Egypte : premières déclarations du blogueur égyptien Maikel Nabil après sa libération

Egypte : Maikel Nabil remercie Amnesty International © Private
Egypte : Maikel Nabil remercie Amnesty International © Private

[09/02/2012]

Amnesty International a rencontré le blogueur égyptien Maikel Nabil Sanad, suite à sa libération fin janvier. Il a remercié les membres d’Amnesty International pour leur soutien et leurs actes de solidarité tout au long de son incarcération.

Le 3 février, Amnesty International a rencontré le bloggueur égyptien Maikel Nabil Sanad, suite à sa libération. Il a déclaré :

"Je peux dire que cela faisait dix mois que je rêvais du jour où je serais à nouveau aux côtés de mes amis place Tahrir. Je ne peux pas remercier le SCAF de m’avoir libéré car le fait de m’incarcérer était une erreur, je n’aurais jamais dû être emprisonné. Je suis heureux de retrouver mes amis et de continuer à faire la révolution contre la dictature en Égypte. C’est le début d’une nouvelle ère, à une autre échelle, du combat pour nos droits en Égypte. "

Maikel Nabil a également remercié les membres d’Amnesty International pour leur soutien et leurs actes de solidarité tout au long de son incarcération :

Je suis très reconnaissant à Amnesty International qui a tant fait pour obtenir ma libération. Je veux qu’ils sachent que j’ai reçu des centaines de lettres de membres d’Amnesty International du monde entier et ces lettres m’ont aidé à trouver encore plus de force pour me battre et à poursuivre mon combat contre le conseil militaire en Égypte. Voici mon message pour vous tous : Vous m’avez aidé à arriver jusqu’à ce jour, vous m’avez aidé à me sentir mieux, je vous remercie.

Après avoir été appréhendé à son domicile, au Caire, le 28 mars, le blogueur Maikel Nabil a été condamné le 10 avril par un tribunal militaire à trois ans de prison pour avoir critiqué le recours de l’armée égyptienne à la force face aux manifestants sur la place Tahrir et parlé de son objection au service militaire.

Il a entamé une grève de la faim en août et n’ingérait plus que des liquides, ce qui lui a fait perdre beaucoup de poids ; les autorités pénitentiaires ont alors refusé de lui fournir les médicaments dont il a besoin pour ses problèmes cardiaques.

Demandez au Conseil suprême des forces armées (CSFA) de mettre un terme aux procès militaires de civilsSIGNEZ

Durant le procès, le tribunal militaire a cependant refusé de le remettre en liberté, même provisoirement, pour qu’il puisse recevoir des soins médicaux.

En décembre, il a été condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement à l’issue d’un nouveau procès. Tout au long de son procès, les autorités égyptiennes ont fait preuve d'un total mépris envers ses droits. Il semble qu’elles aient parfois joué avec sa vie, en laissant son état de santé se dégrader à un point tel que beaucoup craignaient pour sa vie.

Le 21 janvier, le Conseil suprême des forces armées a annoncé qu’il serait gracié, tout comme près de 2 000 autres prisonniers condamnés par des tribunaux militaires.

Sa vie a été gâchée pendant 10 longs mois. Maikel Nabil n’aurait jamais dû être arrêté. Il convient d’effacer les condamnations inscrites sur son casier judiciaire et de lui accorder des réparations pour ce calvaire.

Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

En août, le Conseil suprême a reconnu que près de 12 000 civils dans le pays avaient comparu devant des tribunaux militaires, et ce dans le cadre de procès manifestement iniques. Au moins 13 d’entre eux ont été condamnés à mort.

Amnesty International estime que ce type de procédure viole les obligations fondamentales de respect de la légalité et d’équité des procès.

Il est choquant de constater que sous l’autorité du Conseil suprême des forces armées les tribunaux militaires ont jugé plus de civils en un an que sous les 30 années du régime de Hosni Moubarak .