Soudan : condamnation à mort d’une femme enceinte en raison de sa religion

Une soudanaise chrétienne vient d’être condamnée à mort © AI
Une soudanaise chrétienne vient d’être condamnée à mort © AI

[16/05/2014]

Meriam Yehya Ibrahim, enceinte de huit mois, est actuellement maintenue en détention avec son fils de 20 mois. Le verdict a été rendu jeudi 15 mai, dans la matinée, après que cette femme eut refusé de renier sa religion. 

Condamner une femme à mort en raison de ses convictions religieuses et à la flagellation parce qu’elle a épousé un homme d’une religion présumée différente est consternant et odieux. L’« adultère » et l’« apostasie » sont des actes qui ne devraient même pas être érigés en infraction. C’est une violation flagrante du droit international relatif aux droits humains »

Manar Idriss

Chercheuse d’Amnesty International sur le Soudan.

Prisonnière d’opinion

Amnesty International considère Meriam comme une prisonnière d’opinion, déclarée coupable en raison uniquement de ses convictions et de son identité religieuse. Nous appelons à sa remise en liberté immédiate et sans condition. Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, qui implique le droit d’avoir des convictions, est très vaste : il incorpore la liberté d’opinion sur tous les sujets, de conviction personnelle et d’adoption d’une religion ou d’une croyance. 

La peine de mort au Soudan

Au moins 21 exécutions ont eu lieu au Soudan en 2013. Vingt-neuf condamnations à mort ont été signalées,

mais on estime que le nombre réel est supérieur à 100. Les autorités soudanaises continuent de recourir à la peine de mort pour réprimer les activités des opposants, réels ou supposés, de groupes politiques d’opposition.

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