RDC : les militants du mouvement citoyen LUCHA condamnés après une parodie de procès

Serge Sivya © AIF
Serge Sivya © AIF

[25/02/2016]

Les 6 militants, tous étudiants, ont été condamnés à deux ans de prison pour « tentative d'incitation à la révolte ». Etonnant pour un mouvement qui a fait de la non-violence son credo et d'une gouvernance démocratique son combat ! 

Serge Sivyavugha, Justin Kambale Mutsongo, Rebecca Kavugho, Melka Kamundu, John Anipenda et Ghislain Muhiwa ont été arrêtés le 16 février 2016 vers 4h du matin par la police, alors qu'ils préparaient l'organisation d'une journée #villemorte, pour exiger que les élections présidentielles prévues en novembre 2016 se tiennent dans les délais fixés par la Constitution. 

Détenus au secret, ils ont été dans un premier temps accusés de possession d'armes blanches par les autorités. En fait, il s'est avéré lors du procès que ces armes avaient été récupérées par la police dans une autre descente : une grossière tentative de falsification de preuves en somme. 

Au tribunal, l'accusation a alors décidé de concentrer ses attaques sur les messages des banderoles préparés par les militants de la LUCHA. 

Texte ayant valu l'arrestation des membres de la Lucha © LUCHA RDCTexte ayant valu l'arrestation des membres de la Lucha © LUCHA RDC

 

C'est exclusivement sur cette base que les 6 militants ont été condamnés à deux ans de prison. 

Cette condamnation inique a été prononcée le jour même de la visite du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon dans le pays. 

Celui-ci a rencontré des membres de la LUCHA. Immédiatement après le verdict, le bureau des droits de l'homme a immédiatement dénoncé l'instrumentalisation de la justice congolaise. 

Sur Twitter, le bureau des droits de l'Homme de l'ONU en RDC, a déclaré: 

Ce verdict démontre l'instrumentalisation du système judiciaire pour réprimer les droits constitutionnels."

DEUX AUTRES MILITANTS DE LA LUCHA ENLEVÉS ET INCULPÉS

A Kinshasa, la capitale, trois jeunes, dont deux autres membres de la LUCHA, ont été arrêtés le 16 février à l'aube et détenus au secret pendant plusieurs jours. Bienvenu Matumo, Marc Héritier Capitaine et Victor Tesongo, qui aidait les deux militants à la préparation de tracts en vue de la journée ville morte, ont finalement été emmenés le 19 février au bureau du procureur. Ils ont été inculpés de « propagation de rumeurs », « incitation à la désobéissance » et « atteinte à la sécurité nationale ». 

Ils ont finalement été transférés à la prison centrale de Makala, là même où sont emprisonnés Fred Bauma et Yves Makwambala, deux autres activistes de mouvements de jeunesse citoyens.  

Lire aussi : Deux jeunes militants risquent le peine de mort

Tous sont des prisonniers d'opinion, qui doivent êtres libérés immédiatement et sans condition. 

Appelez les autorités congolaises à libérer tous les militants emprisonnés de la Lucha sans délai

Envoyez un message aux autorités

Sur les comptes twitter du : 

premier ministre, Mapon Matata,

 

du Ministre de la justice, 

 

  de l'ambassadeur de RDC en France