Russie : des militants arrêtés à Sotchi

photo de Maria Alekhina en prison prise par son amie Nadejda Tolokonnikova
photo de Maria Alekhina en prison prise par son amie Nadejda Tolokonnikova

[18/02/2014]

9 militants et journalistes ont été arrêtés à Sotchi le 18 février : parmi eux, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina (Pussy Riot), Semyon Simonov du Centre Mémorial pour les droits humains, des journalistes de Novaïa Gazetta et Radio Free Europe et des militants locaux des droits humains, comme David Hakim. Tous doivent être immédiatement relâchés.


Les deux Pussy Riot ont été arrêtées soit-disant pour avoir volé des objets dans un hôtel. En réalité, d’après elles, leur arrestation visait à prévenir une action vidéo coup de poing qu’elles souhaitaient réaliser. Le projet s’intitutlait “Poutine va vous apprendre à aimer votre mere-patrie” . Elles ont été relâchées quelques heures plus tard.

Dans la Russie de Poutine, les autorités ont transformé les anneaux olympiques – symbole mondial d'espoir et de dépassement de l'esprit humain dans ce qu'il a de meilleur – en menottes pour enchaîner la liberté d'expression. C’est scandaleux. Des arrestations de militants à Sotchi et aux Jeux olympiques sont signalées presque quotidiennement. Le Comité international olympique doit condamner fermement ces neuf arrestations et toutes les autres interpellations de militants survenues à proximité de Sotchi.»

John Dalhuisen
Directeur du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International

Nadia Tolokonnikova affirme avoir été arrêtée trois fois en trois jours.
Le militant des droits humains David Hakin avait aussi été arrêté la veille pour avoir organisé une manifestation solitaire en soutien à Yevgueni Vitchko, prisonnier d’opinion et militant environnementaliste condamné le 12 février 2014 à trois ans de prison.

Ces arrestations se produisent deux jours avant l’anniversaire de la prière punk dans l’Eglise du Christ Sauveur, le 21 février 2012, qui avait valu à trois Pussy Riot d’être condamnées à deux ans de camp de travail.
Le 21 février 2014, 8 manifestants emprisonnés de la place Bolotnaia, dont 6 prisonniers d’opinion, risquent jusqu’à 6 ans d’emprisonnement pour avoir protesté contre la réélection de Vladimir Poutine.

Les gens sont ciblés uniquement parce qu’ils s’expriment pacifiquement. Les autorités russes doivent immédiatement arrêter cette spirale de violations des droits humains autour du village olympique.