Iran : la vie de Sakineh Mohammadi Ashtiani est toujours en suspens

Iran Manifestation pour Sakineh en Suisse © Susanne Keller
Manifestation pour Sakineh en Suisse © Susanne Keller

[13/07/2011]

Un an après que son sort ait été connu de l’opinion publique, la vie de cette femme est toujours en danger. Condamnée à mort par lapidation en 2006 pour "adultère en étant mariée", elle s’est également vu infliger la peine de 10 ans d’emprisonnement pour son implication dans le meurtre de son mari.

Selon son avocat, Javid Houtan Kiyan, cette peine a été ramenée à cinq ans pour complicité de meurtre. Sakineh Mohammadi Ashtiani est toujours incarcérée à Tabriz. Dans une lettre du 8 juillet 2011 adressée à Amnesty International Espagne, les autorités iraniennes ont réaffirmé qu'elle était condamnée à mort par lapidation, d’une part, et à 10 ans d’emprisonnement pour meurtre, d’autre part.

Javid Houtan Kiyan, ayant été arrêté en octobre 2010, Sakineh Mohammadi Ashtiani se trouve maintenant sans représentation juridique. Son fils, Sajjad Qaderzadeh, et deux journalistes allemands arrêtés en même temps que l’avocat, ont été depuis remis en liberté ; on croit toutefois savoir que Sajjad Qaderzadeh a fait l'objet de pressions de la part des autorités visant à le faire taire et à l'empêcher de mener campagne en faveur de sa mère.

Au début de l’année 2011, une lettre émanant semble-t-il de son avocat a été diffusée. Il affirmait avoir subi des tortures en détention.  Si, comme tout semble l’indiquer, il est détenu uniquement en raison de l’exercice pacifique de son droit à la liberté d’expression, en particulier pour le travail mené  en tant qu’avocat de Sakineh Mohammadi Ashtiani, il doit être remis en liberté immédiatement et sans condition.

Amnesty International continue de demander aux autorités iraniennes de ne pas planifier l’exécution de Sakineh Mohammadi Ashtiani ; elle réclame également l’annulation de sa condamnation.

La mort par lapidation est une violation de l’article 6 [droit à la vie] et de l’article 7 [interdiction de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants] du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l‘Iran est partie.

 

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