Japon : deux condamnés ont été pendus

Japon : deux condamnés ont été pendus

[29/03/2016]

Ces pendaisons sont les premières au Japon depuis le début de l'année 2016, et portent à 16 le nombre total d'exécutions sous le gouvernement actuel du Premier ministre Shinzo Abe.

UN PAYS ENCORE FAVORABLE A LA PEINE DE MORT

Le Japon fait partie de la petite minorité, décroissante, de pays du globe qui continuent d'exécuter des condamnés

Le gouvernement japonais maintient que l'opinion publique est favorable à l'usage de la peine capitale, et que ce châtiment a un effet dissuasif sur les crimes graves.

Ces exécutions témoignent du manque de leadership du Premier ministre Shinzo Abe qui ne souhaite pas prendre de décision alors que le Japon aurait dû depuis longtemps abolir ce châtiment cruel et inhumain.

En raison de la volonté des autorités de maintenir les exécutions, le Japon est déphasé par rapport à la majorité des pays du globe, car un nombre croissant de pays renoncent à ce châtiment cruel.

Il n’a jamais été prouvé que la peine de mort ait un effet plus dissuasif sur les crimes violents que les peines d'emprisonnement.

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LES EXÉCUTIONS SONT TENUES SECRÈTES

Au Japon, les exécutions sont entourées de secret, les prisonniers n'étant le plus souvent informés de cette échéance que quelques heures auparavant ; il arrive également qu'ils ne soient pas prévenus du tout. Leurs familles, leurs avocats et la population sont généralement informés de l'exécution après qu'elle a eu lieu.Les exécutions secrètes bafouent les normes internationales relatives au recours à la peine de mort.

Des dizaines de jeunes sont dans les couloirs de la mort en Iran. Non à la peine de mort partout dans le monde. SIGNEZ

Ce point et l'absence de garanties juridiques adéquates pour les condamnés à mort au Japon a été critiqué par de nombreux experts des Nations unies – notamment la privation du droit des accusés à une aide juridique digne de ce nom, et l’absence d’une procédure d’appel obligatoire dans les affaires où ils encourent la peine de mort. Il est par ailleurs établi que plusieurs prisonniers atteints de déficiences mentales et intellectuelles ont été exécutés ou se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.