
Bombardement russe à Maaret al-Air uman, Syrie 12/01/2016 © Khalil Ashawi/REUTERS

[26/02/2016]

La Russie viole le droit international en cherchant à expulser trois réfugiés syriens arrêtés au Daghestan après avoir sollicité l'asile dans le pays.

Les trois hommes doivent être renvoyés par avion à Damas jeudi 25 février, alors que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a demandé à la Russie de ne pas les expulser vers un pays en guerre.

Les autorités russes prétendent que des personnes peuvent être renvoyées en Syrie en toute sécurité, lors même que la Russie prend part aux hostilités et ignore la crise des réfugiés que connaît le pays.

MANQUE DE CONSIDÉRATION POUR LE DROIT DES RÉFUGIÉS

La démarche visant à expulser ces trois hommes, en violation du droit international relatif aux droits humains et du droit relatif aux réfugiés, illustre une nouvelle fois le manque de considération dont fait preuve la Russie à l'égard des personnes ayant besoin d'une protection internationale.

En 2015, pas un seul Syrien n'a obtenu le statut de réfugié en Russie, et 482 personnes seulement ont obtenu l'asile temporaire.

Le ministère russe de la Défense nie que des civils sont tués dans le cadre des frappes aériennes qu'il mène en Syrie, et prévoit de renvoyer sciemment des réfugiés dans un pays où ils risquent d'être victimes de graves atteintes aux droits humains.

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Les trois Syriens, Zakari Barri Abdalmuzma, Drubi Khaisam et Wafan Sadakh Edlin, ont été conduits à Moscou depuis le centre de détention provisoire pour étrangers de Makhachkala, au Daghestan, le 24 février.

Le HCR a demandé la suspension des expulsions, tandis que la Cour européenne des droits de l'homme est intervenue et a enjoint aux autorités russes de ne pas expulser Zakari Barri Abdalmuzma.

Le ministère russe de la Défense nie que des civils sont tués dans le cadre des frappes aériennes qu'il mène en Syrie, et prévoit de renvoyer sciemment des réfugiés dans un pays où ils risquent d'être victimes de graves atteintes aux droits humains.

Camp de réfugiés syriensCamp de réfugiés syriens

LA RUSSIE DOIT STOPPER LES EXPULSIONS ET RESPECTER SES OBLIGATIONS INTERNATIONALES

Les autorités russes doivent stopper cette expulsion et protéger les réfugiés, conformément à leurs obligations internationales, en accordant l'asile à ces trois hommes, ainsi qu'à d'autres réfugiés venus de Syrie.

Deux autres Syriens sont détenus au centre de détention pour étrangers de Makhachkala. L'un d'entre eux, Kuro Sabri, originaire d'Alep, a vu ses demandes d'asile systématiquement rejetées depuis son arrestation il y a un an aujourd'hui.

Installé en Russie depuis 2011, Kuro Sabri a eu un enfant avec son épouse russe. Toutefois, cela n'influe aucunement sur la position des autorités russes. Jusqu'à présent, seule l'intervention de la Cour européenne des droits de l'homme a empêché son renvoi en Syrie.

Par ailleurs, le Service fédéral des migrations tente de refuser l'asile à un autre réfugié, Shava Mohamed, originaire d'Alep, au mépris du jugement rendu par un tribunal russe. D'après le Service fédéral des migrations, il n'y a pas de combats dans la ville et seuls les Kurdes, les Arméniens ou les Circassiens ont besoin de protection.

Amnesty International a recueilli des informations sur les violents combats qui font rage à Alep et ont amené des dizaines de milliers de personnes à quitter leur foyer au mois de février.