Guinée équatoriale. Il faut libérer un défenseur des droits humains et un dirigeant de l’opposition

[23/03/2015]

La Guinée équatoriale doit libérer un défenseur des droits humains détenu uniquement pour s’être mobilisé contre l’arrestation illégale du dirigeant de l’opposition Guillermo Nguema et les restrictions imposées à sa liberté de mouvement, ont déclaré Amnesty International et EG Justice vendredi 20 mars 2015.

Luis Nzo a été arrêté le 19 mars dans la capitale Malabo, tandis qu’il distribuait sans violence des tracts et utilisait un mégaphone pour dénoncer l’arrestation du leader de l’opposition Guillermo Nguema et son transfert arbitraire vers Mongomo, à des centaines de kilomètres de la capitale. Guillermo Nguema fait l’objet de restrictions illégales à sa liberté de mouvement et s’est vu menacé de ne pas être autorisé à quitter Mongomo.

« L’arrestation de Luis Nzo et les entraves à la liberté de mouvement de Guillermo Nguema soulignent le manque de respect envers les droits humains qui règne en Guinée équatoriale, a déclaré Marta Colomer Aguilera, chargée de campagne sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Luis Nzo doit être libéré immédiatement et sans condition, et toutes les restrictions imposées à la liberté de mouvement de Guillermo Nguema doivent être levées. Aucune raison légitime ne peut le justifier, nous sommes face à une répression de la dissidence.

Amnesty International et EG Justice ont la preuve que trois policiers ont abordé Luis Nzo alors qu’il distribuait pacifiquement des tracts et lui ont ordonné d’arrêter. Lorsqu’il a refusé, les policiers l’ont roué de coups sur la tête. En sang, il a été jeté dans une voiture de police et conduit au commissariat de Malabo, sans bénéficier de soins médicaux, sans pouvoir consulter un avocat ni entrer en contact avec sa famille. Il est toujours en détention sans inculpation.

Le 17 mars 2015, Guillermo Nguema, dirigeant du parti d’opposition Force démocrate républicaine (FDR), a été arrêté chez lui à Malabo par le directeur de la sécurité nationale, qui n’a pas présenté de mandat judiciaire. Il a été conduit au poste de police, avant d’être emmené à l’aéroport, où il a été mis dans un avion et envoyé à Mongomo, et ce sans aucun fondement légal.

À son arrivée à Mongomo, le gouverneur lui a dit qu’il avait été envoyé là parce que les autorités considèrent qu’il « intoxique » les jeunes gens contre le gouvernement. Il aurait déclaré publiquement qu’il ne pouvait pas quitter le village sans la permission des autorités locales. Cette mesure s’apparente à une restriction illégale de son droit à la liberté de mouvement dans le pays, droit garanti par les textes internationaux.

Les défenseurs des droits humains et les détracteurs du régime en Guinée équatoriale sont continuellement arrêtés de manière arbitraire et intimidés en raison de leur travail. Aucune enquête digne de ce nom n’a été menée sur ces allégations et l’impunité demeure totale. »

« La Guinée équatoriale doit mettre fin au harcèlement, à l’intimidation, aux arrestations et aux agressions physiques ciblant ses détracteurs pour des motifs politiques, à l’approche de l’élection présidentielle. Le gouvernement doit garantir le respect des procédures légales, inscrites dans la Constitution et le droit international relatif aux droits humains », a déclaré Tutu Alicante, directeur exécutif d’EG Justice. 

 

20 mars 2015