Chine : les pressions américaines sont essentielles pour le dissident Cheng Guancheng

Chen Guancheng et sa famille étaient en résidence surveillée depuis 2010
Chen Guancheng et sa famille étaient retenus en résidence surveillée sans jugement ni inculpation depuis septembre 2010.

[04/05/2012]

Après s’être évadé de son domicile où il était retenu prisonnier, le dissident chinois Cheng Guancheng reste dans une situation extrêmement préoccupante. La promesse faite par les autorités chinoises de lui rendre la liberté est à prendre avec la plus grande prudence alors que l’on craint des représailles à l’encontre de supporters et proches du défenseur des droits humains. 

Après s’être évadé de son domicile où il était retenu prisonnier, le dissident chinois Cheng Guancheng reste dans une situation extrêmement préoccupante. La promesse faite à Chen Guangcheng selon laquelle il pourra mener une vie normale s’il reste en Chine doit être considérée avec une extrême prudence alors que cet homme et sa famille passaient leur première journée ensemble dans un hôpital de Pékin, au milieu de membres des forces de sécurité.

On ne sait pas encore tout ce qui s’est passé après que Cheng Guancheng ait quitté l’ambassade des États-Unis, mais il n’en reste pas moins que la Chine a assuré à des représentants des autorités américaines que Chen Guangcheng pourrait mener une vie normale en Chine en toute sécurité .

Alors même qu’elles faisaient ces promesses, les autorités arrêtaient certains de ses associés, et s’en prennent désormais à ses sympathisants. Tout cela laisse à craindre la mauvaise foi.

D’après certaines sources, les autorités ont encerclé mercredi 2 mai le domicile de Zeng Jinyan, militante et sympathisante de Chen Guangcheng. He Peirong, amie de Chen Guangcheng, serait incarcérée chez elle depuis qu’elle l’a aidé à s’échapper alors qu’il était illégalement assigné à domicile.

Le département d’État américain a confirmé mercredi 2 mai que les autorités chinoises avaient dit à Chen Guangcheng que sa femme et ses enfants seraient renvoyés dans la province du Shandong s’il restait sous la protection diplomatique des États-Unis.
Les conséquences d’un renvoi dans la province du Shandong ne sont pas à prendre à légère car c’est là que Chen Guangcheng et sa famille ont été traités avec brutalité pendant de longs mois. Les informations selon lesquelles ils ont désormais peur et préfèreraient quitter le pays sont donc facilement compréhensibles.

Alors que le Dialogue stratégique et économique entre la Chine et les États-Unis s’ouvrait à Pékin jeudi 3 mai, le gouvernement chinois se doit d’honorer les engagements pris vis-à-vis de Chen Guangcheng, et les États-Unis et les autorités d’autres pays doivent continuer à l’y exhorter au plus haut niveau.

Les représentants des États-Unis doivent tirer parti de l’occasion présentée par le Dialogue stratégique et économique afin de demander avec insistance que les autorités chinoises permettent à Chen Guangcheng de quitter la Chine avec sa famille s'ils le souhaitent toujours.

Mener une " vie normale " c’est notamment pouvoir exercer son droit à la liberté d’expression et d’association. Les autorités chinoises doivent respecter leur engagement en faveur de l’état de droit et protéger pleinement les droits fondamentaux de tous. Elles doivent permettre à Chen Guangcheng et sa famille de fréquenter qui ils souhaitent, de voyager et de quitter le pays lorsqu’ils le désirent.

Les jours qui viennent seront cruciaux. Le bien-être de Chen Guangcheng, de sa famille et de ses sympathisants doivent faire l’objet d’un suivi scrupuleux et de pressions internationales à long terme.