Réfugiés d'Afrique du Nord : la responsabilité de l'UE est engagée

Réfugiés d'Afrique du Nord : la responsabilité de l'UE est engagée

[22/06/2011]

24 juin : les dirigeants européens vont discuter de leur réponse à la crise des réfugiés-migrants en Afrique du Nord, jusqu'ici honteuse aux yeux d'AI. Les Etats doivent se montrer à la hauteur de leurs responsabilités pour protéger les vies des réfugiés.

Le 20 juin 2011, Amnesty International a adressé un courrier au Préisdent du Conseil européen afin de lui rappeler plusieurs exigences auxquelles l'UE doit se conformer.

Une responsabilité : protéger les droits des réfugiés et des migrants et se porter à leur secours lorsque leur vie est en danger.

Les Etats membres doivent se conformer à leurs obligations de recherche et de secours  en Méditerranée et accroîtrent les efforts visant à éviter que davantage de réfugiés et de migrants se noient.

Guerre en Libye : protéger les réfugiés. Maintenez la pression sur le ministre de l’Intérieur Signez

Les ressources disponibles (y compris celles de l'OTAN et de l'agence FRONTEX) doivent être utilisées pour accroître la surveillance aérienne et les opérations de recherche et de sauvetage afin que les navires et les personnes se trouvant à leur bord soient secourus.
Tout navire transportant des migrants doit être, à première vue, considéré comme en situation de risque.

Des solutions : réinstaller les réfugiés en Europe et être solidaire.

Vu l'importance du nombre de réfugiés présents dans la région et les besoins humanitaires découlant de cette crise, les Etats membres devraient prendre les devants en en réinstallant un nombre important. Jusqu'ici, la réponse de l'Union à l'appel du HCR a été décevante : certains Etats membres ont offert d'accueillir 900 personnes au total. On doit, et on peut, en faire plus.

L'article 80 du TFUE prévoit que les États membres peuvent et doivent agir en solidarité les uns avec les autres. Tous les mécanismes sont en place pour aider les États membres qui reçoivent le plus grand nombre d'arrivées au cas où leurs systèmes d'asile seraient soumis à pression. À cet égard, l'engagement récent d'un certain nombre d'États membres de prendre en charge les réfugiés de Malte est à saluer.


Pour l'avenir, changer de cap

L'accès au système d'asile en Europe doit être assuré et le droit à une procédure d'asile équitable doit être garanti à tout moment. Nous demandons aux gouvernements de l'Union de s'abstenir de négocier et d'appliquer tout accord de coopération sur les migrations irrégulières qui conduirait inévitablement à restreindre l'accès à la protection en Europe.

Dans l'ensemble, une vision nouvelle et ambitieuse pour le Sud est nécessaire, sur une base d'égalité. Jusqu'à aujourd'hui, l'Union européenne a constamment mis l'accent sur la prévention des migrations irrégulières en provenance de ces pays. À l'inverse, la coopération avec les pays de la région devrait être fondée sur des incitations significatives visant  à favoriser la mobilité, par exemple des mesures concernant les visas.