Il faut faire pression sur les partis égyptiens afin que la "Révolution du 25 janvier" devienne une réalité

Une femme égyptienne pleure en célébrant la démission du Président Hosni Moubara
Une femme égyptienne pleure en célébrant la démission du Président Hosni Moubarak (c) AP/PA Photo/Tara Todras-Whitehill

[31/10/2011]

Les partis politiques qui se présentent aux élections de novembre ont une lourde responsabilité : le peuple égyptien a le droit d’espérer qu’il verra enfin les changements qui, presque un an après le 25 janvier, semblent encore bien loin de se concrétiser.

Les partis politiques égyptiens doivent mettre en œuvre 10 réformes essentielles en matière de droits humains, afin que la nouvelle Égypte promise par la « Révolution du 25 janvier » puisse voir le jour. À un mois du scrutin parlementaire, Amnesty International invite tous les candidats aux élections en Égypte à signer un « manifeste » afin de montrer qu’ils sont déterminés à mettre en place une véritable réforme sur le terrain des droits humains.

L’avènement de la justice et la fin de la répression comptaient parmi les premières revendications des manifestants égyptiens. Les partis politiques doivent désormais élaborer leurs programmes afin de se pencher sur les conséquences des nombreuses violations perpétrées depuis des années et de prendre des engagements concrets en matière de droits fondamentaux. 

Avec l’arrivée au pouvoir du Conseil suprême des forces armées, les Égyptiens craignent qu’un régime répressif ne vienne remplacer un autre régime autoritaire. Ils se tournent vers les leaders politiques dans l’espoir qu’ils prendront des mesures décisives afin de mettre un terme à l’injustice et d’en finir avec les atteintes aux droits humains qui ont marqué la vie en Égypte ces 30 dernières années.

Depuis que le Conseil suprême des forces armées a pris la tête du pays en février, il a promis d’abroger la législation d'urgence, mais a en fait élargi son application. Et malgré la suppression patente du Service de renseignement de la sûreté de l'État, les détentions arbitraires n’ont pas diminué et des milliers de civils ont été jugés par des tribunaux militaires au cours de procédures inéquitables.

Les femmes au cœur du changement

Par ailleurs, dans une synthèse consacrée aux obstacles qui empêchent les femmes de participer à la vie publique dans le pays, Amnesty International a demandé qu’elles ne soient plus marginalisées dans la vie politique égyptienne.

Au Parlement, sur 454 sièges, seuls neuf sont occupés par des femmes depuis les élections de 2005, dont cinq ont été nommées par le président Hosni Moubarak. Ce nombre a augmenté lors des élections de 2010, après la mise en place d’un système de quotas, même si tous les sièges ont finalement été remportés par des femmes appartenant au parti au pouvoir, le Parti national démocrate (PND), aujourd’hui dissous.
Dans son document intitulé Les femmes veulent l'égalité dans la construction de la nouvelle Egypte, Amnesty International demande aux autorités égyptiennes de prendre des mesures concrètes afin de garantir que les femmes soient pleinement associées à la construction du futur de l'Égypte.
« L’optimisme du début d’année, lorsque les femmes ont joué un rôle crucial lors des manifestations contre l'ancien président Hosni Moubarak, a été refroidi par la réalité, à savoir que les femmes sont largement tenues à l’écart de la participation politique, a déploré Amnesty International.

« Aujourd’hui, le moment est venu pour le gouvernement et les partis politiques de tenir leurs engagements envers les droits des femmes en prenant des mesures concrètes afin de soutenir leurs aspirations. » 

Lire les 10 engagements que propose le Manifeste d’Amnesty International pour les droits humains en Égypte téléchargeable ci-dessous.

Lire également : Les femmes veulent l'égalité dans la construction de la nouvelle Egypte (ci-dessous).