Tentatives pour limiter la portée du TCA et mettre ainsi des vies en péril

Chine, Russie, Etats-Unis contre des garanties fortes ©Alexey Kunilov/Demotix
Chine, Russie, Etats-Unis contre des garanties fortes ©Alexey Kunilov/Demotix

[20/02/2012]

Les dirigeants cherchant actuellement à opposer un véto au traité sur le commerce des armes (TCA) doivent cesser de jouer avec des millions de vies innocentes. 

Cet appel fait suite à une semaine de réunions aux Nations unies, durant lesquelles ont été finalisés certains détails concernant les négociations finales relatives au TCA, qui auront lieu en juillet 2012.

Plusieurs gouvernements, dont ceux de l’Égypte, de l’Iran, du Pakistan et de la Syrie essaient en effet de bloquer quelque accord que ce soit. D’autres essaient d'édulcorer les garanties figurant dans le traité qui sont susceptibles de protéger les droits humains.

Or ces discussions sont une occasion historique de parvenir à un accord international qui permette d’empêcher que des armes soient envoyées là où il existe un risque élevé qu’elles ne soient utilisées contre des civils. Cet accord pourrait sauver des vies et protéger les droits humains.

Des atteintes graves aux droits humains ont été perpétrées dans le monde entier à l’aide d’un vaste éventail d’armes. C’est ainsi que des millions de personnes, dans des pays aussi divers que le Mexique, le Pakistan, la République démocratique du Congo, le Soudan et la Syrie, ont été tuées, blessées, violées et forcées à fuir leur domicile.

Les attentes des ONG :

• Suspension de tout transfert d’armes lorsqu’il existe un risque important que les armes en question soient utilisées pour commettre ou favoriser des violations graves des droits humains,
• Application du traité à toutes les armes classiques, les munitions et les équipements de maintien de l’ordre et de police,
• Obligation de sa mise en œuvre pour tous les États.

Plusieurs États, parmi lesquels la Chine, les Etats-Unis et la Russie s’opposent à l’inclusion de garanties fortes en matière de droits humains. Ceux qui sont généralement en faveur de telles garanties, comme le Royaume-Uni, n’ont pas encore donné l’assurance qu’ils réclameront leur ajout à l’accord final.

Mais le "printemps arabe" et son cortège de violations des droits humains perpétrées par les régimes contestés à l’appui d’armes importées de l’étranger ont mis en relief l’urgence et la nécessité  de créer un traité mondial efficace sur le commerce des armes.

Amnesty International a récemment révélé que les Etats-Unis, la Russie et plusieurs pays européens ont fourni de très nombreuses armes à des gouvernements répressifs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avant les soulèvements de l’an dernier et de cette année, tout en sachant qu’il existait un risque considérable que ces armes soient utilisées pour commettre de graves violations des droits humains.
La semaine dernière à peine, Amnesty International a expliqué comment des armes russes et chinoises fournies au Soudan alimentaient la violence continuant à faire rage au Darfour.

Amnesty International est, depuis plus de dix ans, en première ligne de la campagne menée en faveur d’un traité for sur le commerce des armes.

Elle est l’une des organisations de la société civile ayant lancé la campagne Contrôlez les armes en 2003. Trois ans plus tard aux Nations unies, 153 gouvernements se sont finalement prononcés en faveur de l’élaboration d’un traité mondial sur le commerce des armes. Les négociations de juillet constitueront le stade final d’une campagne longue d’une décennie.

 

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