Colombie : éradiquez l’impunité, inondez de fax le Président colombien

Colombie : membres de la communauté de paix © Privé

[21/02/2012]

La Communauté de paix de San José de Apartadó, alternative non-violente au conflit qui ravage la Colombie, est plus que jamais la cible d’attaques violentes.Depuis sa création en 1997, plus de 170 proches de la communauté ont été assassinés. Le 4 février 2011, Jesus Emilio Tuberquia était victime d’une tentative d’assassinat. Représentant de la communauté, à l’invitation d’Amnesty International, il avait témoigné en Europe des revendications de la communauté et de leur besoin de protection.

Communauté de paix, une alternative non-violente dans le conflit

Paysans pour la plupart, les membres de la communauté de paix de San José de Apartadó refusent de porter les armes et de fournir des renseignements ou un soutien logistique aux différentes parties au conflit. En retour, ils exigent que ces dernières ne pénètrent pas dans leur communauté et qu'elles respectent leur décision de ne pas participer aux hostilités et de ne collaborer avec aucune d'elles. Leur prise de position leur a valu d'être accusés de subversion par les forces de sécurité et les groupes paramilitaires. Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) accusent également cette communauté de collaborer avec leurs ennemis.

En quelques jours  5 469 faxes sont partis du monde entier vers le président colombien.
1er mars ACTION TERMINEE : un très grand merci de votre participation !

Depuis la création de cette communauté de paix, le 23 mars 1997, plus de 170 personnes ont été tuées ou fait l'objet d'une disparition forcée, tandis que d'autres ont été victimes d'agressions, notamment sexuelles. Beaucoup d'homicides coïncident avec des vagues de menaces adressées à la communauté de paix. Les membres de cette communauté sont donc constamment en danger.
Le 4 février 2012 encore, Jésus Emilio Turberquia, représentant légal de la communauté qui faisait l’objet de menaces depuis des années, était la cible d’une tentative d’assassinat dans les rues d’Apartadó, à quelques centaines de mètres seulement d’un poste de contrôle permanent de la police.


Le massacre du 21 février 2005

Le conflit armé qui sévit en Colombie depuis près d’un demi-siècle, opposant les forces de sécurité et paramilitaires aux guérillas, est une tragédie en matière de droits humains qui a détruit les vies de millions de civils.
Lors de l’une des attaques les plus violentes, le 21 février 2005, huit personnes, dont des enfants, ont été tuées et leurs corps mutilés par des membres de l’armée et des paramilitaires. Dans un premier temps, les forces de sécurité et de hauts fonctionnaires du gouvernement ont accusé les FARC d’être responsables de ce massacre. Mais il a été ensuite prouvé que celui-ci avait été commis par les forces de sécurité et les paramilitaires, comme l’a reconnu un capitaine de l’armée.

Le massacre de 2005 a attiré l’attention de la communauté internationale en raison de sa nature et de son ampleur et les autorités colombiennes ont été contraintes d’agir. Cependant, les mesures prises par l’Etat à la suite de ce massacre sont une exception à la règle et l’histoire de San José de Apartadó reste marquée par l’impunité des auteurs des atteintes aux droits humains. En effet, l’impunité est quasi-totale dans les crimes subis par la communauté.

Aujourd’hui, malgré leur démobilisation officielle, les groupes paramilitaires sont toujours déployés dans la région et menacent la communauté. Ces derniers mois, Amnesty International a recueilli de nombreuses informations indiquant que les paramilitaires sont en train de renforcer leur mainmise. Plusieurs bases paramilitaires regroupent ainsi des centaines de combattants qui imposent leur loi.
Ils installent des postes de contrôle sur les routes, arrêtent, interrogent et notent le nom des gens, confisquent la nourriture et menacent de mort les membres de la communauté et leurs proches.

La Cour interaméricaine des droits de l’homme de l’Organisation des Etats américains (OEA) a ordonné aux autorités colombiennes de prendre les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité des habitants de la communauté de paix. Cependant aucune mesure effective n’a été prise. La sécurité des témoins n’est pas garantie et les enquêtes sont au point mort.