Japon : le ministre de la justice ne doit pas céder aux pressions en ce qui concerne la peine de mort

Cente de détention à Tokyo où ont lieu des exécutions (c) AI
Cente de détention à Tokyo où ont lieu des exécutions (c) AI

[01/12/2011]

Treize membres de la secte Aum Shirikyo, reconnus coupables d’une attaque au gaz dans le métro de Tokyo en 1995, risquent d’être exécutés sous peu. Le ministre de la justice subit des pressions exercées par les autres membres du gouvernement pour procéder à des mises à mort avant 2012. Les membres de la secte et tous les autres condamnés à mort risquent d’être exécutés bientôt.

Le 21 novembre 2011 a été rendue la sentence de Seiichi Endo, dernier des membres de la secte Aum Shinrikyo. Généralement l’exécution de condamnés à mort est repoussée tant que les poursuites engagées à l’encontre de complices sont en cours. La fin du procès de Seiichi Endo signifie que les autres membres de la secte ayant été jugés et condamnés à mort risquent maintenant d’être exécutés. Ces personnes ont été reconnues coupables de leurs rôles respectifs dans l’organisation et la mise ne œuvre d’une attaque au gaz. .

Le dirigeant de la secte, Chizuo Matsumoto (surnommé Shoko Asahara), condamné à mort en 2006, réclame un nouveau procès. On pense qu’il souffre de troubles mentaux. Lors de son procès en appel en 2004, ses avocats avaient demandé une évaluation psychiatrique. Six psychiatres avaient établi que sa santé mentale s’était dégradée depuis qu’il était en prison. La Cour d’appel de Tokyo a ignoré ces conclusions, déclarant que Chizuo Matsumoto feignait d’être malade. Il n’existe aucune garantie pouvant empêcher une exécution d’avoir lieu à tout moment après qu’une sentence a été prononcée, y compris lorsqu’une demande de nouveau procès est en cours.

En octobre 2011, le ministre de la Justice Hideo Hiraoka a déclaré qu’il examinerait chaque cas de condamné à mort individuellement, alors qu’un mois plus tôt il avait affirmé qu’il n’approuverait aucune exécution.  Il subit de fortes pressions du gouvernement pour procéder à des exécutions avant 2012.

Le Japon a exécuté des condamnés tous les ans pendant les 19 dernières années.  Les condamnés sont mis à mort par pendaison, généralement dans le plus grand secret. Dans la plupart des cas, ils ne sont informés de leur exécution que quelques heures auparavant ; il arrive qu’ils ne soient pas prévenus du tout, si bien que ceux qui ont épuisés leurs voies de recours passent toute la durée de leur détention dans le quartier des condamnés à mort en sachant qu’ils peuvent être exécutés d’un moment à l’autre. En général, les familles ne sont averties qu’après l’exécution.

A l’heure actuelle, on estime que plus de 220 prisonniers sont sous le coup d’une condamnation à mort au Japon.