Tchad : ouvrez une enquête sur la disparition forcée d'Ibni Oumar Mahamat Saleh
[03/02/2012]
Ibni Oumar Mahamat Saleh, dirigeant d’une formation politique d’opposition, le Parti pour les libertés et le développement, a été appréhendé le 3 février 2008 à son domicile de N’Djamena, la capitale, par des membres des forces de sécurité tchadiennes. Son arrestation et celle de trois autres hommes a eu lieu lors d’une offensive de deux jours menée par des groupes armés de l’opposition sur la capitale tchadienne, N’Djamena, début février 2008.
Sa biographie plus complète dans notre article : "Tchad : où est Ibni Oumar Mahamat Saleh depuis 4 ans ?"
D’intenses conflits ont fait rage en plusieurs endroits de la capitale les 2 et 3 février, avant que les forces du gouvernement ne reprennent le contrôle. Des centaines de civils ont été tués ou blessés et beaucoup d’autres ont été victimes d'arrestations arbitraires, d’actes de torture et de disparitions forcées. Ces attaques sont survenues alors que la tension avec le Soudan voisin était de plus en plus marquée. Chaque gouvernement accusait l’autre de soutenir des groupes armés de son opposition et de leur fournir une base sur son territoire. La ville a subi de nombreuses attaques aériennes menées par des hélicoptères militaires.
Le 27 février 2008, le gouvernement tchadien a annoncé la création d’une commission d’enquête ayant pour but d’examiner les atteintes aux droits humains commises lors de l’offensive de N’Djamena, notamment le sort subi par Ibni Oumar Mahamat Saleh. Malgré les enquêtes et les nombreuses personnes interrogées, à la fin de l’année 2011, on ignorait tout de son sort et de l’endroit où il se trouvait. Amnesty International considère qu’Ibni Oumar Mahamat Saleh a été victime d’une disparition forcée. Ces vingt dernières années, l'organisation a rassemblé des informations sur la disparition de nombreuses personnes emblématiques de l’opposition tchadienne.
En l'absence d'un traité efficace sur le commerce des armes, des atteintes continuelles aux droits humains ont pu être commises au Tchad en raison de la grande disponibilité des armes dans le pays. Un tel instrument doit être adopté en juillet 2012 aux Nations unies.
SIGNEZ LE MESSAGE CI-DESSOUS :
A l'attention de l'Ambassadeur du Tchad en France
Monsieur l’Ambassadeur,
Le 3 février 2008, Ibni Oumar Mahamat Saleh, dirigeant et porte-parole d’une formation politique d’opposition, a été appréhendé à son domicile de N’Djamena par des membres des forces de sécurité tchadiennes. Comme c’est le cas dans plus de vingt autres affaires d’arrestation de hauts responsables de l’armée et de civils tchadiens par les forces de sécurité en avril 2006 et en novembre 2007, sa famille ne l’a pas revu et n’a plus eu aucun contact avec lui depuis lors.
Je prie instamment les autorités tchadiennes :
- de révéler immédiatement ce qu’il est advenu d’Ibni Oumar Mahamat Saleh et des autres victimes de disparition forcée, où se trouvent toutes ces personnes et d’en informer sans délai leurs familles et leurs avocats ;
- d’ouvrir une enquête indépendante et impartiale sur la disparition forcée d’Ibni Oumar Mahamat Saleh et sur les autres cas de disparition survenus en avril 2006 et en novembre 2007, et de traduire en justice les responsables présumés.
Veuillez agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de ma haute considération.












