Sénégal : Khady Bassène, femme de disparu, demande justice pour obtenir la paix

Militant tenant une lanterne allumée de Khady Bassène © Mickael Sawyer pour AI
Militant tenant une lanterne allumée de Khady Bassène © Mickael Sawyer pour AI

[06/03/2012]

Jean Diandy, le mari de Khady Bassène, soupçonné d’appartenir à un mouvement d’opposition armé demandant l’indépendance de la Casamance, a été arrêté par des soldats le 4 août 1999. Suite au témoignage d’un homme qui disait avoir été conduit avec Jean Diandy au centre de détention de Boutoute, Khady s’y est rendue ainsi qu'au poste de police pour chercher son mari. Elle n’a obtenu aucune information. Elle a porté plainte en 1999, mais le tribunal a classé l’affaire le 7 août 2000. Khady Bassène, ignorant cette décision, n’a pu faire appel.

Depuis 13 ans, Khady Bassène attend des nouvelles de son mari, disparu. Depuis 13 ans, elle ne cesse de vouloir obtenir justice contre les forces de sécurité sénégalaises, qui, un jour d’aout 1999, sont venus enlever Jean Diandy.

 
La disparition forcée de Jean Diandy, restée totalement impunie à ce jour, a eu de graves conséquences sur le moral de Khady et de ses enfants, et les a de plus largement précarisés économiquement.

Jean Diandy, le mari de Khady Bassène, a été arrêté par des soldats le 4 août 1999, soupçonné d’appartenir à un mouvement d’opposition armé demandant l’indépendance de la Casamance.

Suite au témoignage d’un homme qui disait avoir été conduit avec Jean Diandy au centre de détention de Boutoute, en Casamance, Khady s’est rendue dans ce camp militaire et au poste de police pour chercher son mari, mais n’a pu obtenir aucune information sur son sort.

Elle a porté plainte en 1999, mais le tribunal a classé l’affaire le 7 août 2000. Malheureusement, Khady Bassène, non informée de cette décision, n’a pu faire appel.

En 2005, elle obtient enfin un certificat de décès de son mari en date du 4 mars 1999 (soit cinq mois avant son arrestation), et ne mentionnant aucune des circonstances entourant sa mort. Elle reçoit depuis la pension de son mari.

Khady Bassène n’a jamais regretté d’avoir déposé plainte bien qu’elle ait subi les critiques de sa famille et de ses amis lui reprochant de leur faire ainsi courir un risque. Aujourd’hui, âgée de 62 ans, elle est en mauvaise santé et a dû reprendre un petit travail pour retrouver un peu d’indépendance financière.

Merci pour votre soutien. J’étais dans une situation difficile, et grâce à votre soutien, je vais beaucoup mieux. Je suis très touchée par le fait de savoir que des personnes vivant si loin du Sénégal se sentent concernées par ma situation. Je n’ai aucune nouvelle de mon mari. Je voudrais que vous continuiez à m’aider à faire pression sur les autorités afin que je connaisse la vérité. C’est une satisfaction de savoir que des gens envoient des courriers aux autorités".

Khadi Bassène

Khady Bassène veut savoir ce qui est arrivé à son mari afin de pouvoir en faire le deuil et obtenir une réparation financière pour sa disparition. Elle pourrait alors être financièrement indépendante et vivre dans la dignité.

Lors d’une rencontre fin novembre 2011 avec des délégués d’Amnesty international, un représentant du ministère de la justice sénégalais s’est engagé à suivre le dossier personnellement : nous devons être vigilants à ce qu’il tienne son engagement, en continuant notre action. Signez et partagez la pétition !

En 2004, le président du Sénégal déclara une amnistie pour toutes les infractions commises lors du conflit de Casamance. Pendant plus de vingt ans, les forces de sécurité sénégalaises ont combattu un mouvement d’opposition armé qui réclamait l’indépendance de la région. La loi d’amnistie a empêché toute procédure pénale contre les coupables de violations massives des droits humains commises pendant les années 1990. Cette politique générale d’impunité sanctionnée officiellement par la loi a laissé des plaies ouvertes parmi le peuple de Casamance.

Merci pour votre soutien. J’étais dans une situation difficile, et grâce à votre soutien, je vais beaucoup mieux. Je suis très touchée par le fait de savoir que des personnes vivant si loin du Sénégal se sentent concernées par ma situation. Je n’ai aucune nouvelle de mon mari. Je voudrais que vous continuiez à m’aider à faire pression sur les autorités afin que je connaisse la vérité. C’est une satisfaction de savoir que des gens envoient des courriers aux autorités".

Khadi Bassène


 Pour en savoir plus

Lire les rapports d’Amnesty International sur le sujet:
Sénégal, terre d’impunité, AI index : AFR 49/001/2010 septembre 2010

Paroles de femmes casamançaises
AI Index: AFR 49/002/2003 4 Décembre 2003