Japon : une chambre d’exécution ouverte aux médias
[27/08/2010]
27 août 2010 - Le centre de détention de Tokyo (Japon) a ouvert les portes de sa chambre d’exécution aux médias pour la première fois, fin août 2010.
Le 28 juillet 2010, la ministre de la Justice japonaise Keiko Chiba a été témoin de deux exécutions dans le centre de détention de Tokyo.
Subséquemment, le 27 août, elle a décidé d’autoriser une vingtaine de journalistes à pénétrer dans la chambre d’exécution de cette prison de la Capitale de l’Est (île de Honshu).
La mort organisée
Dans cet État insulaire d’Asie orientale, les condamnés à mort sont informés de leur exécution le jour-même et pendu très rapidement après.
D’après ce que les journalistes ont pu voir dans le centre de détention de Tokyo, la chambre d’exécution comporte plusieurs pièces :
- une entrée où les détenus sont informés officiellement de l’exécution de leur sentence et où ils peuvent avoir un ultime entretien avec un aumônier ;
- une salle de prière où les détenus qui le souhaitent peuvent recevoir leurs derniers sacrements ;
- une pièce où se trouvent trois boutons-poussoirs fixés au mur, pressés simultanément par trois gardes qui ignorent lequel commande l’ouverture de la trappe ;
- une salle contiguë à la salle d’exécution, séparée par une baie vitrée où se tiennent le gardien-chef et les procureurs pour confirmer que l’exécution a été effectuée ;
- enfin, la salle d’exécution avec, au sol, un carré rouge marquant l’emplacement de la trappe. Celle-ci s’ouvre sous les pieds du supplicié, dont les mains sont menottées et les yeux bandés, et, au plafond, un anneau pour la corde.
Conformément aux ordres du ministre de la Justice, les journalistes n’étaient pas autorisés à accéder à la pièce située sous la chambre d’exécution - celle où tombe le corps du prisonnier une fois la trappe ouverte.
À l’heure actuelle, au Japon, 107 prisonniers sont sous le coup d’une condamnation à mort.
Amnesty International (AI) appelle le gouvernement du Japon à commuer immédiatement toutes les condamnations à mort et à instaurer un moratoire officiel sur les exécutions.
Ce qui constituerait une première étape en vue de l’abolition de la peine capitale.












